"Je me souviens" par Johanne Chayer québecoise

Publié le 22 Août 2011

Merci à Nancy Verdier de m'avoir communiqué ce texte qui a toute sa place ici.


Grand Mère Johanne Chayer, a écrit ce texte qui fait le tour du Québec sur les courriels.
Elle se souvient de son enfance et de la lutte des femmes, des hommes et de toute une société pour parvenir à la modernité et la maturité que nous connaissons aujourd’hui et dont nous jouissons tous et toutes.
Cette grand-mère a des petites- filles. Comme tant d’autres grand-mères elle s’inquiète de leur avenir. Elle voit une société qui tourne le dos à son passé, qui oublie le côté positif de cette marche vers le progrès, vers l’indépendance et la liberté. Elle  voit une société qui tend vers la régression ; une société qui aurait perdu tout bon sens et qui ne se souvient plus que la modernité a été conquise de haute lutte.
Mais Johanne se souvient……et elle en a fait sa devise : « je me souviens »

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JE ME SOUVIENS


''J'aurais voulu aller rencontrer ces femmes musulmanes à Hérouxville pour partager leur culture et leurs recettes, mais surtout pour profiter de l'occasion de leur expliquer notre devise « je me souviens ».

Je me souviens que, dans mon jeune âge, nous ne pouvions pas entrer à l'église sans avoir un voile ou un chapeau sur la tête. À cette époque, je me souviens aussi que c'était un péché mortel de manger de la viande le vendredi.
Dans la même décennie, je me souviens que ma mère a été chassée de l'Église parce qu'après avoir mis au monde quatre enfants, elle ne voulait plus en avoir d'autres.
Je me souviens que pour cette raison, le pardon de ses fautes lui était refusé par l'Église à moins qu'elle ne laisse son corps à son mari, avec ou sans plaisir, au risque d'atteindre la douzaine.
Je me souviens qu'elle a refusé et qu'elle a quitté l'Église comme beaucoup d'autres femmes de sa génération.
Je me souviens que ma mère s'est ensuite séparée de mon père et que nous sommes devenus la cible des regards et des commentaires désobligeants de notre paroisse.
Cependant je me souviens qu'à la suite de sa séparation, nous avons vu le collet romain sur la table de nuit. Le prêtre voulait-il tester les  moyens de contraception de l'heure ?
Dans la même décennie, je me souviens que la cousine de ma mère a obtenu le divorce et qu'elle a reçu du même coup son excommunication de Rome.
Je me souviens que quelques années à peine afant ma naissance, les femmes ont obtenu le droit de vote et en même temps le droit d'être considérées comme des citoyennes à part entière dans la société.


Je me souviens que lorsque j'étais jeune, nous devions nous aussi, comme pour les religions musulmane et autres, prier sept à huit fois par jour. La messe à tous les matins, une prière avant le déjeuner, une prière en entrant en classe, une au dîner sous le coup de l'Angélus, une autre avant la classe de l'après-midi, les grâces au souper, le chapelet en famille avec le Cardinal Léger et une dernière prière avant d'aller au lit. Il y avait le mois de Marie, les Vêpres, etc..
Nous avions aussi de longues périodes de jeûne avant Noël (l'Avant), avant Pâques (le Carême). Je n'ai pas dit non plus que nous devions porter le deuil durant un an et moins selon le degré de parenté de la personne décédée.
Je me souviens que, tour à tour, ma mère et ma belle-mère ont vu une opération urgente retardée en attendant que leur mari respectif, de qui elles étaient séparées de fait et non légalement, apposent leur signature pour autoriser leur intervention chirurgicale.

Devenue adulte, je me souviens que grâce aux pressions de la génération précédente, j'ai eu accès aux premiers moyens de contraception qui m'ont permis de restreindre le nombre de mes propres rejetons.
Je me souviens aussi qu'il n'était plus un péché de manger de la viande le vendredi. Je ne sais pas ce qui est arrivé à ceux qui sont allés en enfer. J'espère qu'on les a rapatriés.

Devenue adulte, je me souviens avoir travaillé dans des environnements traditionnellement réservés aux hommes.
Je me souviens des frustrations de ne pas avoir été traitée au même titre que les hommes dans les entreprises et surtout dans la vie en général.
Je me souviens qu'après avoir eu un fils, je ne voulais plus d'autres enfants de peur que ce ne soit des filles, par solidarité et parce que le travail qui restait encore à faire pour atteindre l'égalité était énorme.
Je me souviens des efforts que beaucoup de femmes ont dû déployer pour se faire reconnaître et pour obtenir des postes administratifs de haut niveau.
Je me souviens du militantisme de beaucoup de femmes qui ont travaillé d'arrache-pied pour obtenir l'équité dans notre pays comme politicienne, au sein des chambres de commerce, des syndicats, du Conseil du statut de la femme, etc.

Je me souviens qu'il a fallu plus de cinquante ans d'efforts collectifs pour nous libérer de l'emprise de l'Église et de la religion sur nos vies. Je me souviens qu'il a fallu plus de soixante ans (1940 à 2006) pour obtenir l'équité salariale et que ce n'est pas encore fini.
Mes soixante ans font que je sais que rien n'est acquis dans la vie et qu'il faut maintenir voire redoubler nos efforts pour ne pas perdre le résultat de tous ces labeurs.

Je ne suis pas raciste, cependant, lorsque je vois d'autres ethnies, imprégnées par leur religion contrôlante, vouloir s'imposer dans notre société, j'ai peur.

J'ai peur parce que ces hommes et ces femmes ne savent pas quel chemin nous avons parcouru. De plus, les jeunes québécoises qui embrassent cette religion qui voile les femmes ne se souviennent pas.
C'est donc par ignorance qu'on explique leur choix. Aucun animal dans la nature à part l'homme, n’habille sa femelle par dessus la tête. Je suis maintenant une grand-mère de quatre merveilleuses petites filles et j'ai peur.
J'ai peur lorsque je vois une femme voilée travailler dans un CPE ou dans nos écoles ou encore lorsqu'on y laisse un enfant porter le Kir pan.

Nous nous sommes débarrassés de tous ces symboles religieux et voilà qu'ils reviennent à l'endroit même où l'éducation de notre nouvelle génération est cruciale et à la période à laquelle on doit inculquer les principes fondamentaux de vie en société à nos enfants.
La tolérance envers ces symboles religieux que sont le voile, le Kir pan, le turban dans les CPE, dans nos écoles et dans nos institutions en général est un manque de respect pour les générations précédentes qui ont travaillé si fort pour se retirer de l'emprise de la religion sur nos vies.
Vous ne vous souvenez pas ! Moi, je me souviens et à cet égard, je n'ai aucune tolérance et je ne veux aucun accommodement par respect pour ma mère, ma tante et pour mes petites filles. Je me souviens que la charte des droits et libertés permet à chacun de pratiquer la religion de son choix, mais de grâce que cette religion demeure dans la famille.

Le port du voile dans la religion musulmane est pour nous la démonstration la plus importante de la soumission de la femme et c'est cela qui nous fait peur et qui nous choque parce qu'on se souvient. On se souvient que ce symbole existait il y a cinquante ans et on ne veut pas revenir en arrière.
Je me souviens surtout que lors de la Révolution tranquille, les communautés religieuses ont suivi tout naturellement l'évolution de notre société en se laïcisant. Elles ont troqué, sans qu'on le leur impose, leurs grandes robes noires et leur voiles dans le cas des femmes pour des habits civils sans pour autant renier leur foi et sans cesser de prier. Plusieurs de ces personnes sont encore vivantes aujourd'hui. Doit-on leur dire qu'elles ont évolué à tort et qu'elles ont fait tous ces efforts pour tomber dans l'oubli ?

Que l'on prie Jésus, Mahomet ou Bouddha m'importe peu, mais nous nous sommes battus, québécois et québécoises, pour que notre société soit laïque. Nous nous sommes battues, québécoises, pour obtenir l'égalité du droit de parole entre les hommes et les femmes autant que pour l'égalité des chances au travail.

Souvenez-vous que si vous avez immigré au Canada et surtout au Québec, c'est pour faire partie d'une société ouverte qui vous donne sur un plateau d'argent tous les acquis que les générations précédentes ont obtenus particulièrement au chapitre des droits des femmes. Je veux croire aussi que c'est par ignorance de nos traditions et de nos coutumes et non par manque de respect que les femmes musulmanes veulent  montrer au grand jour voir imposer ce symbole de leur croyance qu'est le voile. Peut-être que notre société va trop loin avec ses libertés.
Mais, le balancier doit s'arrêter au milieu et non régresser jusqu'au point de départ. Il faut se souvenir. L'intégration à une société commence par le respect de ses traditions et de ses coutumes ainsi que par le respect envers ses citoyens et citoyennes qui ont participé à l'exercice.
Peut-être que nos livres d'histoire ne se souviennent pas ou bien qu'ils n'ont simplement pas été mis à jour.


C'est donc la responsabilité du gouvernement d'appliquer notre devise  «je me souviens »  de notre Histoire et d'intégrer à cette Histoire les efforts de nos générations précédentes pour atteindre la société d'aujourd'hui et surtout de s'assurer que la génération montante s'en souvienne.

 C'est aussi la responsabilité des organismes d'accueil aux immigrants de leur faire connaître cette devise du Québec « je me souviens » afin que ces nouveaux arrivants ne pensent pas que nous sommes racistes simplement parce que l'on s'en souvient et qu'on ne veut pas imposer à notre progéniture d'avoir à reprendre les mêmes débats qu'il y a cinquante ans.

En terminant, pour commenter le sondage du journal La Presse d'hier sur les musulmans heureux de vivre chez nous, je dis que même et surtout si les femmes voilées que l'on retrouve dans les CPE ainsi qu'ailleurs dans nos institutions font partie de cette majorité heureuse de vivre en notre terre, alors cette majorité m'incommode pour tous les arguments que j'ai soulevés précédemment.

Grand-mère Johanne Chayer
1865, 8e avenue Montréal
(Québec) HIB 4H7
Téléphone: (514) 645-0745
Courriel : johanne.hayer@videotron.ca


À transmettre à plus de monde possible.

Louise P. Massicotte
Crème et Chocolat
Mont-Tremblant
819 425-9272

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Islamisation française

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island girl 24/08/2011 11:54



Vive l'état laique,grand mère Johanne  est pleine de sagesse et de bon sens,ces religions veulent mettre une chappe de plomb sur les femmes!


 



isabelle 23/08/2011 08:31



Outre ce que dit Grand-Mère Johanne, que je partage complètement, je trouve que ni la burqa, ni la djellaba, ni la babouche, ni le boubou ne devraient avoir droit de cité dans nos villes : ce ne
sont pas nos modes d'habillement, à nous, Occidentaux et quiconque vient s'installer dans nos contrées doit se fondre dans le paysage.


Il est à noter d'ailleurs qu'il est étrange de voir les filles contraintes de s'emburqaniser, alors que les garçons se doivent d'être au top de la mode, et couverts de marques, depuis la basket
jusqu'à la capuche, en passant par l'élastique du slip et la chaussette .


L'un doit paraître tandis que l'autre doit disparaître.


 



francis Claude 22/08/2011 19:14



si je comprends bien ce n'est pas sur les canadiens que nous pourrons compté pour bouster l'islam de France...


mais si je me souviens bien d'un voyage au Québec dans les années 70 il me semble me souvenir que l'état Canadien donnait des concessions dans leurs vastes terres incultes sous conditions d les
mettre en valeur a la sueur du frant de ces nouveaux colons...donc ces hordes de sauvages qui cassent tout en ville doivent descendre de ces exploitations qu'ils ont devellopés depuis 40 ans ...
mais ces exploitations en France ce nomment CAF SECU AME, CMU et et CIE au Canada ça s'apelle comment?



L'En SAIGNANT 22/08/2011 17:36



Oui et ce n'est pas si loin ... Le pas d'une génération .... Mais accepter que des hordes sauvages et étrangères même si elles sont devenues françaises par l'aveugle connerie des Giscard, Chirac,
Mitterrand et sans doute Sarkosy qui ne semble pas avoir fait grand chose pour s'opposer à ce raz de marrée ....ÇA NON .!



Gérard Brazon 22/08/2011 18:18



Et pourtant... la France s'enfonce dans l'islamisation.



rosalie 22/08/2011 16:59



Rien à ajouter à ces arguments que je partage et que je défends à chaque fois que j'en ai l'occasion.  L'image et la considération de la femme sont en péril et ce retour en arrière nous est
particulièrement insupportable quant on a eu nous mêmes, comme c'est mon cas, des mères battantes, courageuses, qui, grâce à leur combat, ont permis aux mentalités rétrogrades de reculer. Pour
moi il s'agit de défendre le travail accompli par toutes ces femmes audacieuses, courageuses qui n'ont pas baissé les bras malgré les difficultés rencontrées pour atteindre la liberté. J'en veux
à ces jeunes femmes voilées de bafouer ce que nos mères ont enduré pour défendre des valeurs auxquelles nous sommes tant attachées aujourd'hui. Si nous, en tant que femmes, continuons à accepter
cet état de fait, nous aurons sapé les luttes de nos mères et grands mères et nous nous serons à jamais déconsidérées. Il faut continuer la lutte et résister face à cet ennemi insidieux qui
commence à nous gangréner, c'est une question de survie et de respect.



Gérard Brazon 22/08/2011 18:17



Ce qui est extraordinaire c'est la reprise de ces arguments par des femmes voilées pour défendre le "droit" des femmes de porter le voile, le niqab ou la burqa. Au nom des libertés j'ai le droit
de vivre comme un être de deuxième niveau. C'est que disait le Président de la LDH française lorsqu'il a affirmé que la burqa remelait de la liberté des femmes. La boucle est bouclée. La boue se
servant de la blanche colombe. Merci Rosalie.