"Je suis Charlie", l'erreur stratégique de François Hollande

Publié le 27 Janvier 2015

Tout le monde a salué le « sans-faute » de François Hollande dans sa gestion de l'après 7 janvier. Au contraire, le Président de la République a commis une faute aux conséquences désastreuses auxquelles s'ajoutent des erreurs d'analyse.

Poul les Echos

La manifestation quasi unanime , responsables de nombreux pays en tête, fut un grand moment. Même l'Arabie en était ! Hypocrisie ? Cela montre en tout cas qu'on n'ose pas s'opposer officiellement à  certaines valeurs... et surtout que tous les pays ont compris qu'ils pourraient eux aussi être victimes du terrorisme. 

Un « sans-faute » de François Hollande donc ? Pas à mon avis : le slogan « je suis Charlie » n'étais pas limpide et son ambiguïté est apparue les jours suivants. Beaucoup l'ont compris comme « je suis avec les victimes ». Mais il signifie aussi « Nous sommes avec le journal », interprétation confirmée par le million d'euros donné pour le relancer.

 

Or l'État n'a pas à « être » un journal particulier, il doit seulement protéger la liberté d'expression. D'autant que ce journal, " Charlie Hebdo " n'est pas n'importe lequel, mais est spécialisé dans des caricatures féroces à destination d'un public assez restreint. Il ne reflétait donc en rien des idées majoritaires ou pouvant être brandies comme représentant la France et ses idées.

Réputation française entachée

La « faute » est donc d'avoir fait d'une publication fantaisiste presque confidentielle un hebdomadaire appuyé par la masse de la population, recevant un secours financier de l'État, et que le président de la République évoque avec sympathie. Résultat : il a été ressenti à l'étranger comme un journal donnant la position de la France.

Il n'est pas étonnant que l'on ait brûlé des drapeaux français : " Si la France "est Charlie", c'est elle qui nous insulte, nous trahit et devient notre ennemie". Je reçois des messages de Français résidant ou de passage en Afrique, qui me confirment l'ampleur de la catastrophe.

Bref nos gouvernants se sont mis à la merci d'une provocation des rédacteurs de Charlie, provocation qui n'a pas manqué ! On connaissait pourtant leurs idées libertaires et antireligieuses et leur refus de conjuguer liberté et responsabilité. La réputation de la France à l‘étranger les indiffère, ainsi que les risques subis par ses ressortissants, par les chrétiens et les musulmans modérés. Cette négligence du pouvoir montre une ignorance des convictions de la population musulmane tant en France qu'à l'étranger.

L'interdiction de l'image de Mahomet n'a certes pas de fondement d'un point de vue théologique, mais toute personne connaissant ces pays sait que les gens en sont profondément persuadés, les plus modérés compris. A fortiori s'agissant de caricatures ! Les affaires précédentes au Danemark puis à Paris l'avaient déjà illustré.

On devait savoir que l'on insultait et méprisait ("voyez cette superstition") des alliés dans une guerre très rude au Sahel, où la sympathie des populations est un facteur important.  On insultait également le roi du Maroc, en tant que commandeur des croyants, titre qui contribue à mettre son pays à l'abri des terroristes. Quel gâchis ! Certes on nous dit que les manifestations sont dues à « des agitateurs », mais s'ils ont été suivis c'est que la faute était lourde. À cette « faute » stratégique s'ajoute une analyse maladroite.

Affirmations de sens inverse

Les débats ont vu se croiser des affirmations de sens inverse tous aussi partielles les unes que les autres. De nombreuses autorités, et François Hollande en premier, ont dit « l'islam ce n'est pas cela », ce qui ne convainc pas la partie des Français qui voit les djihadistes se réclamer haut et fort de l'islam. D'autres, au contraire, affirment « après l’État islamique, après Boko Haram et autres horreurs, voici une fois de plus la preuve que l'islam est barbare et inconciliable avec la liberté, la tolérance, la démocratie… », étalant ainsi leur méconnaissance du monde musulman.

Tout cela n'a pas plus de valeur que la fausse opposition suivante : « Les hommes sont blonds aux yeux bleus, voyez les Scandinaves ». « Non ils sont noirs et ont les yeux marrons, voyez les Maliens ». Olivier Roy dans Le Monde du 10 janvier fait une analyse qui va dans le même sens : "Vouloir incriminer l'islam ou, au contraire, chercher à le dédouaner sont deux postures qui conduisent à une impasse". Quelques musulmans occidentaux de s'en rendent maintenant compte : « dire "le terrorisme ce n'est pas l'islam" n'est pas suffisant, il faut réfléchir aux racines religieuses de la violence et qu'une autorité en tire des conclusions sur son enseignement ».

Quand aurons-nous le courage de voir le monde tel qu'il est, c'est-à-dire complexe ? C'est nécessaire pour ne pas tromper sur les mesures à prendre. Donc laissons tomber ces deux affirmations opposées et posons-nous les vraies questions. Par exemple, les jeunes qui deviennent terroristes sont-ils « l'avant-garde » (pour reprendre une vieille formule politique) de la « communauté musulmane » comme le craignent beaucoup ?

Avant-garde ?

Non, car ces jeunes ont rompu avec l'islam de leurs parents et ne connaissent pas leur propre religion. Citons encore Olivier Roy en le résumant légèrement : "Ils inventent l'islam qu'ils opposent à l'Occident. Les parents désormais appellent la police quand leurs enfants partent en Syrie. Ces jeunes ne sont pas insérés dans les communautés religieuses locales (mosquées de quartier), ils n'œuvrent pas à l'islamisation des sociétés, mais à la réalisation de leur fantasme. La grande proportion de convertis parmi les radicaux montre bien qu'il s'agit d'une frange marginale de la jeunesse en général et non du cœur de la population musulmane. Dans les années 1960 et 70 on choisissait l'extrême gauche, eux choisissent le djihad, car c'est ce qu'il y a sur le marché. "

Il n'y a pas de "communauté musulmane"

Dire qu'il y a 5 millions de musulmans en France est une statistique (d'ailleurs très vague), pas la définition d'un groupe. D'abord, une grande partie des Français musulmans sont bien intégrés (pensez à vos collègues, vos fournisseurs, vos clients). Il y a bien davantage de musulmans dans les forces de l'ordre que dans les réseaux djihadistes, sans parler de l'administration, des hôpitaux, de l'enseignement et de mille métiers du privé. Ils sont d'ailleurs victimes des attentats comme les Français juifs, catholiques ou autres.

Citons de nouveau Olivier Roy : "On reproche aux musulmans d'être communautarisés, mais on leur demande de réagir contre le terrorisme en tant que communauté. Il n'y a pas l'ombre du début de la mise en place d'un parti musulman, les politiques d'origine musulmane se répartissent sur l'ensemble du spectre politique français (y compris à l'extrême droite). Il n'y a pas de réseaux d'écoles confessionnelles musulmanes (moins de dix en France), pas de mobilisation dans la rue (aucune manifestation sur une cause islamique n'a rassemblé plus de quelques milliers de personnes)". Bref il n'y a pas de " communauté " musulmane mais des individus.

Aux islamophobes qui me disent que les musulmans ne condamnent pas le terrorisme, je demande d'aller sur la Toile pour constater le contraire, mais ils préfèrent confirmer leur phobie en se transmettant des extraits des réseaux djihadistes et toute "information" pouvant accentuer la stigmatisation. Ils demandant aux musulmans de France de dénoncer le terrorisme, ce qui est une façon de les y associer.

Ne tirons pas sur nos alliés

Nous sommes en guerre, c'est une évidence depuis longtemps, et particulièrement depuis notre intervention militaire contre l'État islamique en Irak. Mais ça ne veut pas dire « Nous sommes en guerre contre l'islam » ! Heureusement, car les musulmans sont 1,6 milliard.

Nous sommes en guerre contre des personnes précises, des organisations et l'État islamique. Et pourquoi serions-nous en guerre contre les Indonésiens, dont le pays compte davantage de musulmans qu'il n'y a d'Arabes dans le monde, et est une démocratie habituée à la pluralité religieuse ?

Enfin le vote non seulement des Indonésiens, mais aussi des Tunisiens, des Marocains, des Égyptiens, des Iraniens et j'en oublie, illustre le rejet des islamistes par une grande partie des musulmans. La fuite des populations des zones tenues par l'État islamique et par Boko Aram l'illustre également. Bref ceux qui clament « nous somment en guerre contre l'islam » se trompent, tirent sur des alliés et font le jeu de l’ennemi.

La liberté d'expression, comme tout autre liberté, ne peut exister sans responsabilité. Je sais bien que Charlie Hebdo pense n'avoir "rien à foutre" de tout cela, mais c'était au Président de ne pas mettre entre ses mains notre politique étrangère, nos soldats, nos vieilles relations avec l'Afrique. Nos responsables n'ont pas à sourire avec indulgence du culot et des bravades d'une petite équipe, mais à s'occuper de la France. Ils se croient encore dans l'opposition en tirant sur tout pouvoir économique, politique ou religieux. Qu'ils se réveillent : ils ont à gouverner !

Yves Montenay



Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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DURADUPIFj 28/01/2015 21:43


Lénifiant. Pas lu jusqu'au bout. Ce discours troisième boutisme mène inéluctablement a l'islamisation rampante. Les persécutions musulmanes datent depuis le 7e siècle n'ont pas attendus des
caricatures du 21ème siècle. C'est l'intolérance de l'islam qui a généré les caricatures et non pas l'inverse. Ce n'est pas liberte d'expression qu'ont attaque les combattants de l'islam, mais
bien LA LIBERTÉ DE PENSER. Gravissime.


 


 


 


 

lombard 28/01/2015 15:27


bonjour 


en desaccord total avec ce compte rendu 


pour moi les musulmans sont bien plus nombreux car sont réellement prit en compte uniquement les demandeurs et ceux qui ne veulent pas etre français .je dis 20 millions au moins avec la
nationalité francaise et dabord musulmans ,vu le nombre de mosquées exigées et financées pour la pluspart avec notre argent .


quant aux partis politique musulman francais soit disant inéxistant voici deux sigles UPMF ET PMF . regardez les tentatives en belgique.....nous sommes vraiment en danger !

ESSYLU 28/01/2015 11:34


A part le titre qui est pertient  le décérébré par le marxisme montre qu'il n'a rien compris à la mentalité arabo-musulmane que l'on découvre en travaillant dans ces pays

pouf 27/01/2015 21:16


Sidérant ! Cela ne me convainc  absolument pas ! Pour l'Indonésie, c'est un peu fort !!! Pour l'Afrique, le recul de la chrétienté repoussée par l'islamisme explique les réactions
anti-françaises...Et à écouter l'auteur, il faut taire nos "valeurs" ! Je voyais dans la bande à Charlie Hebdo ( que je n'ai acheté qu'une fois ou deux pour les caricatures ) une bande
d'adolescents qui s'amuasaient avec les religions ( et surtout la catho... ) et les politiciens qui ne leur plaisaient pas...Personne n'était obligé d'acheter ou même de feuilleter ce papier !
C'est la seule liberté d'expression qui est en cause ! Et un recul est un grand pas vers la dhimmitude !


Voilà encore quelqu'un qui un jour se rendra peut-être compte de son erreur de bisounours, mais au prix de la vie d'autrui !


Dans le coran, il y a sans doute des passages  pour la paix mais combien d'autres pour la guerre et à regarder la suite des événements ( même à l'époque de ce Mahomet ), c'est quand même la
guerre qui l'a emporté !

Claude Germain V 27/01/2015 15:01


les Indonésiens,????? lorsqu'ils massacrent des chretiens de temps a autre , pesonne n'y fait attention........ils sont
exactement comme leurs freres et soeurs...............
Les Chrétiens d'Indonésie persécutés sont menacés d'extinction. ... récents ont attirés l'attention,



Massacre des chrétiens refusant de renier leur foi par le roi himyarite nommé ......


Monsieur Montenay tres bon article , mais en partie faux , les chretiens se font massacrer partout dans le monde et hélas ce n'est pas fini .......