Jérusalem: a rebours de la bien pensance de la gauche français pro palestinienne.

Publié le 16 Octobre 2013

Je diffuse ce texte car plus personne ne se souvient de ce que les Israéliens ont accompli à Jérusalem et en particulier comment ils ont amélioré les conditions de vie des habitants arabes, qui d'ailleurs ne s'y sont pas trompés puisqu'ils ont afflué en grand nombre pour vivre dans cette ville et pouvoir bénéficier de tous les avantages et prestations fournis par la ville. (Nous avons les mêmes en France. C'est fou ce qu'ils ont comme sens de l'observation pour repérer les pays les plus généreux. Ndlr Gérard Brazon)

 Leur population est passée de 55 000 en 1967 à 300 000 en 2011 ! Multiplié par 6 ! Ce n'est pas une croissance entièrement naturelle même si leur taux de natalité est très élevé, alors, puisque je lis encore beaucoup d'articles ou de commentaires d'internautes qui parlent de "génocide palestinien", quelques réponses se trouvent ici.

Par Danilette

"Jérusalem, capitale éternelle", extraits d'un essai de Teddy Kollek écrit en 1978

Eddy Kollek, (de son vrai nom, Theodor Herzl Kollek) a été le maire emblématique de Jérusalem de  1965 à 1993.

J’ai retrouvé un essai qu’il avait écrit en 1977, 10 ans seulement après la réunification de la ville. Je vous en livre quelques extraits qui restent d’une actualité étonnante 36 ans plus tard  ... [Mes remarques personnelles se trouvent entre crochets]

La place de Jérusalem dans le processus de recherche de la paix au Moyen-Orient est unique. En raison de complexes facteurs historiques et affectifs, Jérusalem se distingue de tous les conflits territoriaux qui peuvent se résoudre par un tracé de frontières mutuellement accepté. Les problèmes soulevés par les Arabes ne peuvent pas être résolus en traçant une ligne sur une carte. Ce n’est pas par la partition que l’avenir de Jérusalem peut être réglé.


Cela ne signifie pas que Jérusalem constitue "un problème insoluble". Les habitants de Jérusalem qui ont des religions, des cultures et des aspirations différentes doivent trouver des moyens pacifiques de vivre ensemble autrement qu’en traçant une ligne dans le sable avec un bâton. Reconstruire les murs de béton et les barbelés qui séparaient la ville n’est pas une solution. 


La question de Jérusalem est difficile à cause des émotions séculaires profondément enracinées qui se mêlent à la rationalité. Mais je suis convaincue que des solutions peuvent être trouvées par des hommes de bonne volonté. 


Je tiens à être parfaitement sincère : la chose que je redoute le plus, c’est que cette ville si belle, si riche de sens, si sacrée pour des millions de personnes ne soit divisée à nouveau. Je redoute que des fils de fer barbelés, des champs de mines et des murs réapparaissent dans ses rues, que des hommes armés patrouillent à nouveau sur une frontière traversant le cœur de la ville. Je redoute une nouvelle division de Jérusalem, non seulement en tant que maire de la ville, en tant que Juif et Israélien, mais en tant qu'être humain profondément sensible à l'histoire de la cité et extrêmement attaché au bien-être de ses habitants. 


Jérusalem est bien entendu, une des villes les plus anciennes qui soit. On y a trouvé les traces d'une présence humaine remontant à plus de 4000 ans. Au cours de ces millénaires elle a été convoitée et conquise par de nombreux peuples : les Cananéens, les Jébusites, les Juifs, les Babyloniens, les Assyriens, les Perses, les Romains, les Byzantins, les Arabes, les Croisés, les Mameluks, les Ottomans, les Anglais, les Juifs.

 

Mais tout au long de ces milliers d'années, Jérusalem n'a été divisé que pendant deux décennies : de 1948 à 1967.

Il faut qu'elle ne soit jamais plus divisée. Découper une nouvelle fois cette ville vivante serait aussi cruel qu'irrationnel. 

 

Pourquoi Jérusalem fut elle convoitée successivement par toutes sortes de peuples, elle est sans ressources naturelles et ne dispose ni de port ni de richesse matérielle. La véritable raison est d'ordre spirituel. Le fait que les trois grandes religions monothéistes accordent une signification à Jérusalem ne peut être le fruit du hasard. Quels que soient leurs rivalités et leurs exclusivismes, ces trois religions sont étroitement liées les unes aux autres par leur histoire.


Jésus est venu à Jérusalem parce qu'il était juif et qu'il accomplissait un pèlerinage au Temple juif, dans la cité de David.


Mahomet dont les racines se situent à la Mecque et à Médine, serait venu à Jérusalem au cours d'un voyage nocturne [lien, selon le Coran voyage de la Mecque à Jérusalem sur la mule Buraq]  parce que ses idées et sa vision se rattachait au judaïsme et au christianisme.


Il nous faut prendre conscience de cette réalité et de ces points communs. Je pense que ces mêmes liens qui ont poussé des hommes à se combattre et à périr pendant des siècles pourraient aussi les amener à vivre dans la fraternité.


En 1947, à peine la résolution des Nations Unies était-elle votée que les Arabes lançaient de violentes attaques contre les Juifs de Jérusalem. À la fin des combats généralisés et prolongés qui suivirent, les Arabes conservèrent l'est de Jérusalem et la vieille ville lien, les Juifs l'ouest de Jérusalem.


Le maire de Jérusalem ne se mêle pas de politique étrangère. C'est au gouvernement national d'Israël que revient ce rôle. Mais lorsque je pense à l'avenir de Jérusalem, je sais qu'un consensus existe en Israël : Jérusalem restera unifiée et restera la capitale du pays. 

 

Que des tensions existent, personne ne le nie mais Jérusalem était beaucoup moins heureuse lorsque des murs et des barbelés la divisaient. Et il y régnait beaucoup plus de violence qu'aujourd'hui. Nous avons progressé sur le chemin de la coexistence et de la tolérance :

  • Tous les lieux saints sont libres d'accès et administrés par leurs fidèles.
  • Tout est accompli pour que les Arabes bénéficient de l'autonomie dans les domaines religieux, culturel et commercial, cela s'applique aussi, bien entendu, à toutes les communautés chrétiennes.
  • En fait tous les habitants de Jérusalem bénéficient actuellement de tous les services, qu'il s'agisse des infrastructures, de la protection de la loi, des affaires municipales, de l'urbanisme, des marchés ou des fournitures et de manière très large des services médicaux spécialisés.

 

La question des Lieux Saints

Pendant toute la période où ils occupèrent Jérusalem Est (entre 1946 et 1967), les Jordaniens trahirent les engagements qu'ils avaient pris, lors de l'armistice, qui les obligeaient à permettre aux Juifs d'accéder librement au mur occidental pour y prier. Ils se livrèrent à une destruction systématique des synagogues juives et des autres lieux sacrés [lien, comme par exemple le cimetière du Mont des Oliviers]. Dans l'ensemble de Jérusalem, l'acquisition de terre fut interdite aux Eglises chrétiennes.

 

Nous n'avons aucune raison de penser que les Arabes se conduiraient différemment dans l'avenir. Ils ne sont pas devenus plus tolérants au cours des années qui viennent de s'écouler.

 

Depuis la réunification de la ville par Israël, le libre accès à tous des Lieux Saints de toutes les religions, de toutes les sectes, a toujours été garanti.


Aujourd'hui les chrétiens administrent les Lieux Saints chrétiens, les musulmans les lieux saints musulmans.


Israël est un îlot de tolérance dans une région du monde où sévit l'intolérance.

 

En pratique, des arrangements ont été conclus pour les Lieux Saints. Les Arabes disposent en toute indépendance de leur propre administration et personne ne s'en mêle, mais la souveraineté appartient à Israël.

 

Le Mont du Temple, petite superficie de quarante acres [1,5 km²], pose le problème le plus délicat. Il se trouve placé sous administration arabe et sous souveraineté israélienne. À la suite de l'incendie allumé en 1969 dans la mosquée El Aqsa par un Australien déséquilibré appartenant à une secte chrétienne, les Arabes nous avaient demandé d'assurer la protection de cette enceinte sacrée. À la requête des musulmans, nous assurons un service de police pour protéger les Lieux Saints musulmans. La force de police chargée de la surveillance du Mont du Temple est composée de policiers musulmans, chrétiens et juifs placés sous les ordres d'un officier musulman. Il s'agit d'un accord tacite, de facto, né d'une situation très complexe.

 

Les libertés

Pendant les dix-neuf ans de domination jordanienne, Jérusalem a vu les Arabes émigrer. C'était une ville sans perspectives d'avenir. Amman ou les pays pétroliers étaient les seules ouvertures possibles. Les Chrétiens avaient tendance à émigrer vers l'Amérique du Nord ou du Sud. Aujourd'hui les Arabes jouissent de prospérité économique et de possibilités d'emploi, leur économie étant en grande partie fondée sur l'économie juive.


Les Arabes sont menacés par un autre danger. Quand le Mufti de Jérusalem [allié d'Hitler] combattait les Anglais et les Juifs dans la Palestine du mandat, ses bandes armées firent plus de morts parmi leurs frères arabes que parmi les Juifs et les Anglais. Le Mufti fut le créateur de l'idéologie actuelle de l'OLP. Les Arabes de Jérusalem redoutent en cas de triomphe de l'OLP le renouvellement de tels actes de terrorisme. 


Malheureusement la tolérance est peu répandue dans l'islam aujourd'hui. L'islam a repris sa marche en s'appuyant sur les richesses pétrolières et espère que cette puissance lui permettra de faire revivre ses gloires passées et de prendre sa revanche sur Poitiers et sur Vienne.


Nombreux sont ceux qui ont souffert de ce regain d'intolérance : les Chrétiens maronites du Liban, les Chrétiens noirs et les Païens du Soudan, les Juifs de Syrie [et des autres pays arabes], les Coptes d'Égypte et les Kurdes d'Irak. Tous ont subi la persécution à des degrés divers quand ils n'ont pas été victimes de véritables génocides.


Notre effort pour aider les Arabes à conserver leur mode de vie a pris différentes formes au cours des dix dernières années. Le seul endroit du monde arabe où existe une presse libre, libre non seulement de critiquer le gouvernement d'Israël de la façon la plus virulente mais de critiquer le leadership arabe, c'est Jérusalem où paraissent trois quotidiens arabes. Quel contraste avec l'attitude du gouvernement jordanien qui plusieurs mois avant la guerre des six jours avaient pris la décision d'interdire les journaux semi indépendants de Jérusalem et de les remplacer par un journal unique placé sous le contrôle du gouvernement !


La liberté de circulation est assurée. Un Arabe de Jérusalem est libre de décider chaque matin s'il franchira le pont [Allenby]pour se rendre en Jordanie. Il peut partir et revenir à sa guise. Chaque année, 150 000 Arabes d'Égypte, du Koweït, de Libye ou de n'importe quelle région du monde arabe viennent à Jérusalem. Bien que porteurs de passeports des pays en guerre avec Israël, ils sont cependant les bienvenus car notre gouvernement autorise sans discrimination le libre accès aux Lieu Saints.


Dans les écoles pour les enfants arabes, un enseignement est dispensé en arabe et les établissements sont entièrement entretenus par la ville.

 

Jérusalem est une ville pauvre et non développée industriellement. La population de Jérusalem a augmenté de 350 % en vingt-cinq ans. Accroissement record ! La plupart des juifs, 60 %, sont des réfugiés des pays arabes qui sont arrivés à Jérusalem dans le dénuement le plus total [lien, ils ont tout laissé derrière eux] et sans avoir acquis précédemment une formation professionnelle. Il existe aussi de nombreuses personnes âgées qui ont prié toute leur vie pour exaucer leur vœux de finir leurs jours à Jérusalem.


Signalons que la quantité de jeunes d'âge scolaire (90 000) est hors de proportion avec l'ensemble de la population. Le nombre des habitants réellement actifs est beaucoup plus restreint qu'ailleurs. Malgré ces difficultés, nous avons beaucoup fait pouraméliorer les services municipaux et pour donner à tous des chances égales.
Nous avons créé des emplois, nous avons autorisé les avocats, les juges, les médecins, les dentistes, les pharmaciens arabes à exercer leur profession sans qu'ils aient à subir des examens conformes aux normes israéliennes. Nous avons autorisé des sociétés commerciales et autres entreprises à exercer leurs activités bien qu'elles ne disposent pas des licences et des enregistrements qu'exige la loi israélienne. Nous avons étendu notre programme d'aide sociale à Jérusalem Est, parties de la ville où rien n'existait dans ce domaine auparavant. Nous avons ouvert des dispensaires dans les quartiers arabes. Nous avons amélioré les écoles et en avons construit de nouvelles. Nous avons créé des routes et amené l'électricité dans des quartiers périphériques qui en étaient totalement dépourvus. Les égouts de Jérusalem Est, dont seule la partie de la ville située à l'intérieur des murailles [la vieille ville] était équipée, sont vieux au mieux de 300 ans et pour partie datent de l'époque romaine ! Aussi dépensons-nous des sommes très importantes pour rénover des installations qui sont incapables d'absorber les nouvelles et énormes quantités d'eau que nous fournissons.

Je tiens à citer un exemple spécifique qui met en lumière quelques-uns des problèmes auxquels nous devons faire face, et la manière dont nous nous y prenons pour les résoudre : dans les limites de Jérusalem, existe un village arabe du nom de Silwan [Siloé, Shilo] comptant environ 17 000 habitants [40 000 aujourd'hui, un génocide ?]. En 1948 il n'était desservi paraucune route. Les villageaois empruntaient un sentier muletier qui traversait un ancien cimetière juif. En 1956 les habitants de ce village décidèrent de créer une route pavée pour la circulation des voitures. Ils la construisirent mais non sans avoir préalablement recouvert de ciment les tombes juives [et utilisé les pierres tombales lien] ! Lorsque les Juifs revinrent en 1967, ils s'attachèrent à restaurer les tombes de leurs ancêtres et firent sauter la route des Jordaniens. Naturellement les Arabes de Silwan protestèrent vigoureusement. En quelques jours, nous prîmes la décision de construire une autre route qui cette fois contournerait les tombes. Un crédit d'un million et demi de dollars fut affecté au projet. L'argent fut trouvé, la route construite, les tombes protégées. Ainsi, de graves incidents furent sans doute évités [malheureusement trente-cinq ans après ces lignes, les conducteurs israéliens se font attaquer quotidiennement sur cette route construite par eux ! ].

 

Des efforts incessants sont faits pour accroître les contacts culturels, sociaux et économiques entre les divers éléments de la population de Jérusalem. Nous disposons désormais de camps de vacances où se rassemblent 15 000 jeunes chrétiens, juifs et musulmans. Le Musée de Jérusalem organise des cours d'éducation artistique pour tous et des centaines de jeunes arabes les suivent. Les cliniques et les hôpitaux juifs sont à la disposition des Arabes qui les utilisent largement [aujourd'hui, on trouve dans certains services plus de patients arabes que juifs !]. Nous avons même créé, sur un ancien champ de bataille, un jardin où se rencontrent des aveugles arabes et juifs.


Malgré tous nos efforts, les arabes continuent à ne pas accepter leur inclusion dans nos frontières [d'après un sondage actuel lien, 70% des Arabes de Jérusalem désirent rester sous souveraineté israélienne !]. Pourtant, sous la domination jordanienne, ils estimaient que Jérusalem était négligée au profit d'Amman, ce qui d'ailleurs était exact. Le gouvernement jordanien avait en effet, après sa décision d'annexer la rive occidentale au royaume hachémite, rejeté l'idée de faire de Jérusalem sa capitale. Les exemples de la négligence jordanienne et de son manque de respect pour Jérusalem ne manquent pas : le gouvernement jordanien refusa de créer une université arabe à Jérusalem et préféra l’édifier à Amman. 


  À part les hôtels, la seule entreprise qui vit le jour à Jérusalem sous la domination jordanienne (pas un seul établissement industriel) fut une fabrique de cigarettes employant douze personnes… Rien ne fut tenté alors pour améliorer le sort de la ville dont la population était très malheureuse. Mais tout le monde semble l'avoir oublié aujourd’hui !


Dans cette cité divisée, les actes de violence étaient beaucoup plus nombreux qu’à l’heure actuelle. À travers la frontière qui divisait la ville, les coups de feu se succédaient avec leur lots de morts et de blessés. À l’époque, régnait dans la ville un sentiment de claustrophobie, personne n’avait l’impression de liberté. Quelle que soit la direction empruntée, on se heurtait brusquement à des pancartes : "Stop - Danger -Frontière". Aujourd’hui pour les Juifs comme pour les autres il n'en reste qu’un souvenir qui s'estompe. Nous avons l'intention de restituer à Jérusalem son ancienne gloire. Nous avons édifié un beau musée d'art international, peut-être le plus important de ce genre entre la Méditerranée orientale et Tokyo. Le musée de culture et des arts islamiques de Jérusalem, ouvert il y a seulement quelques années est d’une qualité exceptionnelle. Le théatre de Jérusalem comble avec exigence la lacune qui existait pour l'art dramatique. Nous avons créé un centre à Michkenot Sha’ananim, destiné aux écrivains, aux artistes et aux musiciens du monde entier.

 

Pour améliorer la qualité de vie nous étudions avec le plus grand soin les plans d’urbanisme. Jérusalem est dans les temps modernes la seule ville a avoir créer en plein centre, grâce à des acquisitions de terrains, un vaste espace vert analogue aux grands parcs que les villes de Boston, New-York, Londres ou Paris ont su sauvegarder. Jérusalem s'embellit de jour en jour.


Malgré nos bonnes intentions et les précautions prises, des controverses ont éclaté mettant en cause la construction d’habitations à l’intention des Juifs de Jérusalem Est. Une telle querelle est sans objet puisque nous avons soigneusement veillé à ce que soient épargnées toutes les habitations arabes.  lien C’est essentiellement sur des terrains pierreux récemment incorporés à la ville que nous avons procédé à des constructions. Aucun terrain boisé ou cultivable n’a été utilisé, nos plans ne comportent aucune expropriation.


Dans nos prévisions, nous avons également tenu compte de l’expansion de la population arabe. Les Arabes de Jérusalem ont en effet le taux de naissance le plus élevé du monde et ont donc besoin d’un espace vital sans cesse croissant. Des hypothèques, garanties par la ville ont facilité la construction de quantité de logements. Leur nombre annuel est beaucoup plus élevé que lors de l’administration jordanienne.


Nous nous soucions tout particulièrement de la beauté de la vieille ville et en avons preservé l'architecture. Nous reconstruisons tel qu’il était, le quartier juif détruit par les Jordaniens en 1948 et avons commencé à remplacer la floraison d’antennes de télévision qui défigurent la vieille ville, par une antenne centrale et des câbles.


Nous ne cessons d’améliorer l’habitat des quartiers les plus pauvres : plantation d’arbres, modernisation des écoles, réparation des routes, construction de terrains de jeux. Nous avons fait de gros efforts pour régler le problème de l’enlèvement des ordures ménagères.


Autre sujet de controverse : on a contesté notre souhait ardent de mettre au jour et de conserver le passé de Jérusalem, son immense héritage. Prétendant que nos fouilles archéologiques menaçaient de changer le caractère de Jérusalem, l’Unesco nous a condamné. Il est possible que des arabes vivant loin de Jérusalem et ignorant la vérité aient pu s’inquiéter de nos activités archéologiques. Au cours des dix dernières années, des antiquités islamiques ont été exhumées en bien plus grand nombre qu’au cours de toute la période antérieure de l’histoire. Il est incontestable que la connaissance du passé islamique s’est considérablement enrichie grâce aux archéologues israéliens. 

 

D’autres complications nous assaillent : en construisant une route pour faciliter la circulation dans la vieille ville, nous avons découvert plusieurs couches de débris : les restes des maisons juives détruites par Titus en 70 de notre ère, une route romaine du IIème siècle, des ruines d’une vaste église construite par Justinien, plusieurs tours de croisés au-dessus de cette église et encore au-dessus le fossé qui entourait la muraille, datant de plus de 500 ans de l'époque ottomane. Ces sites nécessitaient des réparations urgentes tant la négligence des Jordaniens avait été grave. Le tracé de cette route a donc été modifié et nous avons dû engager des dépenses considérables et consacrer beaucoup d’efforts à la sauvegarde de toutes ces découvertes.


Je suis en mesure d’affirmer que les plaintes visant nos recherches archéologiques invoquent des faits qui n’existent pas. Pour alimenter une certaine propagande, on n’hésite pas à affabuler… La vérité, c’est que nous sommes sur la bonne voie pour embellir, restaurer, conserver et protéger Jérusalem. Il n’est pas question de la détériorer. Les membres de la commission de Jérusalem, plus d'une soixantaine de personnalités de premier plan, intègres et aux jugements libres sont venus sur place, ont vu et approuvé nos initiatives.


Les Juifs sont très sensibilisés à tout ce qui a trait à Jérusalem. Les Chrétiens se tournent vers Rome ou Canterbury et même Salt Lake City, les Musulmans vers la Mecque et Médine. Pour nous autres Juifs, il n’y a que Jérusalem et seuls les Juifs en ont fait leur capitale. C’est pourquoi cette cité revêt pour les Juifs une signification beaucoup plus profonde que pour quiconque.


Lorsqu’il y a maintenant plus de dix ans, la ville fut réunifiée, tous les Juifs, religieux ou non, eurent le sentiment que les anciennes prophéties s’accomplissaient. Jérusalem a été notre capitale, même quand nous n’y étions pas, pendant 2000 ans. Aucun autre peuple n’en a jamais fait sa capitale. Les Arabes auraient certes pu le faire mais ils ne l’ont pas fait. Au Moyen Âge, par exemple, ils ont choisi Ramleh près de Tel-Aviv sur la route de Jérusalem. En 1948, ils ont choisi Amman de préférence à Jérusalem.


Nous ne prétendons nullement trouver dans la seule Jérusalem une solution à tous les problèmes du Proche-Orient car il s’agit d’une ville très complexe ou règnent des conflits permanents d’intérêt. 

 

Quelquefois on entend des personnes étrangères au Proche-Orient poser la question : tout ce que vous faites pour Jérusalem, pour la rendre vivable, belle et pacifique résout-il la question suprême : celle de la souveraineté sur la cité ? Ma réponse est la suivante : il faut être réaliste. À supposer pour envisager le pire que les différends entre juifs et musulmans se révèlent irréductibles, il nous faudra vivre encore très longtemps dans cet état de tension. Raison de plus pour nous occuper de la ville du mieux que nous pouvons, pour assurer malgré conflits et obstacles, son bien-être et son bon fonctionnement.


Si au contraire, juifs et arabes trouvent des arrangements qui puissent satisfaire les aspirations des trois religions, il ne viendra à l’idée de personne de soutenir que ce que nous faisons aujourd’hui pour Jérusalem n’a servi à rien.


Nous voulons que Jérusalem demeure une ville de coexistence. En nous efforçant de vivre ensemble, en nous retrouvant à la faveur de nombreuses activités, en disposant des mêmes services sociaux et de chances également réparties, nous verrons diminuer, du moins nous l’espérons, les affrontements et les causes de conflits. Si les différences de langue, de religion, d’attitudes culturelles et d’aspirations politiques sont évidentes, je suis convaincu qu’en donnant aux Arabes de Jérusalem un sentiment de sécurité, des relations de bon voisinage deviendront possibles.


Jérusalem ne doit plus jamais être divisée. Tel est le fond du problème. Nous ne voulons plus voir de barbelés au cœur de la cité, plus de forces de police différentes, plus de drapeaux différents. Il est clair que Jérusalem doit être et rester la capitale d’Israël. Cet axiome posé, nous avons fourni la preuve que d’autres peuples peuvent vivre avec nous. Il serait facile de comparer cette situation avec celle qui fut réservée aux Juifs pendant dix-neuf ans sous la domination arabe [sans compter la situation des Juifs dans les pays arabes] ! Les juifs étaient alors complètement éliminés. Quant aux chrétiens, ils souffraient de restrictions à leur liberté.

 

En 1967, lorsque les Jordaniens les attaquèrent, les Juifs étaient prêts à sacrifier leur vie pour Jérusalem. Ils n’ont pas changé. Cette belle ville est le cœur et l’âme du peuple juif, comment pourrait-on vivre sans son cœur et sans son âme ? À ceux qui cherchent un mot symbolisant à lui seule l’histoire juive, je répondrai, c'est Jérusalem.

           ©Danilette© vous pouvez diffuser librement
tout ou des extraits de cet article 

 

Sources : www.foreignaffairs.com et revue Les Nouveaux Cahiers printemps 78, N° 52

 

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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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Storm 17/10/2013 22:04


Qui a détruit les hopitaux en Palestine ? Ou les Palestiniens peuvent encore aller travailler aujourdhui ? Je ne suis pas pro Palestinien ni pro arabe mais de grace, pas d'angelisme avec les
sionnistes !

lucie 17/10/2013 15:29


il est curieux de voir le nombre de palestiniens qui font des pieds et des mains pour obtenir le passeport israëlien, et essayer de se soigner et de faire éduquer leurs enfants dans ce pays
soi-disant honni.


il y en a qui ont quand même compris la différence entre la démocratie israelienne et les régimes si doux , tolérants et pacifiques des palestiniens, hamas en tête!

Storm 17/10/2013 01:07


Bonjour Gérard, J'aime beaucoup vos articles,très souvent piquants mais juste. Cela étant dit.. Faire 'appologie d'Israel c'est du foutage de geule ! On sait bien que Marine est allé en Israel
pour obtenir un blanc-seing ( qu'elle n'a pas reçue ) C'est pas une raison pour nous faire avaler des couloeuvres. Le gouvernement Israelien actuel ne mérite aucune éloge..et le sionisme est une
gangrène mondiale. 


Vive la france ..