Juifs des terres musulmanes : les réfugiés oubliés. Par Noah Beck

Publié le 12 Juillet 2013

Par Noah Beck

Le 20 juin dernier fut célébrée la « Journée Mondiale des Réfugiés » dédiée à près de 60 millions de personnes dans le monde contraintes au déplacement du fait de conflits ou de persécutions. Un groupe de réfugiés rarement reconnu est celui des juifs autochtones en terre d’islam, ayant dû fuir les pays musulmans dont ils étaient originaires à l’époque de la création de l’Etat d’Israël.   

Une recherche sur Google pour « réfugiés de 1948″ produit environ 6 millions de résultats. Tous à l’exception de quelque six pages, traitent des réfugiés arabes palestiniens, comme s’ils étaient les seuls réfugiés de 1948. Mais on estime que depuis le début de la guerre israélo-arabe de 1948 jusqu’au début des années 1970, jusqu’à 1.000.000 Juifs ont fui ou ont été expulsés de leurs demeures ancestrales dans les pays musulmans 260.000 ont rejoint  Israël entre 1948 et 1951 et représentaient 56% de l’ensemble de l’immigration de l’état naissant.  En 1972, leur nombre avait atteint 600.000.


En 1948, le Moyen-Orient et les pays d’Afrique du Nord avaient une population juive considérable: le Maroc (250.000), l’Algérie (140.000), l’Irak (140.000), l’Iran (120.000), l’Egypte (75.000), la Tunisie (50.000), au Yémen (50.000), la Libye (35.000) et la Syrie (20.000).(Total: 880 000. ndlr Gérard Brazon) Aujourd’hui, les Juifs indigènes de ces pays ont pratiquement disparu (bien que le Maroc et l’Iran aient chacun encore moins de 10.000 Juifs). Dans la plupart des cas, la population juive vivait là depuis des millénaires.

Peu de gens connaissent l’histoire de ces réfugiés juifs de 1948 parce qu’ils ont obtenu la citoyenneté des pays d’accueil, dont Israël. En revanche, de nombreux pays musulmans ont refusé d’intégrer les réfugiés palestiniens, préférant les reléguer comme citoyens de seconde classe dans le but de maintenir un équilibre démographique interne et / ou un problème politique pour Israël.


 

 L'administration américaine préparerait une loi reconnaissant le statut de réfugiés et la détresse de près de 1million de personnes ayant fui les pays arabo-musulman à partir de 1946

L’administration américaine préparerait une loi reconnaissant le statut de réfugiés et la détresse de près de 1000.000 de juifs ayant fui les pays arabo-musulmans à partir de 1946

 

La partialité des médias explique aussi l’ignorance du public sur l’existence des réfugiés juifs de 1948, originaires des pays musulmans. Une recherche pour « réfugiés de 1948» sur le site de la BBC génère 41 articles (remontant à 1999); 40 discutent des réfugiés arabes palestiniens de 1948. Seuls trois de ces 40 articles (datés du 22/09/11, 02/09/10 et 15/04/04) mentionnent quand même les réfugiés juifs des pays musulmans, et deux se contentent d’une formulation superficielle qui présente la question comme une revendication plutôt que comme un fait historique.

 

Une recherche pour « réfugiés juifs de 1948 des pays arabes» sur le site du New York Times produit 497 résultats (en remplaçant «arabe» par «musulman» la moitié des résultats), tandis que «réfugiés palestiniens de 1948» donne 1050 résultats. Essayez de faire la comparaison avec le Sri Lanka, autre pays dévasté par une guerre multi ethnique et qui a obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne en 1948. Le conflit ethnique qui a duré près de 26 ans dans cette région, a commencé en 1983 et a fait entre 80.000 et 100.000 victimes, bien plus que l’ensemble des conflits israélo-palestiniens qui durent depuis près de 100 ans. Le conflit au Sri Lanka a également produit des centaines de milliers de réfugiés, dont au moins 200.000 réfugiés tamouls rien qu’en Europe occidentale. Pourtant, une recherche de «réfugiés tamouls » ne génère que 531 articles – moins de 5% des 11.300 résultats obtenus pour « réfugiés arabes palestiniens. »

 

Le favoritisme institutionnalisé à l’ONU a également permis aux Palestiniens de monopoliser la question des réfugiés, ce qui renforce sans doute la partialité des médias.

Tous les réfugiés non palestiniens à travers le monde (près de 55 millions) sont pris en charge par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, qui travaille sous les directives de la Convention sur les réfugiés de 1951. Mais les réfugiés palestiniens (dont la population d’origine était inférieure à un million) ont une agence des Nations Unies exclusivement consacrée à eux (UNRWA).

 

La définition unique de « réfugié » selon l’UNRWA inclut toute personne «dont le lieu de résidence courant était la Palestine entre juin 1946 et mai 1948, qui a perdu à la fois sa maison et ses moyens de subsistance à la suite du conflit israélo-arabe de 1948. » Donc, en plus des familles qui vivaient dans la région depuis des générations, la définition de l’UNRWA inclut des migrants arrivés dès 1946, mais qui ont ensuite été déplacés. Et parce que la définition inclut les «descendants des pères répondant à la définition, » la population de réfugiés de l’UNRWA est passée de 750.000 en 1950 à 5.300.000 aujourd’hui (rendant le règlement de la question des réfugiés palestiniens encore plus difficile). Malgré ces problèmes, les États-Unis continuent de soutenir l’UNRWA (à hauteur de 4,1 milliards de dollars depuis 1950).

Les autres réfugiés du monde sont assistés par le Haut Commissariat, qui est chargé d’aider les réfugiés à reconstruire rapidement leur vie, le plus souvent en dehors des pays qu’ils ont fuis. Les réfugiés juifs des pays musulmans ont fait exactement cela: ils ont reconstruit leur vie en Israël et ailleurs. Mais le fait qu’ils se soient tranquillement adaptés et qu’Israël leur ait accordé la pleine citoyenneté ne diminue pas les fautes commises par leur pays d’origine. Ces réfugiés juifs des pays musulmans ont souffert de persécutions judiciaires et souvent violentes entraînant des séquelles émotionnelles et physiques sans commune mesure. Ils ont perdu des milliards en biens et enduré d’énormes handicaps socio-économiques obligés qu’ils furent par la force des choses de reconstruire leur vie à partir de zéro. Israël a été injustement accablé par le coût social et économique colossal d’une intégration rapide de tant de réfugiés. Ainsi, tout ce qui tend à dire que les réfugiés juifs des pays musulmans ne méritent pas d’indemnisation est notoirement injuste.

 

 

Lors de la récente Journée Mondiale des Réfugiés, l’israélien Shimon Ohayon,  membre de la Knesset, dont la famille a fui le Maroc en 1956, a lancé un appel à la Ligue arabe pour qu’elle «reconnaisse toute sa responsabilité dans l’expulsion de près d’un million de Juifs des terres  où ils avaient vécu pendant des millénaires ». Il a expliqué « qu’en 1947, le Comité Politique de la Ligue Arabe a élaboré une loi qui … appelait au gel  des comptes bancaires des Juifs, leur internement et [la confiscation de leurs biens]. Diverses autres mesures discriminatoires furent prises par les pays arabes et des commissions ultérieures auraient appelé à l’expulsion des Juifs des Etats membres de la Ligue arabe. » Ohayon a mis la Ligue au défi d’accepter toute responsabilité dans « le nettoyage ethnique de la population juive de la majeure partie du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord … [et] d’accorder réparation aux réfugiés juifs. »

 

Une paix juste et globale au Moyen-Orient ne sera possible que lorsque les Etats musulmans reconnaîtront leur rôle dans deux préjudices historiques:

1) Le déplacement d’un million de personnes indigènes du seul fait qu’elles étaient juives.

 
2) La perpétuation du sort des réfugiés palestiniens en leur refusant la citoyenneté.


Le premier préjudice exige une compensation financière aux familles des réfugiés juifs des pays musulmans, dont la réparation peut être administrée par les États qui les ont absorbés. Le deuxième préjudice devrait être comblé par l’octroi de la pleine citoyenneté aux réfugiés palestiniens (et leurs descendants) qui se sont réinstallés dans les pays musulmans. Les deux préjudices se sont envenimés depuis de trop nombreuses années.

 

Comment les réfugiés « palestiniens » furent inventés ? Récit d’une escroquerie… 

Lettre d’un Juif oublié, par David Harris

Sources : Frontpagemag – 1er Juillet 2013  - 

Par Noah Beck

Noah Beck est l’auteur de ‘The Last Israelis’ – ‘Les derniers israéliens’ un récit apocalyptique sur le nucléaire iranien, qui parle aussi de l’expulsion des juifs des pays musulmans.

Traduction Nancy Verdier

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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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mika 12/07/2013 20:49


Marine Le Pen sur France Info



face à la journaleuse Raphaëlle Duchemin


http://www.frontnational.com/videos/marine-le-pen-sur-france-info-12/