La condition féminine contre les pouvoirs des hommes?

Publié le 6 Février 2011

par Tayirat de Kabylie.net

         Un regard de travers, un “Non” indûment prononcé et c’est tout un ciel qui s’effondre... Ce ciel innocent qui un instant, un laps de temps a pu croire, qu’il était l’équivalent, doux sentiment ... du ciel de l’Autre, mâle surpuissant.

Mais il n’en est rien. Le ciel qui s’ouvre sur les têtes des femmes est encore ceint de murailles aussi hautes et infranchissables que l’est l’aveuglement de l’Homme à leur égard.

Pourquoi revenir sur nos acquis ?(Pensent-ils au fond.) Même (et surtout oserai-je dire) quand il l’est aux dépens des autres, en l’occurrence des plus faibles ou des « sans voix »...

Je ne vois pas pourquoi je céderai de mon terrain, (se disent-ils) je lâcherai de mes privilèges, je permettrai l’érosion de ma supériorité sociale aux dépens de celle qui m’a toujours été acquise et soumise à l’asservissement total que ma condition exige.

J’userai de mes moyens quels qu’ils soient (réels ou oniriques) pour garder mes avantages, pour feindre un aveuglement sourd à ces appels angoissés et inutiles. Je m’en référerai aux dieux, aux usages et aux légendes pour cela. Je vois l’injustice, je suis cause de celle-ci mais je me tairai à tout jamais. Pourquoi diable céderai-je cet acquis, qui, même s’il cause sa déchéance à elle, m’est agréablement profitable.

Serai-je assez fou pour laisser l’égalité s’installer. Lui rendre justice à elle serait me forcer moi à faire plus et mieux.

Être juste aujourd’hui quand on est un homme, est-ce être prêt à détruire tous mes privilèges qui viennent d’un autre temps ?

Être un homme aujourd’hui, dans le sens noble du terme, est-ce admettre que cela a assez duré pour elles autres - qu’elle soit ma femme, mon amante, ma sœur mais aussi ma mère ... qui a tant donné de ses mains pour faire de moi le même qu’il y a des siècles de cela ? ?

C’était juste un rêve - I had a dream - ayemma urge£ targit...

Retour au réel

Le carreau de ma fenêtre est trouble : serait-ce dû à la pluie du jour ou aux larmes amères de mon ciel sans romance ?

Je pense à toutes les femmes brûlées vives, à toutes celles abusées et victimes de leur trop plein d’amour (je souligne au passage le spectre des mariages blancs qui est en passe de devenir le futur mal du siècle), je pense à toutes les femmes utilisées sans que leurs vies, jamais, ne soient auréolées de la reconnaissance qu’en secret elles espèrent. Je pense à toutes ces voix qu’on n’entend pas, assourdies par les murailles qui ceignent notre ciel ...

Tayirat

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Faits Divers- Sociétés

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