L'Afrique s'installe dans Paris et les arrondissements du Nord!

Publié le 28 Octobre 2011

Un éclairage d'une situation de cette nouvelle France où le franchouillard du Berry, du Perche ou de la Beauce profonde serait bien incapable de s'y retrouver! Inutile de voyager en Afrique, elle est là à Paris avec les mêmes problématiques mais les aides sociales en plus.

Surtout n'allez pas croire les fâchistes qui vous disent que la France subit une immigration de repeuplement! Dans certains quartiers, et même arrondissements, c'est déjà fait!

Ce sont les Français de souche qui se comptent ou s'intègrent ! C'est ce qui s'appelle le "vivre ensemble", et le "multiculturalisme" sans les Français de souche, qui sont comme chacun le sait d'horribles racistes, enfants de négriers et d'ex colonisateurs qu'il faut bannir de France!

Gérard Brazon

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Plus de trente nationalités se côtoient dans ce secteur de la Goutte-d’Or, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Reportage au cœur d’un quartier multiethnique.

Château-RougeLorsqu’on veut montrer à nos enfants ce qu’est l’Afrique, on les amène à Château-Rouge.

À l’image de Mariam Fofana, Ivoirienne, des milliers d’Africains arpentent les rues de Château-Rouge, au cœur du XVIIIe arrondissement de Paris, pour y trouver l’ambiance de tout un continent. La population de ce quartier commerçant peut doubler ou tripler dans la journée, surtout les samedis après-midi. Dans le petit triangle de rues qui le composent, on se bouscule, on s’interpelle, on discute. À la Jolie Afrique,

Au Marché de Côte d’Ivoire, Au Togo exo­tique : sous leurs enseignes pittoresques, les petits magasins imbriqués le long des rues ont pour certains acquis une notoriété qui dépasse les frontières de la capitale. Les diasporas africaines viennent parfois de Suisse ou de Belgique faire leurs courses ici : chacun y trouve fruits et légumes exotiques, poissonneries spé­cialisées, coiffure et produits de beauté.

Hamadou, Sénégalais de Seine-Saint-Denis, fait partie de ces chalands : « Je viens ici pour faire mes courses, acheter deux, trois bricoles ou me faire coiffer quand j’ai du temps libre. Après, avec les autres, on va dîner dans un restaurant sénégalais juste à l’angle.» L’aspect communautaire est fort : chacun parle la langue de son pays et possède ses produits. Village aux couleurs multiples, Château-Rouge exhale des senteurs d’ailleurs : épices, maïs cuit et odeurs musquées se dégagent du bitume pa­risien.

Si le dépaysement peut plaire aux passants, le quartier pâtit aussi d’une très mauvaise réputation, qui nourrit certains fantasmes : la cohabitation entre communautés n’est pas toujours facile. « Au-delà de la rue Myrha, mes parents m’interdisent de continuer : ils ont peur qu’on me tape dessus », confie Mohamed, 9 ans, d’origine algérienne, et qui connaît son quartier comme sa poche. Un quartier multiethnique : au premier coup d’œil, pas un “Gaulois” en vue, sauf… trois gardiens de la paix, garés dans une estafette blanche à proximité du métro. Dix fois, quinze fois, ils sortent de leur fourgon pour faire “place nette”. Comprendre : chasser les vendeurs à la sauvette qui s’agglutinent sur les trottoirs et gênent l’accès aux boutiques, entravant la libre circulation. Par­mi les produits qu’ils proposent : des bijoux, beaucoup de contrefaçons, mais auss des safous (prunes tropicales), du maïs cuit ou grillé. Dès la sortie du métro, leur refrain, scandé à toute vitesse, s’impose : « Cinq à 2 euros, cinq à 2 euros, ma copine. »

Les vendeurs sont d’origine africaine mais aussi, et de plus en plus, d’origine pakistanaise ou ban­gladaise. Un jeu de cache-cache épuisant et vain s’établit toute la journée entre les policiers et ces vendeurs, qui ne sont que les ultimes maillons d’une immense économie souterraine.

Investis par les vendeurs à la sauvette dans la journée, les trottoirs sont, le soir, le théâtre d’une autre nuisance : la prostitution. Victime d’une dépression à cause du bruit, Michelle, quarante ans de présence dans le quartier, se lamente : « Avant, tout était calme et on ne voyait pas toutes ces couleurs… Au pied de l’immeuble, il y a un café. En face, un restaurant africain : ça parle fort, ça hurle. La police ne fait pas grand-chose. » De semblables plaintes parviennent fréquemment au com­missariat.

Immortalisée par les romans naturalistes d’Émile Zola, la Goutte-d’Or, et plus précisément Château-Rouge, a évolué au rythme des vagues migra­toires qu’a connues la France depuis un siècle et demi. Alsaciens, Polonais, Autrichiens,  Portugais,  Espagnols, Italiens, Maghrébins, Africains : tous ces peuples ont fait le quartier qu’on voit aujourd’hui. Certains ont légué leurs commerces aux suivants, d’autres sont restés, “contraints” parfois de par­tager leur village avec les nouveaux arrivants.

Peu nombreux en France jusque dans les années 1960, les migrants origi­naires d’Afrique subsaharienne sont d’abord arrivés dans le cadre d’une immigration de travail. Sénégalais et Maliens, issus d’ex-colonies françaises, sont venus renforcer les rangs des pe­tites mains volontaires. Les femmes ont rejoint leurs maris à partir de 1974, après l’arrêt officiel de l’immigration de travail. Puis sont arrivés des demandeurs d’asile fuyant les conflits eth­niques, les régimes autoritaires et les catastrophes naturelles.

Parmi ceux qui se disent nostalgiques, on distingue une communauté de “vieux Maghrébins”, venus travailler en France après la guerre d’Algérie. Ils partagent leur vie entre famille, vie religieuse, courses et surtout rencontres et parties de cartes dans les troquets près du square Léon. Youcef, personnage du quartier, tient un bistrot Mon Village, qui aurait appartenu à la famille d’Éric Zemmour… « Tout a trop changé. Ici, ce n’est pas Château-Rouge mais Château-Noir ! Avant, il y avait une vraie mixité, mais depuis qu’on a fait venir la main-d’œuvre   subsaharienne,   l’ambiance
s’est dégradée. On s’est retrouvés perdus, étrangers à notre quartier… On ne l’aime plus, mais on y reste par habitude.
 »

Pourtant, les apparences sont parfois trompeuses. Si les Africains sont très nombreux à Château-Rouge, ce sont souvent les Asiatiques qui tiennent la caisse derrière les comptoirs. Étrange jeu de miroirs avec le continent africain, où la présence chinoise, économique et humaine, est en constante augmentation. À Paris, à Château-Rouge, c’est à partir de 1980 que des Asiatiques (de Chine et de l’ex-Indochine) ont commencé à racheter les commerces d’alimentation africaine : le marché asiatique étant saturé à Paris, ils ont investi le secteur africain, occupant aujourd’hui à 90 % la rue des Pois­sonniers.

« Les Asiatiques s’organisent en centrale d’achats pour réduire les coûts d’importation. Nous n’avons pas la maturité commerçante pour voir les choses de cette façon, regrette Turpin, commerçant sénégalais qui a ouvert depuis dix ans les portes de La Calebasse d’Afrique. Nous nous contentons de nous regrouper petit  à  petit  pour  partager  certains produits frais. » Les Africains, tentés d’aller acheter chez les Asiatiques   pour   dépenser moins, ont tout de même le sentiment d’être dépossédés. Yolande Biot, Ivoirienne, gère le Queen Africa rue Doudeauville, où s’entassent les sacs de ma­nioc. Elle appelle ses compatriotes à reconquérir leur mar­ché : « Au début, quand on a ouvert la boutique, les gens ne venaient pas car ils se disaient qu’on ne pouvait pas vendre moins cher que les Chinois. Je mets les mêmes prix que les Asiatiques et je de­mande à mes frères de venir soutenir la bou­tique. Nous avons un vrai problème avec les Asiatiques, à qui nous livrons des produits en gros : c’est qu’ils refusent de se mettre à nos prix. »

La journée de marché terminée, le calme revient et le quartier se vide. Et c’est un masque de Château-Rouge qui tombe : « Les Africains sont seulement des consommateurs, pas des propriétaires. » David a toujours habité le quartier et l’a vu évoluer depuis vingt-six ans. Peu d’Afri­cains y vivent. Ils n’y sont que commerçants ou amis des commerçants.

La population du quartier reste plus jeune qu’ailleurs dans Paris et, malgré les soucis visibles de Château-Rouge, une génération nouvelle cherche à
s’y installer. La “boboïsation” du quartier paraît inéluctable. Les “bobos” s’y installent non seulement pour le prix du quartier, l’un des moins élevés de Paris, mais aussi pour y trouver une am­biance. « Ils viennent s’encanailler à Château-Rouge », s’amuse Adrien, qui retape un appartement rue Poulet pour un couple d’artistes. La mixité, les vendeurs à la sauvette, la prostitution ne semblent pas leur poser de problème.

Marion, jeune propriétaire de 28 ans, hôtesse de l’air, habite juste au-dessus d’un regroupement de vendeurs à la sauvette. « Je ne peux pas dire que je suis passionnée par ce quartier, mais ça ne me dérange pas. Je découvre une autre gastronomie : les safous, les épices… Ici, il y a une fluidité de contact, tout le monde se tutoie, on mange un truc en­semble. C’est un quartier aty­pique. » Anthony Gore a ouvert L’Atelier floral il y a juste un mois, il est le pionnier d’une vaste opération d’implantation de commerces de proximité dans la zone pour diversifier la demande : « Je voudrais qu’on arrête de casser du sucre sur le dos de ce quartier. C’est un quartier populaire, il y a de tout, ce qui empêche la ghettoïsation. Il n’y a pas plus de délinquance ou de crimi­nalité qu’ailleurs », dit-il. 

Marie-Alix Saint-Paul

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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mika 28/10/2011 23:52



Je
n’imagine pas l’auteur de cet article autrement que très jeune, fraichement dédiée à l’exercice du reportage, jouant de la caméra du micro ou de la plume pour un même sujet récurrent lié à
sa passion de l’exotisme déambulatoire, empreinte d’un humanisme béat, amoureuse de voyages, de parfums, de couleurs, de rencontres pittoresques, plutôt baba cool, à l’image des bobos dont elle
nous dit qu'ils colonisent ce quartier magique aux allures du bout du monde. Nonobstant
ses admirables atouts,  le petit paradis de Marie-Alix Saint-Paul ne réussit pas à me séduire, parce que je l’ai trop souvent rencontré, contraint forcé, dans mes périples professionnels et
que toujours, mon plaisir ne fut jamais si grand qu’au moment de le quitter pour regagner la France. Je
dois avouer que cette France que j’aime ne m’a pas vu naître, que je viens d’ailleurs et que ma vie durant je n’ai eu d’ambition que de me fondre dans son décor séculaire, redoublant
d'efforts et de volonté pour me dissoudre dans la "majorité invisible".


 



island girl 28/10/2011 13:23



Pourquoi les prix sont ils les plus bas de Paris...à votre avis!