L'Allemagne secoué par l'impolitiquement correct. Pour quand en France.

Publié le 11 Septembre 2010

Dans la rubrique "que se passe-t'il en Allemagne, j'avais édité un article et une vidéo sur l'immigration en Allemagne. Le livre de Thilo Sarrazin fait scandale en Allemagne car il a dit tout haut ce que tout le monde dit tou bas. Voir ou revoir cette vidéo. Vous allez lire un article de l'excellent Guy Millière sur ce thème.

Gérard Brazon

 

          Un livre a été publié ces derniers jours en Allemagne qui a été beaucoup commenté, qui a fait scandale, et qui a été honteusement caricaturé. Le livre a pour auteur Thilo Sarrazin, membre du directoire de la Bundesbank, et (jusqu’à ce jour) du SPD, parti social-démocrate. Il a pour titre « Deutschland schafft sich ab » , soit : « L’Allemagne court à sa perte ». Il se vend très bien. Je doute qu’il soit traduit en français. Je compte dès que possible mettre en ligne ici, avec l’aide de Jean Patrick Grumberg, une vidéo sur le sujet permettant à ceux qui me lisent d’entendre ce que Thilo Sarrazin dit, ce qui est mieux que des commentaires de seconde main et, surtout, bien mieux que des caricatures diffamatrices.  

 

Ce qui me semble devoir être souligné, d’abord, est qu’on prête à Thilo Sarrazin des propos antisémites : c’est là une allégation sans fondement.

 

Thilo Sarrazin parle de traits génétiques communs à tous les membres du peuple juif. Il ne fait que reprendre là des analyses menées par des chercheurs juifs eux-mêmes, ces dernières années, et très largement commentées aux Etats-Unis, particulièrement dans la presse juive (cf. par exemple « Jewish Genes », sur le site de l’Aish Ha Torah : aish.com) : le très lourd passé antisémite de l’Europe fait peser un tabou sur des recherches pourtant fondées, et aboutit à un aveuglement qui conduit aux pires dérives, celles qui ont pu mener à accorder, par exemple, une publicité nauséabonde à l’ouvrage de Shlomo Sand, « Comment le peuple juif fut inventé », qui est à mes yeux un ouvrage négationniste.

 

Ce que montrent les analyses dont je parle, et que cite Thilo Sarrazin, c’est que les membres du peuple juif ont des origines communes : elles ne sont que la confirmation de l’histoire du peuple juif. Et seuls les antisémites peuvent trouver problématique l’affirmation que le peuple juif a des origines communes.   

 

Thilo Sarrazin note, par ailleurs, que le peuple juif n’a cessé de montrer des capacités d’intelligence et de créativité supérieures à la moyenne, ce qui est rigoureusement exact.  

 

Pour des gens qui ont l’amour de la réussite, il n’y a là que motif à se réjouir. Pour des gens envieux et ressentimentaux, il peut y avoir motif à jalousie et à détestation. Je pense qu’une part importante de l’antisémitisme vient de l’envie et du ressentiment. Et je pense qu’on ne combat pas l’envie et le ressentiment en niant la réalité, mais en combattant frontalement envie et ressentiment, et en faisant preuve de vigilance à leur sujet.

 

Il n’y a ni envie ni ressentiment chez Thilo Sarrazin. Il y a, au contraire, un amour de la réussite.

 

Les considérations sur le peuple juif, cela dit, ne sont qu’épiphénoménales dans le livre de Thilo Sarrazin. Ce qu’on lui reproche est ailleurs.  

 

« L’Allemagne court à sa perte » traite, de fait, essentiellement de l’islam, du remplacement de populations qui s’opère en Allemagne comme en d’autres pays d’Europe, et qui voit la proportion de musulmans s’accroître rapidement. Non seulement, dit Thilo Sarrazin, la proportion de musulmans s’accroît, mais les populations musulmanes ne s’intègrent pas. Elles s’installent en Allemagne, comme dans le reste de l’Europe en gardant non seulement leur religion, mais l’intégralité d’un mode de vie dont de nombreux aspects sont peu compatibles, voire pas compatibles du tout, avec ce que Karl Popper appelle les « sociétés ouvertes ». Qu’en est-il, dans l’islam, de la séparation des secteurs économiques, politiques et juridiques du religieux ? Thilo Sarrazin ne répond pas, et dit seulement que les sociétés ouvertes sont en danger. Il ajoute que l’islam ne vient pas s’insérer dans les sociétés ouvertes, mais agit au contraire pour éroder celles-ci pour en faire des sociétés fermées où se remettront en place les hiérarchies inhérentes aux sociétés musulmanes : les hommes placés au dessus des femmes, les musulmans placés au dessus des dhimmis. Il note aussi que le rapport de l’islam au savoir débouche sur une mauvaise intégration aux circuits scolaires et à une baisse du savoir faire, des connaissances acquises et du niveau intellectuel. Il évoque le quotient intellectuel moyen des populations musulmanes, et note que celui-ci est, lui, relativement bas. Ce qui, écrit-il, semble peu compatible avec une société entendant rester développée.  

 

Les raisons expliquant ce quotient intellectuel moyen, constaté par de nombreux chercheurs, peuvent avoir de nombreuses causes : l’une d’elles est sans doute les lacunes en termes d’ouverture d’esprit, de curiosité, et de volonté de découvrir les autres cultures qui imprègnent jusqu’à ce jour le monde musulman qui, selon des rapports de l’ONU, constitue la région la plus sinistrée du monde en termes de développement humain.  

 

Des gens qui ont l’amour de la réussite, là, regarderaient en face les problèmes soulevés par Thilo Sarrazin, discerneraient que défendre les sociétés ouvertes est important, que poser la question de la compatibilité de l’islam et des sociétés ouvertes est également important, et que se confronter aux blocages qui affectent l’islam et le monde musulman est crucial, pas seulement pour les sociétés ouvertes, mais pour les populations musulmanes elles-mêmes.  

 

Des gens envieux et ressentimentaux, eux, bien sûr, ne voudraient pas regarder les problèmes. Ils pratiqueraient l’aveuglement volontaire et tenteraient d’empêcher toute forme de débat.

 

Pour eux, les sociétés ouvertes peuvent disparaître.Pour eux, les blocages qui affectent l’islam et le monde musulman, doivent être ignorés. 

 

Les gens qui ont l’amour de la réussite voient que des différences existent entre les êtres humains, que les cultures ne sont pas égales et, surtout, pas également fécondes. Ils voient que certains principes sont précieux en ce qu’ils permettent de respecter l’être humain, et, entre le respect pour une culture qui mutilerait l’être humain, et le respect pour l’être humain lui-même, ils choisissent le respect pour l’être humain.    

 

Les gens envieux et ressentimentaux nient les différences et entendent substituer à l’égalité de droit une égalité de fait qu’ils entendent imposer, sur un mode qui a des accents totalitaires. Ils ne considèrent pas que certains principes sont précieux et, pour détruire les principes, agitent des mots qu’ils ont vidé au préalable de leur sens. Entre le respect pour une culture, et le respect pour l’être humain, ils choisissent le respect pour la culture, surtout, semble-t-il, si la culture concernée mutile l’être humain. Ce sont des anti-humanistes.   

 

Je dois le dire : les réactions au livre de Thilo Sarrazin sont imprégnées d’envie, de ressentiment, d’anti-humanisme, de fausse lutte contre le racisme et l’antisémitisme, de fausse lutte contre cette notion aussi grosse qu’une dent creuse, l’islamophobie, et imprégnées aussi d’aveuglement délibéré, de mépris fondamental pour ce que sont les sociétés ouvertes, de déférence obséquieuse pour l’islam bloqué, et de dédain tant pour les peuple européens, pour le peuple juif, que pour les populations musulmanes soumises à l’islam bloqué.  

 

Ce n’est pas seulement, en ces conditions, l’Allemagne qui court à sa perte. C’est l’Europe entière.   

 

Très significativement, tandis que certains osaient sans vergogne traiter Thilo Sarrazin d’antisémite sans qu’il le soit un seul instant, un homme tenait effectivement, lui, des propos antisémites avérés sans que personne ou presque ne s’indigne. Cet homme a une position importante : il est commissaire européen au commerce, et agit donc au nom des vingt-sept pays de l’Union. Il s’appelle Karel de Gucht.  

 

Il a parlé, voici peu, du pouvoir du lobby juif qui, selon lui, contrôlerait les Etats-Unis, et empêcherait la paix sur terre, de la certitude du « juif moyen » d’avoir raison en toutes circonstances, et a ajouté qu’ « il n'est pas facile, même avec un juif modéré, d'avoir une conversation rationnelle ».  

 

Non seulement personne ou presque ne s’est indigné, non : mais on a même noté dans plusieurs journaux, qu’il a un « franc parler ». Jose Manuel Barroso, lui, a déclaré que l’incident était « clos ». Catherine Ashton a précisé de son côté, qu’il n’y avait là rien d’offensant et pas d’intention d’offenser.  

 

En Europe aujourd’hui, dire que le peuple juif existe et qu’il a apporté, et continue à apporter, à l’humanité vaut les pires suspicions et les pires insultes. Dire que les Juifs ont trop d’influence, manoeuvrent dans l’ombre et sont irrationnels est, semble-t-il, tout à fait « normal ».  

 

Défendre l’idée de société ouverte, et parler des dangers pour les sociétés ouvertes et pour les êtres humains eux-mêmes qui sont inhérents à certaines cultures, et plus particulièrement à l’islam, vaut d’être traîné dans la boue. Contribuer à dissoudre l’idée de société ouverte depuis les hauteurs technocratiques de Bruxelles, et placer les Juifs en position de boucs émissaires de l’absence de paix, tout en fermant les yeux sur l’islamisation de l’Europe, fait , semble-t-il aussi, partie de la « normalité ».   

 

Ai-je besoin d’ajouter quelque chose?


Guy Millière

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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