L’Alsace, véritable laboratoire de l’Empire européen...par Pierre Hilard - Préface Gérard Brazon

Publié le 5 Avril 2013

Cette volonté de construire l'Europe en démolissant les Nations est une marque de fabrique de cette dictature européenne.

La Nation est en danger et la constitution de régions ayant des pouvoirs est le moyen qu'ont choisi les tenants de l'Europe liberticide pour saper les Nations et le ciment qui lie les provinces entres-elles.

L'Espagne est au bord de l'éclatement... L'Alsace est un laboratoire qui produira d'autres demandes sincères ou non et aboutira à l'éclatement de notre pays en plusieurs régions bien plus malléables qu'un peuple chauffé à son histoire collective et fier de ses millénaires d'existence et de sa langue. Car in fine, c'est l'aboutissement logique! Des Régions aux langues différentes sous l'anglais dominateur.

La langue est le véhicule de la pensée. On pense la langue que l'on parle. Le vocabulaire est la clef du pouvoir disait Orwell. Sans la langue française, la France sombrera à terme dans l'oubli. Cela fera sans doute plaisir à "certains identitaires" qui utiliseront la langue Bretonne, Béarnaise, Basque, Corse, Alsacienne, et j'en passe mais sur cette profusion de langues, la France ne sera plus et la langue anglaise (européenne) s'imposera de facto. 

Gérard Brazon

demolition

Par référendum le 7 avril, les Alsaciens sont appelés à fusionner le conseil régional d’Alsace et les deux départements (Bas et Haut-Rhin) en une collectivité territoriale d’Alsace. Au-delà des aspects pratiques (financiers, administratifs…) avancés par les tenants du « oui », ce référendum, qui n’est pas une fin mais un moyen, s’inscrit dans le renforcement de l’Europe des régions (cf. « Les États européens se désintègrent »). En partant du général au particulier, nous pouvons observer l’évolution suivante.

À l’origine, la France monarchique des provinces et, selon une heureuse formule, « hérissée de liberté » a été broyée en 1789 pour être réorganisée en entités administratives abstraites : les départements. La folie des technocrates de l’époque a même pensé élaborer une France départementale en damiers. Le retour du principe des régions – bien que nous préférions l’expression, plus conforme à l’histoire, de« provinces » — s’est opéré au début des années 1970. Cependant, ce cadre conforme à la tradition politique française n’est valable qu’à la condition de maintenir ces entités sous l’autorité de l’État. Or l’Union européenne, octroyant de plus en plus de pouvoirs aux régions tout en vidant les États européens de leurs principes régaliens, pousse à une complète réorganisation politique du Vieux Continent. En effet, parallèlement à la montée en puissance des régions, il s’agit de favoriser une coopération transfrontalière. Cette politique se fait dans le cadre d’un institut — « l’Association des régions frontalières européennes » (l’ARFE (PDF)) — créé en 1971 sur volonté et, pendant une longue période, sous direction allemande. Nous pouvons y relever le nom de Wolfgang Schäuble (PDF), actuel ministre des Finances du gouvernement Merkel.

Le principe de la coopération transfrontalière cache, dans le cadre de l’Union européenne, un but destructeur. Il s’agit, comme le stipule la Charte transfrontalière de l’ARFE, de transformer les frontières nationales en frontières administratives (PDF). Même si les dirigeants affirment faussement ne pas vouloir remettre en cause la souveraineté des États, cette politique permet aux régions bénéficiant de pouvoirs accrus, de part et d’autre d’une frontière nationale devenue défunte, de procéder à un rapprochement ou, plus exactement, à une fusion territoriale appelée« eurorégion ». Ces entités territoriales artificielles sont créées dans toute l’Europe. Nous pouvons citer entre autres les eurorégions « Pyrénées-Méditerranée »« Grande région » ou « Alpes-Méditerranée ». Les eurorégions sont les départements de l’Union européenne ou, si l’on veut, l’organisation territoriale et philosophique de 1789 élargie à toute l’Europe. Cet aménagement du territoire encouragé à l’origine par l’Allemagne (PDF) ouvre la voie à toutes les combinaisons.

Autorité des États en berne, autorité de la Commission de Bruxelles et de la BCE de Francfort en hausse, disparition des frontières nationales et régions dotées de pouvoirs politiques et financiers complets autorisent un remodelage total du corps européen. Ainsi, si le « oui » l’emporte lors du référendum alsacien, il permettra (et c’est le but recherché) de passer à la vitesse supérieure afin d’aboutir à une eurorégion avec le pays de Bade et une petite partie de la Suisse (région de Bâle) (PDF), Strasbourg étant devenu une eurométropole. Cette eurorégion Alsace – pays de Bade (subdivisée en trois zones : Pamina, Centre et TriRhena), véritable laboratoire d’avant-garde, harmonisant tous les domaines (administration, fiscalité, retraites…) et dépendant de Bruxelles ne sera qu’une parcelle de l’Empire européen, parmi d’autres eurorégions, reposant sur les dépouilles des États.

Pierre Hilard

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Europe liberticide

Commenter cet article