L'argent arabe en France et ailleurs - par Yves Montenay

Publié le 3 Janvier 2012

Signalé par Danielle Moulins

Lesechos.fr 

L'argent arabe, c'est principalement celui des hydrocarbures. On connaît son poids économique, mais on pense moins à son poids géopolitique.

L'argent arabe, c'est principalement celui des hydrocarbures, pétroles et gaz. On connaît son poids économique en prélèvement sur le niveau de vie du reste de la planète, sans que l'on pense toujours que ce sont les pays pauvres qui en souffrent dramatiquement. On connaît également son poids économique pour la partie qui en revient sous forme de commandes militaires ou de biens et services civils, mais aussi sous forme d'investissement dans les entreprises par les fonds souverains.

Mais l'argent arabe, c'est aussi une arme géopolitique dont on commence à prendre conscience à l'occasion du "printemps" puis de "l'automne"arabe.

Certes, on savait depuis longtemps que l'Arabie finançait l'expansion du Wahhabisme en envoyant des missionnaires et en distribuant des bourses d'études. Cela des banlieues françaises (et autres) aux pays musulmans les plus éloignés où l'islam est beaucoup plus détendu. Mais on n'y a probablement pas accordé assez d'attention.

On sait également que l'argent séoudien finance les antiSyriens, notamment chrétiens, du Liban (l'Iran, via la Syrie, y finançant le Hebzbollah chiite et probablement ses alliés chrétiens…). Plus récemment, on a constaté que l'Arabie finançait largement les œuvres sociales et les campagnes électorales des Frères musulmans et surtout des salafistes égyptiens, aux côtés du Qatar et probablement d'autres Émirats.

Or il est bien naturel de voter pour ceux qui ont donné à votre quartier misérable un hôpital ultramoderne et en paient le personnel,  alors que vous n'avez jamais vu venir un centime du gouvernement central et ne comprenez pas ce que peuvent vous apporter ces jeunes bourgeois qui se rassemblent par Internet. 

Et le Qatar ? Justement, la campagne de Libye nous a montré qu'il était aux côtés des Français et des Britanniques, avec ses hommes, ses armes, Al Jezirah  et quelques financements directs, soit quatre façons d'utiliser les recettes du gisement de gaz qu'il partage avec l'Iran. Comme je l'ai évoqué dans d'autres contributions, Al-Jezira, non content d'éviter l'étouffement médiatique des révoltes syriennes, a maintenant une action tous azimuts dans l'ensemble du monde musulman et au-delà.

Cette chaîne est accessible maintenant dans un grand nombre de langues, sauf le français à la demande, paraît-il, de notre gouvernement qui craint l'influence qu'auraient sur les musulmans de France des émissions souvent de tonalité islamiste et émanant d'un État wahhabite, même si son wahhabisme est plus modéré que celui de l'Arabie. Car nos gouvernements sont amis et se donnent vraisemblablement des coups de main réciproques et discrets. (Ce qui confirme bien que nos gouvernements savent très bien ce que se passe dans notre pays et laisse faire au nom de l'argent arabe et des dettes françaises. Ndlr Gérard Brazon)

Quant à l'Arabie, elle est depuis longtemps très étroitement liée aux États-Unis, et les récompense pour leur appui en lui achetant des centaines de milliards d'armements, qui heureusement ont peu servi jusqu'ici. Et pour avoir travaillé en Arabie, j'ai éprouvé le poids des conseillers techniques américains au détriment des entreprises françaises, même si certaines ont réussi à se glisser entre les obstacles, notamment aux époques Giscard et Chirac.

Certes, il y eut quelques froids entre Séoudiens et Américains, par exemple lorsque ces derniers ont constaté que la plupart des kamikazes du 11 septembre venaient d'Arabie, puis ont "remarqué" que les dirigeants de ce pays n'étaient pas très démocrates (il n'y a pas d'élections en Arabie, à part, depuis peu celle d'une partie des conseils municipaux). 

Prudemment, les États-Unis ont diversifié leur approvisionnement pétrolier, et, gaz de schiste aidant, ne sont pratiquement plus dépendants de l'Arabie. Mais en tant que pays beaucoup plus religieux que la France, ils sont moins impressionnés que nous par le financement de l'islamisme et surtout du salafisme un peu partout dans le monde. 

L'Arabie de son côté a davantage besoin des États-Unis depuis qu'elle a été elle aussi cible du terrorisme islamiste (qui reproche à la famille royale sa corruption, et non son manque de démocratie) et qu'elle voit grandir la menace iranienne. Les petits cadeaux entretenant l'amitié, un nouveau contrat de 29 milliards de dollars vient d'être signé pour l'achat et la modernisation d'avions américains par les forces séoudiennes.

Et je n'ai sûrement pas fait le tour complet du rôle géopolitique de l'argent arabe.

Yves Montenay

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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island girl 04/01/2012 01:54


Nous devrions prendre exemple sur les suisses et n'accepter que les arabes riches au lieu de récolter la racaille!

Claude Germain V 03/01/2012 16:33


Quand on pense que sur les 1800 milliards de dette de la France ,les 3/4 ,ou plus, logiquement viennent des pays petroliers ,on comprendrait mieux pourquoi c'est du donnant donnant entre les pays
musulmans et nous ou l'Europe .: " vous prenez nos indesirables par dizaines de millions et on vous prete des petros-dollars "


Simple idée ,mais si cela s'averait vraie ,çela veut dire que nos dirigeants nous ont bel et bien vendu .C'est ce que l on pourrait appeler " LA TRAITE DES BLANCS"