L'athéisme serait la cause du djihadisme... Fallait oser le faire. Par George Miche - Préface Gérard Brazon

Publié le 21 Novembre 2014

Les médias de cette gauche bien pensante trouvent sûrement un écho parmi les catho-tradis et autres croyants qui ont encore quelques rancunes depuis 1905.

Je fus le premier étonné par une certaine violence d'un ami catho-tradi qui, devant mon agnostisme, mon souhait d'une société laïque me reprocha également la loi de 1905. J'en suis resté effaré. 

Nul doute que le discours des médias qui pensent que la laïcité est responsable des djihadistes ne laissera pas nos "religieux" de tous obédiences, indifférents.

Pour ma part, ce n'est pas la laïcité qui est en cause, mais le système éducatif, l'abolition de l'instruction de l'histoire, celle du civisme, la perte de l'autorité en général, celle du respect, celui de l'ascenseur social, de la perte du service militaire qui autait dû être maintenu même sous une autre forme et surtout la perte de femme et d'hommes politiques ayant le sens de l'intérêt général et non de leur compte en banque.

 Gérard Brazon 

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atheisme

Pour Boulevard Voltaire

La nouvelle est tombée, déroutante, à contre-courant des idées reçues par le bon peuple : 80 % des candidats au djihad seraient issus de familles athées. Voilà une nouvelle que les médias adorent relayer à l’envi. Pour faire court, la religion – sous-entendu la religion mahométane – ne serait pas pour grand-chose dans cet engagement jusqu’au-boutiste dans l’Orient compliqué. Donc, sous-sous-entendu, tous ceux qui lient dans un rapport de causalité immigration, islam, islamisme, terrorisme, djihad et toutes sortes d’autres choses devraient nettoyer leur crasse ignorance. Du reste, vous voyez bien, les assassins des temps nouveaux recrutent même chez les bons Normands !

Sauf que cette belle statistique mérite d’être regardée de plus près. La rédactrice du rapport, la chercheuse et anthropologue Dounia Bouzar, révélatrice de cette presque « bonne nouvelle » — chercheuse qui ne doit plus trop avoir le temps de trouver, étant donné le temps qu’elle passe à faire le tour des plateaux télé —, le dit elle-même : ce chiffre s’appuie sur 160 familles qui ont fait appel au Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam. 160 familles seulement : le nuage statistique est bien maigre. Non seulement il est maigre, mais il est d’une certaine façon biaisé puisque ces familles sont justement celles qui ont réagi au départ d’un proche (en général, un enfant).

Peut-on alors bâtir une théorie sur ce qu’on appelle en statistique des « valeurs aberrantes » ? Évidemment non. Si vous appartenez à la classe moyenne, avez une certaine éducation, le paiement de votre troisième tiers étant votre souci principal du moment et non le salut de l’âme de vos enfants et que, tout de go, vous apprenez que votre petit Kevin enfermé dans sa chambre se préparait au djihad alors que vous pensiez naïvement qu’il alternait sagement préparation à son BTS technico-commercial et lecture de la carte du Tendre avec sa chère Cindy, vous avez tout à fait le profil de la « tribu » étudiée par notre très médiatisée anthropologue. Mais cette tribu est-elle à l’image de la majorité des familles de nos apprentis djihadistes qui, elles, ne font pas appel à Mme Bouzar ? L’extrapolation rapide arrange certes la bien-pensance mais est-elle conforme à la réalité ? Rien ne le démontre. En tout cas, pas le rapport de Mme Bouzar que chacun peut consulter sur Internet.

Après ces considérations statistiques, une remarque d’un tout autre ordre. Admettons un instant que ce chiffre de 80 % d’athées ait valeur à une certaine extrapolation. Ce chiffre ne devrait-il pas interpeller les intégristes de la laïcité qui voient dans les religions les causes de toutes les exacerbations ? La vacuité spirituelle de notre société occidentale si bien illustrée par l’iconographie de nos billets de banque n’est-elle pas l’une des causes de cette recherche d’un absolu par une jeunesse sans repères, laissée à elle-même derrière son ordinateur ? Si j’étais réducteur comme beaucoup de médias et autres donneurs de leçons appointés du 20 heures, j’écrirais dans un raccourci définitif que « l’athéisme tue ». Mais je ne l’écris pas. Je m’interroge, simplement.

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Béatrice 21/11/2014 23:59


L'athéisme cause du djihadisme !!!


J'ai éclaté de rire lorsque j'ai lu
ces mots. Le djihadisme est sinistre, mais cette phrase m'a fait rire par son énormité et son absurdité.