L'austérité en Espagne

Publié le 2 Septembre 2012

 

La hausse de la TVA en Espagne, dont le principal taux passe de 18 à 21%, est entrée en vigueur samedi. Et ce, dans le cadre d'une politique d'austérité sans précédent.

Après avoir repoussé cette décision pendant des mois, alors que la Commission européenne et le Fonds monétaire international le réclamait, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a finalement annoncé le 11 juillet que la taxe sur la valeur ajoutée augmenterait à partir du 1er septembre.

Ainsi, le principal taux passe de 18% à 21% tandis que le taux réduit qui s'applique pour certains produits, tels que le tourisme et le transport, est porté de 8% à 10%. Un taux super réduit de 4% est maintenu pour les produits de première nécessité incluant des aliments, des médicaments et des livres.

Ce taux n'est cependant pas applicable à certains produits, ainsi pour une partie du matériel scolaire, dont le taux de TVA va augmenter. L'inquiétude est forte chez les parents déjà sévèrement touchés par les ravages de la crise qui a provoqué une forte progression du nombre de sans-emploi, celui-ci atteignant 24,63%.

Le secteur culturel va souffrir

Cette augmentation de la TVA est également dénoncée par le secteur culturel, certains produits devant être déclassés, comme «les places de théâtre, de cirque et autres spectacles» (cinéma ou encore opéra). Ceux-ci repassent au taux général, soit une hausse de 13 points d'un coup, alors qu'ils bénéficiaient d'un taux réduit de 8%.

Cela pourrait amener à la fermeture d'un cinquième des industries culturelles et à la perte de 4226 emplois directs. Avec l'augmentation de la TVA, le gouvernement espagnol espère amasser quelque 9,5 milliards d'euros, dans le cadre d'un plan d'austérité draconien qui prévoit d'économiser 102 milliards d'euros d'ici 2014.

Ce plan de rigueur a été imposé à l'Espagne par Bruxelles en échange d'un délai pour ramener son déficit public en-dessous de 3%, dans les clous européens. L'objectif est désormais pour l'Espagne de réduire ce déficit de 8,9% à 6,3% du PIB cette année, puis à 4,5% en 2013 et enfin 2,8% en 2014.

ats

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Europe liberticide

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