L'autre face de l'Algérie. Un pays comme un autre. Avec ses démons.

Publié le 1 Juillet 2010

3000 enfants violés en une seule année en Algérie.

 

Durant l’année 2009, près de 312 personnes ont été présentées devant la justice pour des affaires de viol.

Selon un bilan établi par la Gendarmerie nationale, plus de 3 000 enfants ont été violés durant l’année 2009. Ils ont été victimes de maltraitance, de harcèlement sexuel, de viol.

Aujourd’hui, ils souffrent en silence, certains même se sont retrouvés dans des centres de rééducation spécialisés (CRS), car après avoir vécu l’enfer ils ont choisi de se venger. Cette soif de vengeance les a poussés à commettre des erreurs, des vols par exemple. Parmi ces enfants, certains sont pris en charge par l’Etat dans divers centres du pays.

Le CRS d’El-Biar est un parfait exemple. Aujourd’hui, ce centre abrite des dizaines d’enfants qui ont été violés. Toujours selon le bilan de la GN, ces enfants violés ont subi des agressions physiques et surtout morales, ce qui a entraîné un sentiment de vengeance chez ces mineurs. Une souffrance profonde qui restera gravée à jamais dans la mémoire de ces milliers de mineurs.

Leur seul tort : être des enfants. Aujourd’hui, ils se battent pour surpasser ce qu’ils ont vécu. Certes, comparés aux années précédentes, les actes de viols sur enfants en Algérie sont en baisse. En 2007 par exemple, le taux était beaucoup plus important. Plus de 5 000 enfants ont subi différentes sortes de maltraitances, des viols surtout, mais également des agressions physiques de la part d’adultes. La campagne de sensibilisation que mène la Gendarmerie nationale à travers l’ensemble du territoire, est à l’origine de cette baisse. Toutefois, certaines personnes n’hésitent pas à commettre l’irréparable. Dans ce sens, il est important de souligner que durant l’année 2009 près de 312 personnes ont été présentées devant la justice pour des affaires de viol, selon une source judiciaire proche du tribunal d’Alger.

Généralement, les personnes accusées dans ce genre d’affaires risquent de lourdes peines, allant jusqu’à sept ans d’emprisonnement ferme assorties d’amendes à payer à la victime. Une réparation financière qui ne peut effacer l’acte, expliquent certains experts, et ce, autant pour les parents qui ont vu leurs enfants violés et qui appellent à un jugement plus sévère contre les agresseurs.

Et 3 300 enfants arrêtés pour différents délits

Face à ces 3 000 enfants victimes de harcèlement sexuel, près de 3 300 autres basculent dans la délinquance dès leur jeune âge. Arrêtés et placés dans des centres de rééducation, la plupart de ces mineurs sont les auteurs de vols, coups et blessures volontaires, atteinte à la pudeur et aux bonnes mœurs et, le plus étonnant, pour assassinat. Durant l’année 2009, les unités de la Gendarmerie nationale ont traité 5 012 procédures «exceptionnelles» ayant conduit à l’interpellation de plus de 3 300 mineurs, dont certains sont à peine âgés 10 ans. Parmi les mineurs arrêtés, 50% ont entre 17 et 18 ans, 27% ont 15 ans, et 23% entre 10 et 14 ans. D’après les statistiques des unités de la GN, la plupart des mineurs arrêtés durant l’année dernière sont accusés de crimes de droit commun, c’est-à-dire des affaires de vol, coups et blessures volontaires, atteinte à la pudeur et aux bonnes mœurs, atteinte aux personnes, association de malfaiteurs et… pour assassinat. En effet, en 2009, la GN a traité trois affaires de meurtres commis par des mineurs, dont un certain Samir de Thenia âgé de 10 ans seulement, arrêté pour avoir assassiné son camarade de classe, Lotfi, à l’extérieur de l’école primaire Mohamed- Djaâfar. En outre, 693 mineurs ont été interpellés durant la même période de l’année pour vol. Ces centaines d’enfants sont inculpés pour vols d’objets de valeur, surtout des bijoux, de l’argent et des téléphones portables.

Par ailleurs, 228 enfants ont été arrêtés au cours de l’année 2009 pour attentat à la pudeur. Toujours dans le cadre de la lutte contre le crime organisé, les unités de la Gendarmerie nationale ont arrêté 217 mineurs pour association de malfaiteurs. Près de 272 affaires ont été élucidées par la GN lors de plusieurs opérations effectuées durant l’année dernière contre ces petits malfaiteurs.

Certains mineurs, expliquent les gendarmes, ont créé leurs propres groupes sans l’aide des adultes. Leur objectif est clair : voler des personnes dans des quartiers bien ciblés et selon un mode bien organisé malgré leur jeune âge. Les mineurs impliqués dans ces associations de malfaiteurs et arrêtés par la GN ont été transférés vers des foyers spécialement conçus pour eux afin de mieux les aider à réintégrer la société.

Pour la Gendarmerie nationale, la lutte contre toutes les formes de délinquance et de criminalité constitue une priorité majeure pour la protection du citoyen et de ses biens. Pour assurer une meilleure couverture sécuritaire, les services de police n’hésitent pas, toutefois, à recourir à l’arrestation d’enfants qui s’adonnent à des trafics en tous genres pour avoir de l’argent. La stratégie opérationnelle de la GN s’avère aujourd’hui très payante sur le terrain.

Par Sofiane Abi

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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