L’aventure libyenne » - par Nancy VERDIER

Publié le 20 Juin 2011

·         Encore une bavure. Durant la nuit de samedi à dimanche, le 19 juin 2011, L’OTAN  a bombardé  un immeuble résidentiel de Tripoli tuant 9 personnes et décimant une famille entière. Erreur de tir, matériel imprécis.


Il est navrant de constater qu'une fois de plus la France sous couvert de l'OTAN (et avec l'aimable intercession du philosophe BHL), s'est embarquée dans une aventure guerrière coûteuse, dont elle ne sortira pas auréolée de gloire.


La résolution 1973 du Conseil de Sécurité votée le 17 mars 2011, constituait une nouvelle transgression internationale envers la souveraineté d’un état indépendant. Une nouvelle ingérence et le feu vert pour une intervention arbitraire et musclée, comme ce fut le cas au Kosovo, en Irak et en Afghanistan.
Certes, l’action militaire exercée par Kadhafi et dont étaient victimes certaines de ses populations civiles  avait de quoi émouvoir les officines ministérielles et  diplomatiques  des états démocratiques. Mais les pays occidentaux, jusque là, n’avaient pas été trop regardants et avaient plus ou moins admis que dans le monde arabe la légitimité d’un gouvernement ne se mesure pas à son degré de démocratie ni  à la haine ou à l’amitié qu’il engendre chez ses voisins et partenaires. Mais le printemps arabe était passé par là et il fallait coûte que coûte voler au secours des peuples « épris de liberté » selon la formule d’Alain Juppé.


La résolution 1973 appelait à tout mettre en œuvre pour « protéger les populations civiles et faire cesser les hostilités »,  un texte suffisamment vague pour  prêter à diverses interprétations. Car l’action de Kadhafi ne visait pas directement sa population civile mais la répression d’une rébellion armée, qui tentait de renverser l’ordre établi dans un contexte tribal opposant les régions du Nord-est (Benghazi et Tobrouk) aux tribus majoritaires soutenant le clan Kadhafi.


Dans le contexte libyen l’intervention militaire des armées de l’OTAN revenait à soutenir une rébellion armée contre un gouvernement – certes non démocratique – mais établi de longue date et garant d’un équilibre régional. C’est pourquoi, plusieurs membres du Conseil de Sécurité dont la Chine, la Russie, le Brésil, l’Inde et l’Allemagne avaient refusé d’avaliser cette résolution. 


Sur la foi d’un  texte onusien  trompeur,  biaisé et flou -  donnant des lignes d’actions non conformes à la réalité du terrain –  et sur la bonne tête d’une équipe de rebelles qu’Alain Juppé s’est empressé de reconnaître comme les représentants de la Libye nouvelle bientôt libérée -   l’OTAN, la France en tête s’est embarquée dans cette aventure.


A la veille de l’opération « Aube de l’Odyssée », un sommet extraordinaire se tenait à l’Elysée dans lequel le Président Sarkozy jouait un rôle majeur à l’appel de la Ligue arabe, pour instaurer une zone d’exclusion aérienne.


Les forces en présence essentiellement aériennes et navales  regroupaient des contingents français, britanniques et américains assistés de troupes belges, danoises, canadiennes, Qatari et Emirati.  Le flou persistait quant à  l’attribution d’un commandement pour la suite des opérations.


La France mettait à disposition le porte-avions Charles-de-Gaulle, deux frégates l’une anti-sous-marine, l’autre anti-aérienne, un pétrolier ravitailleur « la Meuse », un sous-marin anti-nucléaire et une trentaine d’appareils Rafale et Super Etendard. L'Italie, de par sa position stratégique et géographique, mettait à disposition sept bases aériennes pour recevoir les forces de la coalition dont six chasseurs danois F-16. Côté américain, des F-15 et F-16 étaient déjà déployés sur les bases italiennes. Sur le plan naval, les Américains disposaient déjà en Méditerranée de deux destroyers lance-missiles, le Barry et le Stout, équipés de missiles de croisière Tomahawk, des porte-hélicoptères et d’autres bâtiments de soutien. L’aviation belge se tenait prête aux opérations depuis une base grecque dans le Péloponnèse. D’autres bases grecques étaient sollicitées pour accueillir d’éventuelles forces norvégiennes et l’Espagne mettait également deux bases aériennes à disposition dans le sud du pays.


Les alliés avaient dès le départ exclu toute opération terrestre, se limitant à créer une coalition aérienne ad hoc. Mais la France ne se priva pas de quelques incursions terrestres. Un quartier général américain situé à Ramstein (ouest de l'Allemagne) assurant "une coordination" entre les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne. Et l'attribution d'un commandement pour l'avenir - très politique - restait à définir.


Mais voilà, le conflit s’enlise. Et au bout de trois mois d’intenses combats, les forces rebelles ne progressent plus et celles de Kadhafi résistent. La France et ses alliés qui avaient parié un peu vite sur la chute du régime libyen se retrouvent en mauvaise posture. Ayant reconnu un gouvernement rebelle, l’OTAN, et la France en particulier  ne peuvent perdre la face et doivent songer à d’autres développements du conflit, un plan B…
Quelles suites donner à ce plan fumeux ? Va-t-on vers un redécoupage de la Libye ?

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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L'En Saignant. 20/06/2011 19:50



Oui cette intervention en LIBYE est encore une connerie de plus de qui vous savez... sachant que nous ne savons plus quoi faire de notre FRIC (précisons FRIC Dû donc en DETTE).Que sommes nous
allés faire dans cette galère.? Cela va encore nour ramener de l'Arabo-islamisme dont on ne sait déjà plus que faire ici et sous lequel on croule à tous points de vue; sécurité, liberté, vue, etc
... Pauvre France .!