L'éditorial de Claude Imbert : Le vertige populiste ! Par Sultana Cora

Publié le 14 Juin 2012

L'éditorial de Claude Imbert : Le vertige populiste ! La plainte des portefeuilles et la  colère de la rue promettent à Hollande un horizon fort peu " normal " cher claude Imbert! si gentil, si policé et si charmant dans son discours face à la violence noire qui s'accumule et s’apprête à déferler sur une Europe dont les peuples en perdition devront ressortir ce qui leur reste d'instinct moral pour survivre! la question est de savoir s'il en reste! 
A tous ceux qui en possèdent encore une étincelle : rejoignez "LA NOUVELLE OPPOSITION"

Sultana Cora

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Par CLAUDE IMBERT

Les admonestations pleuvent sur la France, sommée d'adopter les réformes profondes que lui prescrivent les marchés (et le sens commun). Sur les décisions de Hollande pèseront le vote législatif de ce mois, le cours périlleux de la crise et la machinerie européenne. Mais, pour la suite, ses décisions devront recueillir l'adhésion publique. Et vaincre à cette fin la résistance qui met en France tout exécutif dans la mélasse. Elle empêtra Sarkozy et paralysa Chirac. (Chirac n'avait pas besoin d'être paralysé, il était inutile. Ndlr Gérard Brazon) Hollande n'évitera pas la réaction multiple et confuse du " populisme ". Hors les urnes où il dépérit, le populisme, un jour ou l'autre, choisit la rue.

Contre les choix légitimes de pouvoirs élus le populisme - notion trop vague, trop dépréciative - est à la fois le symptôme d'une détresse populaire et l'expression de chimères alternatives. Tous, loin de là, ne s'embrigadent pas au Front de gauche ou au Front national, mais des millions de Français remâchent le sentiment d'être abandonnés par les " puissants ", caste indistincte où ils fourrent en vrac la classe politique, les médias, l'élite, les riches, la finance et autres boucs émissaires de leurs malheurs. (Comme si la classe politique n'était pas finalement la grande responsable in fine de par ses abandons, ses reculades, son manque de courage. Ndlr Gérard Brazon)

Ce sentiment de déréliction nourrit depuis longtemps la mélancolie nationale. On y voit les politiques dépossédés de pouvoirs réels par les forces malignes de la mondialisation et de l'Europe défaillante. (Belle reconnaisance de la perte de souveraineté de la France. Ndlr Gérard Brazon) Incapables de juguler, chez nous, un chômage sempiternel et le déclassement avéré de la nation. Et peut-être aussi qu'au-delà de ces échecs bien des reins et des coeurs vivent, dans la souffrance, le déchirement des grandes mutations. Dans cette souffrance, le populisme trouve sa source.

Le populisme est un fleuve noir qu'alimentent les peurs écologiques, le vieillissement démographique et, bien sûr, les dérangements de l'immigration, de la peur de l'islam. (Donc l'islamophobie (peur de l'islam) ne serait que l'expression d'un populisme. Il devrait le dire au chrétiens massacrés en "terre d'islam". Cela leur fera plaisir d'être en plus, traité de populistes. Ndlr Gérard Brazon) De l'insécurité. Il charrie, comme autant d'épaves, la clochardisation de la rue, la misère des SDF, la paupérisation de l'État. Il se repaît de l'immoralité des " princes " et de la cupidité indécente de quelques patrons. Le fleuve se déverse, pour finir, dans l'océan des nostalgies. On y ressasse la nation de jadis, son passé peu à peu englouti et sa culture agonisante, naufragée par la révolution culturelle qui s'accomplit sous nos yeux. Celle, entre autres, d'Internet, des images et des sons de la modernité.

Dans ce grand chambardement des techniques et des moeurs, le populisme vit un désenchantement démocratique. Contre la caste élitaire, il en appelle au " peuple ". Mais lequel ? Le peuple, entité souveraine qui gouverne la nation ? Ou le peuple plébéien, la foule porteuse de désirs et de droits ? " Ah, le peuple est en haut mais la foule est en bas ", disait Victor Hugo. (Qui ne fût pas un génie politique loin s'en faut. Il suffit de regarder sa carrière politique justement. Royaliste sous Napolélon, Bonapartiste si ce n'est Napoléonide sous les Rois suivant, tout en acceptant les prébendes, Républicain sous le deuxième Empire. La mort lui fera cesser d'avoir le tournis. On peut être un grand écrivain et un piètre politique. Victor Hugo en est l'exemple type. Ndlr Gérard Brazon)  Et c'est dans cette foule que fermente le populisme.

Pour en cerner les actuels contours - à droite dans sa composante identitaire et nationaliste, à gauche dans son cri social -, Dominique Reynié le peint comme un " vertige social-nationaliste ". Il affecte presque toute l'Europe. Disons qu'en France il ébranle deux orientations communes aux deux grands partis du gouvernement. D'une part, il rejette une Europe communautaire, réconfortée, chez nous, par le Parlement après avoir été malmenée par le " non " référendaire de 2005. Et, d'autre part, il refuse la diète sociale imposée à un État providence ruineux.

Est-ce que Hollande, européen convaincu et plausible réformateur, peut vaincre ce vertige? L'adhésion européenne bénéficie, en France, d'un soutien électoral encore majoritaire.(comment le savoir hormis des sondages qui ne sont pas la voix du peuple français? Chaque qu'il s'est exprimé ce peuple, c'est toujours avec une méfiance absolue si ce n'est un refus. Non Monsieur Imbert, le peuple n'adhère pas à l'Europe liberticide. Ndlr Gérard Brazon)  Mais l'Europe n'a pas franchi le Rubicon d'une gouvernance crédible de sa monnaie. Surtout, elle se révèle fondamentalement libérale. Le socialisme français y apparaît, jusque chez ses pairs sociaux-démocrates, comme le résidu poussif d'un modèle condamné. Dans une économie de marché mondialisée, les Européens valides assument, comme l'Allemagne, d'affronter la compétition. Aux invalides, la voiture balai !

Quant à la capacité pour Hollande de rallier à ces réformes éventuelles une adhésion publique, elle n'ira pas sans déboires. Le populisme dispose, dans la rue, des gros bataillons populaires et ouvriers arrachés au PS. Car le socialisme français semble avoir perdu le " sens du peuple " (1) ou trahi son bon sens. Toujours est-il qu'il aura abandonné à Marine Le Pen les plaies sensibles de la sécurité, de l'immigration et de la laïcité au profit d'un multiculturalisme compassionnel et erratique que le populisme rejette. Les classes moyennes sont ainsi devenues les principaux bastions du Parti socialiste. Or, faute d'attaquer à la hache la réduction des dépenses publiques, Hollande devra les soumettre, elles aussi, à la pression fiscale. D'être tenues pour " riches " ne les consolera pas.

Bref, la plainte des portefeuilles et la colère de la rue promettent à Hollande un horizon fort peu " normal ".

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1. Michelet, cité par Laurent Bouvet.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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