L’éducation nationale complice et actrice de notre perte

Publié le 25 Août 2010

 
 
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Avertissement : l'article que vous allez lire risque de vous plomber le moral. En le lisant, j'ai ressenti une certaine douleur. Il me semblait cependant important de le publier, car nous avons tous besoin de disposer de l'information, je veux parler de celle qui est soigneusement étouffée par les compères de la censure. On disait ici et là que le mur de Berlin est en partie tombé grâce aux antennes satellites, qui ont montré les images de la liberté, et d'un monde que les dictatures de gauche présentaient comme diabolique.

 

Je me souviens des images des premiers russes arrivant en Israël. Devant les étalages débordant de fruits et légumes, au marché, ils se mettaient à pleurer.

 

A titre personnel, j'ai décidé, il y a fort longtemps, que mes enfants ne mettraient plus les pieds dans le système de l'Education Nationale le jour ou j'ai assisté, pour la seule fois de ma vie, à une réunion de parents d'élèves. "Vous n'aurez pas la peau de mes enfants", me disais-je. Si je contribue à avoir leur peau, je ne serais pas mécontent.

 

Jean-Patrick Grumberg

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J’enseigne le français dans un petit collège de France…j’aime mon travail, le fais avec conscience, et pourtant c’est bien elle qui se trouve heurtée depuis trop longtemps…Astreinte au devoir de réserve, c’est sous anonymat que je dénonce donc aujourd’hui la complicité de l’Education Nationale dans la décrépitude et la lâcheté intellectuelle orchestrée dans les salles de classes françaises, car on ne me pardonnerait pas cette liberté de penser publiquement « autrement », et les représailles seraient sévères.

 

 

Certes, les programmes scolaires sont nobles et beaux, à l’image des valeurs défendues dans le discours officiel de nos dirigeants et autres intellectuels héritiers des Lumières...dans le discours seulement…Il en va ainsi du préambule aux programmes de français (BO spécial n°6 du 28 août 2008) : « Les programmes de français au collège contribuent à l’acquisition de plusieurs grandes compétences définies par le socle commun de connaissances et de compétences, notamment dans « La maîtrise de la langue française » et « La culture humaniste », mais aussi dans « La maîtrise des techniques usuelles de l’information et de la communication», « Les compétences sociales et civiques » et « L’autonomie et l’initiative ».

 

 

[…] Il s’agit d’assurer « la cohérence entre les enseignements de français et d’histoire, rendant ainsi possibles des activités et des travaux interdisciplinaires  ;

􀁸 une initiation à l’étude des genres et des formes littéraires ;

􀁸 le regard sur le monde, sur les autres et sur soi à différentes époques, en relation avec l’histoire des arts ;

[…]

 

 

La loi n° 2005-380 du 23 avril 2005 d'orientation et de programme pour l'avenir de l'École « engage la modernisation de l'Éducation nationale selon trois axes : mieux faire respecter les valeurs de la République, mieux organiser les établissements et les enseignements, mieux gérer le système éducatif ».

 

 

 

Nous voilà donc, enseignants, à la tête d’une mission d’envergure exigeant notamment de fonder une culture humaniste, d’éveiller à l’esprit critique par la lecture et l’écriture de textes variés d’horizons divers, et par la pratique de l’oral, par le biais « d’échanges, de débats », en stimulant « l’expression d’émotions et de réflexions personnelles » ou en passant par « la reformulation de la pensée des autres » afin de développer « les compétences sociales et civiques » , « l’autonomie et l’initiative ». Bref, il s’agit de « contribuer à faire du collège une école d’ouverture à l’autre et de tolérance. »

 

 

 

Quelle fierté pour moi de contribuer humblement à cet éveil des consciences de la jeunesse de mon pays, et de participer ainsi à la survivance de valeurs humaines et démocratiques auxquelles je crois et qui sont le fondement même de notre nation et de ses lois.

 

 

Hélas, que de désillusions…

 

 

En effet, bien des questions m’assaillent aujourd’hui…qui me conduisent à cet écrit qui résonne comme un cri d’alarme ; et si je continue (naïvement ?) à croire que les intentions sont bonnes, je ne peux que constater avec terreur les effets pervers d’un enseignement non conscient des enjeux géopolitiques de notre société, dont le ministère de l’éducation nationale devrait pourtant tenir compte.

 

 

Les actions démagogiques se multiplient sans aucune mesure. Au programme de 6e, l’enseignant, respectueux des programmes, organise une « première approche du fait religieux en France, en Europe et dans le monde, en prenant notamment appui sur des textes fondateurs (en particulier des extraits de La Bible et du Coran) dans un esprit de laïcité respectueux des consciences et des convictions ».

 

 

L’on voit ainsi cohabiter côte à côte, dans tous les manuels de 6e, des extraits de la Bible et du Coran…avec un choix de Sourates savamment orchestré afin d’établir une similitude parfaite entre les 3 religions monothéistes. On évoque la Genèse, Noé et Moïse…ainsi l’enseignant entend de ses jeunes élèves : « bin en fait Madame, c’est la même religion ! »…et voilà l’enfant au regard illuminé par cette nouvelle découverte : vraiment, le monde est beau et tout le monde pense pareil !

 

 

Bien sûr, devoir de réserve oblige, l’enseignant n’évoquera pas plus que les manuels les autres sourates du Coran. Concernant par exemple la condition inégale de la femme par rapport à l’homme, on taira la sourate IV verset 34 : « Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs bien. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection d'Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand ! » on taira aussi le droit inscrit dans le Coran de l’enfermer ou de la fouetter en cas d’adultère. On n’évoquera surtout pas la sourate IV, verset 15 : « Celles de vos femmes qui forniquent, faites témoigner à leur encontre quatre d'entre vous. S'ils témoignent, alors confinez ces femmes dans vos maisons jusqu'à ce que la mort les rappelle ou qu'Allah décrète un autre ordre à leur égard. », on en cachera l’antisémitisme,  l’appel au meurtre des infidèles désignés comme des « porcs » dans l’islam . Bel exemple en effet de tolérance quand on lit la sourate XXII versets 20 et 21 : « Les fidèles et les incrédules sont deux adversaires qui se disputent au sujet de Dieu ; mais les vêtements des infidèles seront taillés du feu, et l’eau bouillante sera versée sur leurs têtes. Leurs entrailles et leur peau en seront consumées ; ils seront frappés de gourdins de fer »,ou la sourate XLVII verset 4 : « Quand vous rencontrerez les infidèles, tuez-les jusqu’à en faire un grand carnage, et serrez les entraves des captifs que vous aurez faits » … souvent le professeur n’est-il pas même au courant…puisqu’il aime lui aussi croire en ce monde où tout le monde est beau, tout le monde est gentil…et qu’il est convaincu que l’Islam est une religion de tolérance…pas besoin de lire le Coran, il le sait ! Est-ce là « mieux faire respecter les valeurs de la République » ???

 

 

Au contraire, souvent, il entretiendra l’idée que la Bible, le Coran, la Torah (ah non, ça il n’en parle même pas…pas intéressant) c’est la même chose…alors forcément, la Turquie dans l’Europe : aucun problème : on est tous de la même famille ! Qui peut dire que l’Education nationale n’a pas un pouvoir, une influence sur la pensée d’une jeunesse qui sera bientôt dans les isoloirs des bureaux de vote ? Ouverture à l’autre, certes, mais quel autre ?

 

 

Il faut pourtant entendre les réflexions des enfants pour prendre la mesure des dangers de cette manipulation de masse. Il faut entendre, depuis quelque temps, comment celui qui croit en la Bible est raillé, comment celui qui fait le ramadan et sèche les cours le vendredi pour aller à la mosquée est encensé. Le premier tait honteusement ses convictions, le second est envié. Quand l’enseignant évoque la Bible, au programme je le rappelle, les jeunes français (et leurs parents  aussi) rient : « pfff on va pas parler de ça madame, c’est n’importe quoi ! » . Quand on lit des extraits édulcorés du Coran, ces mêmes jeunes français d’origine judéo-chrétienne, écoutent religieusement, avec intérêt…Soyons clairs, les programmes scolaires, le choix des textes du Coran étudiés sont choisis pour créer la confusion. C’est du mensonge par omission et de la démagogie…il s’agit de flatter la communauté musulmane et d’éviter les heurts ! Comment nos enfants pourront-ils identifier une quelconque menace à l’encontre de nos valeurs avec un tel enseignement ?

 

 

Je continue à penser qu’il faut lutter à l’école contre le racisme, et pour l’ouverture d’esprit…mais attention aux dérives ! Nos enfants en viennent à préférer et à admirer la culture de l’autre, parce qu’on leur en présente une vision totalement édulcorée, et erronée pour entretenir « la paix des ménages ». Dans le même temps, on condamne la colonisation française en Afrique, l’esclavage organisé par les Européens, ou encore les conquistadors en Amérique…On fustige nos erreurs passées, à juste titre…mais on cache celles des autres, on ne peut plus actuelles, notamment le fait que le peuple conquérant aujourd’hui n’est plus européen !!! Cette attitude est perverse, nocive, et même criminelle à l’égard des valeurs républicaines que l’école est censée enseigner. Sous couvert d’éducation à la tolérance, on cache la vérité, et on entretient la soumission française à une culture islamique galopante, dans nos rayons de grandes surfaces, dans nos courbettes politiques, mais aussi dans nos salles de classe !

 

 

La littérature jeunesse se fait aussi le relais de cette soumission, et toujours sous couvert de vouloir transmettre un message de paix et de tolérance en faveur de la mixité sociale, on lit les Mille et une Nuits, on suit le parcours de Momo (Mohammed)…Encore une fois pourquoi pas…à condition de ne pas édulcorer. Mais attention au regard ébloui des enfants lancés sur les pauvres jeunes de banlieues dont ils imitent le langage, l’habillement et à qui ils pardonnent toutes les incartades..Je suis pour les valeurs d’intégration…mais la mode est à l’admiration de ceux qui portent atteinte aux valeurs de notre République. Notre jeunesse n’aime plus, elle « kiffe ». Le kif est un mot arabe qui désigne le cannabis ! Mais bon, ça fait branché, alors on peut retrouver ce mot dans les ouvrages de littérature jeunesse que les professeurs font lire en lecture cursive à leurs élèves…Mais qui s’intègre ? Nous apparemment…Sous couvert de faire lire des ouvrages (commerciaux) faciles, qui intéressent les élèves, on les nourrit de belles histoires d’intégration réussie (que je ne nie pas, je les espère), sans évoquer le moins du monde la réalité de la vie des banlieues. Nos petits français sont donc convaincus, encore une fois, que tout le monde est gentil, et nous voilà partis dans la voie de la victimisation… les pauvres jeunes obligés de dealer et de voler…on ne fait rien pour eux, sinon ils seraient intégrés, ils ne demandent que ça, c’est écrit dans les livres de l’école !

 

 

En 3e, cours de français et d’histoire se conjuguent pour évoquer entre autre les 2 guerres mondiales. Information sur les faits (causes, conséquences, bilans économiques et humains…), lectures de témoignages (extraits ou œuvres intégrales)…On y dénonce les horreurs de la guerre avec force, et c’est une bonne chose…on lit et commente Primo Levi ou Anne Frank…mais souvent on s’arrête au constat « la guerre, c’est mal ». Beaucoup d’enseignants étudient le Déserteur de Boris Vian, la « boucherie héroïque» de Voltaire, et si la Résistance et même De Gaulle peuvent être évoqués, l’idée demeure : « la guerre c’est mal »…sans engager une véritable réflexion sur les valeurs qui s’affrontent. Nos petits français n’ont donc pas véritablement conscience de leur héritage culturel, car on leur répète sans cesse le respect qu’ils doivent aux autres sans valoriser les valeurs de la République française, pourtant évoquées dans la loi d’orientation de 2005. La notion de bien et de mal reste floue. Certes on évoque l’engagement (Malraux, De Gaulle, Aragon) mais il ressemble à celui qu’on évoque dans les récits de chevalerie du moyen-âge étudiés en 5e. C’est beau ! Mais c’est de l’histoire, les gens ont compris maintenant, cela ne se reproduira pas…retournons aux jeux vidéos et aux discussions msn stériles !

 

 

 

Pourquoi nos jeunes voudraient-ils s’engager ? de quoi pourraient-ils avoir conscience ?  L’éducation nationale leur dit de ne pas s’inquiéter : tout le monde est gentil, les méchants sont tous morts avec Hitler ! Aucune réflexion réelle sur l’actualité ne nous est permise. Au mieux, pour travailler l’argumentation, on met la peine de mort au programme. On lit Badinter, on montre du doigt les Etats-Unis (jamais l’Iran !)…mais cette question est déjà historique en France depuis l’abolition en 1981. Aux dires d’un certain inspecteur académique, il faut d’ailleurs éviter ce sujet, car nous n’avons pas à faire réfléchir sur ce thème déjà clos  : être « pour la peine de mort » c’est aller contre la loi française ! Or on ne discute pas la loi…Ah bon ? Il me semblait pourtant que discuter les lois de Vichy avait pu être une bonne chose ! C’est ça, susciter la « réflexion personnelle » ? Donc dans les programmes, on nous demande d’éveiller l’esprit critique, d’organiser des débats, de favoriser l’autonomie de pensée…mais soyons clairs : l’autonomie de pensée, c’est ici le droit de penser « comme il faut », selon les principes de l’éducation nationale et de ses professeurs. L’éveil à la pensée est un éveil à la pensée officielle, unique, relayée par des professeurs eux-mêmes inconscients de la réalité géopolitique et convaincus de bien faire quand ils orientent la pensée de leurs élèves.

 

 

Il n’est pas ici question d’un avis quelconque de ma part sur les thèmes choisis dans ces exemples fréquemment rencontrés dans les salles de classe. Il est question d’honnêteté intellectuelle. On nous demande d’organiser des débats au sein de nos classes, mais les professeurs font taire l’élève, de plus en plus rare, qui ose un avis moins policé. L’élève pour la peine de mort est montré du doigt, l’élève qui évoque de façon un peu virulente les problèmes d’actualité liés par exemple au terrorisme islamiste est nécessairement taxé de raciste…c’est mal, et c’est condamné, par le professeur, secondé par la classe, bien fermement ancrés dans le moule de la « bonne pensée officielle» .

 

 

Sur le terrain, on ne peut que constater les dégâts : des enfants de plus en plus inertes, qui attendent qu’on leur livre du prêt à penser. « Réfléchir, c’est dur madame ». Il n’y a plus rien à réfléchir, il n’y a plus que des évidences…celles de la pensée unique. Dans leurs écrits, reste une pseudo réflexion insipide, issue de leur conditionnement, ou pour certains, plus lucides peut-être, un discours qui cherche à « correspondre » au discours officiel politiquement correct.

 

 

«  Le programme de Troisième invite l'élève à s'interroger sur les problèmes de l'humanité et les grandes questions de notre monde et de notre temps. Le professeur propose donc régulièrement à l'élève des travaux écrits l'incitant à donner son avis en le justifiant. » (programmes de français du collège, mars 2009)…Mais à l’époque de la guerre en Irak, si le thème de la guerre est au programme de 3e, il n’était pas question de faire raisonner les élèves sur les données des deux camps (pour ou contre l’intervention)….Non, il fallait juste continuer à dénoncer la guerre sous toutes ses formes…à la rigueur contre Hitler, bon d’accord, on pouvait dire que c’était pour la bonne cause…mais c’est un exemple unique…et on laisse les enfants dans un monde sans nuances…et sans conscience. Le devoir de réserve enseignant aboutit à une lâcheté intellectuelle. Les problèmes et questionnements de notre société ne sont absolument pas évoqués. Les professeurs sont soient timides, soient assujettis à la pensée unique officielle. Chirac, le gouvernement, la presse française étaient contre l’intervention en Irak…donc on n’en discute même pas ! Voilà l’éveil à l’esprit critique au sein de l’éducation nationale !

 

 

Mais c’est faux, on n’éveille pas, on n’apprend pas l’autonomie de pensée…on apprend comment il est de bon ton de penser…en arrondissant les angles, en mentant par omission, en manipulant la jeunesse. Sondage en classe : qui sont les Américains ? des obèses qui mangent des hamburgers …sourire complice du professeur. Qui sont les Palestiniens ? des pauvres bougres agressés par les Israéliens. Voilà l’autonomie de pensée de nos enfants. Ils ont bien compris comment plaire à leur enseignant nourri comme eux aux JT fallacieux. Et tout ce petit monde s’endort agréablement…

 

Autre exemple de manipulation : la rédaction d’un sujet de brevet 2006 :

 

 

« Derrière leurs volets, une vieille femme et sa jeune voisine voient passer le cavalier. La première le reconnaît et révèle à l'autre le passé de cet homme. Craintive, elle lui explique les raisons qui pourraient motiver son désir de vengeance. En réponse, la jeune voisine tente de montrer que la vengeance est " mauvaise conseillère ".»

 

Consignes :

 

Vous présenterez rapidement la situation ; puis, dans une première partie, la vieille femme prendra la parole et dans une seconde partie, sa voisine essaiera de la convaincre que la vengeance est " mauvaise conseillère ".

 

En apparence le sujet est intéressant…mais en regardant de plus près, il ne s’agit aucunement de rédiger un dialogue argumentatif. La structure est imposée à l’élève : d’abord la vieille dame expliquera (il ne s’agit donc pas d’argumenter !) les raisons de la colère du cavalier, en évoquant les événements passés. Et la rédaction s’achèvera obligatoirement (c’est imposé dans les consignes) sur une condamnation de la vengeance. Aucune nuance n’est donc permise dans le sujet, aucune réflexion personnelle … les élèves ne s’y sont pas trompés et nous ont fourni des textes tous identiques, où ils ont expliqué à leur professeur exactement ce que celui-ci attendait : des textes insipides et sans réflexion, où se répétait sans cesse « la vengeance, c’est pas bien »…pourquoi, on ne le saura pas…mais c’est pas bien.

 

Forcément, avec un tel sujet, comment susciter la réflexion personnelle et l’autonomie de pensée prônées dans nos programmes ? Peu importe l’avis de chacun à ce sujet, je démontre simplement ici à quel point l’éducation nationale s’éloigne dans les faits de la mission qui lui est impartie dans les textes.

 

 

J’écris cet article avant tout pour dénoncer la complicité de l’éducation nationale dans l’inactivité française face à la montée de l’islamisme en France et à la perte des valeurs que pourtant elle défend dans ses programmes. L’angélisme est nuisible. Continuer à taire les problèmes actuels en stimulant sans cesse l’idée que nos valeurs ne sont pas remises en cause par l’Autre que l’on apprend à respecter « a priori » et non pas parce qu’il est tout simplement respectable aboutit à une illusion collective. Dans quelle mesure est-ce voulu par ceux qui nous dirigent ? Je l’ignore. Dans quelle mesure les enseignants sont-ils utilisés, pour devenir eux-mêmes des outils de manipulation ? Je l’ignore également.

 

 

Mais il faut prendre conscience du danger pour l’affronter. Les établissements scolaires participent fortement à la pensée collective. L’esprit critique est plus que jamais une nécessité sociale. L’engagement en est l’aboutissement. A force de punir sans distinction celui qui frappe et celui qui répond au coup reçu dans la cour de récré, à force de faire rédiger aux élèves ce qui doit « correspondre » à ce que le prof pense (ou doit penser), on entretient les moutons de Panurge…Je ne prône évidemment pas la propagande ! Je mets simplement le doigt sur un fait qui me paraît d’importance : les hommes de demain sont ceux que l’on « fabrique » aujourd’hui. Il est donc indispensable de réfléchir activement aux valeurs que l’on veut inculquer à la jeunesse, si l’on ne veut pas être complice de notre propre perte.

 

 

Aujourd’hui je vois des jeunes tolérants par principe (et non par réflexion), écolos forcément : que d’actions en faveur du développement durable dans nos écoles, que des textes évoquant le réchauffement climatique…et la responsabilité humaine (entendez surtout américaine !) Je vois des jeunes insouciants, qui ne défendent rien d’autre que le droit d’utiliser leur téléphone portable à la cantine. Et, en face, d’autres, agressifs, revendiquant leurs valeurs avec force, qui exigent un repas halal, le droit au port du voile et le droit au communautarisme et qui l’obtiennent de plus en plus. Qui défend ses valeurs ? Qui les perd ? Mais comment pourrait-il en être autrement, dans ce monde où l’on passe plus de temps à insister sur le respect de l’autre que sur celui de nous-mêmes ?

 

 

A force d’éteindre le courage de penser que parfois quelqu’un a raison et quelqu’un a tort, on supprime toute velléité d’engagement dans l’avenir. J’ai cette crainte lorsque je regarde mes élèves. Je crains qu’il n’y ait pas grand monde pour défendre nos valeurs, si l’on poursuit cet angélisme éducatif qui lobotomise et favorise l’inaction, la paresse intellectuelle et un confort qui risque fort à terme de nous exploser à la figure.

 

 

L’image est brutale, certes, mais il est brutal aussi de constater chaque jour le poids de la perte de valeurs dont on est censé être les garants, de voir à quel point nous sommes prêts à tendre l’autre joue pour laisser faire  et attendre patiemment notre fin. Pour que cela n’arrive pas, il nous faut au contraire une jeunesse intellectuellement armée, éveillée, informée sans fard de la réalité. Est-ce possible ? si oui, ce ne sera pas à l’éducation nationale qu’elle le devra. 

 

 

 

Anonyme, professeur de français

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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