L'espérance se trouverait-elle à l'Est. Syrie : Poutine plus fort que les 7 autres réunis !

Publié le 20 Juin 2013

Par Dominique Jamet - Boulevard Voltaire

En vue de leur grand-messe annuelle, sept des membres du G8, cette organisation informelle qui réunit les dirigeants de tous les pays qui comptent sur la planète (à la seule et négligeable exception de la Chine, de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du Sud) avaient arrêté une position commune et définitive sur la Syrie. Une conférence de paix se tiendrait dans les meilleurs délais à Genève. S’il était envisageable d’y admettre des envoyés du régime en place, ce n’était que pour leur signifier la seule perspective ouverte à Bachar el-Assad : celle de son départ. À l’inverse, l’opposition était tenue pour représentative du peuple syrien. Accusé et, paraît-il, convaincu d’avoir franchi la ligne rouge en utilisant du gaz sarin, le maître de Damas s’était lui-même exclu de la communauté internationale. Il fallait d’urgence équiper la rébellion pour lui donner les moyens de lutter à armes égales. L’Iran, cela allait de soi, était pareillement indésirable à Genève.

Un seul pays n’était pas aligné sur cette position : la Russie. Mais, isolé comme il l’était, Vladimir Poutine ne ferait pas le poids…

En réalité, le front uni des « Occidentaux » était une passoire. La Syrie, disons les choses comme elles sont, est le cadet des soucis de l’Allemagne, du Japon, de l’Italie et du Canada, qui estiment assez sagement avoir d’autres chats à fouetter. La France et la Grande-Bretagne, ou plus précisément François Hollande et David Cameron, forts du précédent libyen, jugent urgent d’aller nous fourrer dans le guêpier syrien. Au moins, c’est ce qu’ils affirment pour la galerie. Quant à Barack Obama, lié par d’imprudents engagements et poussé au crime par les va-t-en-guerre de son pays et par l’étrange coalition des monarchies sunnites, de la Turquie et d’Israël, il hésite manifestement à ajouter une nouvelle erreur au long palmarès des bévues américaines, jalonné par l’humiliation vietnamienne, la catastrophe irakienne, l’échec afghan. On le comprend.

Résultat final : la conférence de Genève aura lieu « dès que possible ». L’Iran y sera bien sûr admis. Un gouvernement de transition, sans autre précision, est souhaité pour la Syrie. L’ONU poursuivra son enquête contre X sur l’emploi des armes chimiques. Quant à la Russie, elle continuera bien entendu de fournir à Bachar el-Assad les armements qui ont permis à celui-ci de tenir, puis de remporter récemment des succès contre la rébellion.

Un seul pays l’a emporté sur les sept autres. Vladimir Poutine a imposé sa ligne aux interlocuteurs qui l’ont affronté en ordre dispersé comme les trois Curiaces successivement vaincus en duel par Horace. C’est qu’il savait ce qu’il voulait, et qu’il voulait vraiment.

Après le meurtre de Concini, les juges qui interrogeaient la Galigaï, passée sans transition du palais du Luxembourg aux cachots royaux, cherchaient à savoir sur quelles manœuvres, sur quelles intrigues, sur quelles pratiques de sorcellerie la veuve noire du défunt favori de Marie de Médicis avait bâti son ascendant sur la reine. « C’est, leur répondit-elle, par le seul pouvoir qu’a une âme forte sur une âme faible. »

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Marie-claire Muller 20/06/2013 18:19


SUITE ET FINCette analyse désabusée de cet ancien officier français, qui a l’aval d’une écrasante majorité des
services anti-terroristes français, finira-t-elle par peser sur les décideurs politiques à Paris et les amener à changer d’orientation avant qu’il ne soit trop
tard ?A cette question, l’ancien officier français répond : « Oui ! Il y a beaucoup de gens raisonnables dans les services
français. Ils sont capables de peser sur le cours de l’actuelle politique française à l’égard de la Syrie, surtout après le fiasco du scénario libyen conçu et mis en œuvre par Paris et Londres.
La position russe finira par conforter le camp des pragmatiques et mettra dans l’embarras les jusqu’au-boutistes qui cherchent à satisfaire les États-Unis. D’autant plus qu’il est devenu clair
que le régime syrien tiendra, que le soutien russe au régime n’est pas conjoncturel : il est stratégique, constant et ne changera pas. C’est à nous de changer et il faut qu’on le fasse pour
l’intérêt même de la France ».





Téléchargez les copies des lettres (floues
mais lisibles) attestant des relations étroites entre les services français et syriens, en cliquant sur le lien ci-dessous : 
Correspondances
Syrie

Marie-claire Muller 20/06/2013 17:29



Bachar al-Assad et Claude Guéant, ancien secrétaire général de l’Élysée et ministre de l’Intérieur sous Sarkozy.



Selon un ex-officier des renseignements français, « la crise syrienne a réveillé l’ours russe… Assad tiendra et notre politique doit changer ».


A. D., ex-officier de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure française) parie sur le temps pour rattraper les erreurs commises par le gouvernement français, dans la gestion de la
crise syrienne, tout au long de ces deux dernières années. De retour de Beyrouth (il refuse d’avouer s’être rendu en Syrie et y avoir rencontré des responsables de différents services de
sécurité), il énumère les erreurs commises par la France :
- Le ralliement à la politique américaine d’alliance avec les islamistes, sans tenir compte des intérêts historiques de la France en Syrie.- Le renoncement à la précieuse mine syrienne de renseignements que lui fournissaient les services anti-terroristes syriens et qui protégeaient la France du terrorisme depuis
de nombreuses années.- Le pari irréfléchi sur la chute du régime de Bachar al-Assad, un pari qui a réveillé l’ours russe acculé, depuis le précédent
libyen, à défendre férocement ses intérêts. Il en résulte une nouvelle guerre froide qui met à mal les fragiles intérêts de la France à travers le monde.- La perte de la coopération stratégique avec la Syrie, en matière de sécurité et de politique au profit d’une situation dont le dénouement est amer dans le meilleur des cas
et dans le pire des cas, un immense chaos qui risque de ne pas épargner les rues de Paris dont les banlieues contiennent une forte concentration de populations musulmanes.Que fait un ancien officier de renseignement français au Liban et à proximité de la frontière syrienne ?Réponse d’un autre
expert des politiques sécuritaires occidentales : « Chez vous, un officier des renseignements à la retraite devient soit un fermier soit un intellectuel soit un commerçant soit un
fou. En France, continue l’expert, il devient chercheur, par engagement personnel ou met ses compétences au service de l’un des nombreux instituts ou cabinets d’experts qui offrent leurs services
de consultants au pouvoir en place ou à l’opposition ou bien à des parties influentes dans les deux camps. »Notre officier retraité A. D., devenu
chercheur, estime que la France a commis en Syrie des erreurs stratégiques et stupides, car elle est entrée dans un jeu (contre le régime syrien) dans lequel elle est perdante d’avance et dont
les seuls gagnants, s’il en est, sont les Américains. Quant aux pertes, la France en aura la part du lion si le régime triomphe de ses ennemis armés et financés par les pays de l’Otan et des
monarchies du Golfe.À propos de la coopération franco syrienne dans le passé, l’ex-officier français confie : « L’escalade politique entre la
France et la Syrie n’est pas un problème en soi, car entre États, il n’y a ni amitié ni animosité éternelles ; seuls les intérêts décident de la nature des relations. La grande perte de la
France est la perte de sa coopération sécuritaire avec la Syrie ». Il ajoute : « Les services de sécurité syriens ont épargné à la France, à plusieurs reprises, de terribles
catastrophes que des terroristes d’origines arabes s’apprêtaient à provoquer. Seuls les renseignements fournis par les services syriens nous ont permis de les déjouer et de sauver des vies
innocentes. »La parole est toujours à l’ex-officier :« Jusqu’aux débuts de la crise
actuelle, la coopération continuait encore et des officiers des deux côtés coopéraient étroitement contre le terrorisme international. Mais la stupidité des politiciens français a acculé les
services anti-terroristes syriens à mettre fin à cette coopération. Je ne les blâme pas ! Comment peut-on mettre sur la liste des sanctions françaises et européennes un officier (Hafez
Makhlouf) blessé lors d’une opération contre des terroristes qui visaient les ambassades française et américaine à Damas ? ! Imaginez quelqu’un qui sauve nos enfants d’une mort
certaine, et au lieu de l’en remercier, notre diplomatie le traite de terroriste et le met tel un criminel sur une arrogante liste de sanctions. »Et de poursuivre : « Hafez Makhlouf et bien d’autres officiers syriens ont mené à bien des missions dont les retombées positives ne se sont pas limitées à la seule
Syrie, mais ont bénéficié au peuple français et à d’autres peuples de l’est et de l’ouest. Je ne divulguerai pas un secret en disant que cet homme a reçu les remerciements de grands groupes
pharmaceutiques pour avoir démantelé des fabriques clandestines de faux médicaments et pour avoir arrêté de grands trafiquants de drogues qui utilisaient la filière syro-libanaise pour écouler
leurs marchandises de mort en Europe et surtout en France. Au lieu de les remercier, nous les avons mis sur la liste des sanctions ! »La
source française continue : « Nous avons obtenu, grâce à la coopération avec la Syrie, de précieux renseignements qui nous ont conduits à déjouer en 2008 un plan terroriste qui aurait
fait des milliers de morts dans le métro de Paris. Les services de renseignement syriens ont obtenu leurs précieux renseignements après avoir arrêté, par le colonel Makhlouf, un groupe des plus
dangereux terroristes d’Al-Qaïda dont Aymen el Daher alias Khaled Elkashef, Abdallah Azzam (qui n’a rien à voir avec le célèbre théoricien palestinien, aujourd’hui disparu, qui fut le mentor de
Oussama Ben Laden et qui portait le même nom), Ghassan Abou Qassab, Abdelhakim Qassem, Naaman el Mandou, Layth Badran et le plus dangereux d’entre tous, Asaad Hourieh le chef de l’opération
avortée du « métro de Paris » qui aurait fait des milliers de morts si elle n’avait pas été déjouée à temps. Cette opération, Al-Qaïda a mis des années pour la mettre au point, et ce
groupe a été arrêté sur le chemin de la France, à travers la Syrie et le Liban et son aéroport de Beyrouth. Ils s’y rendaient pour mettre à exécution leur plan
terroriste. »Les officiers des services anti-terroristes français avaient presque élu domicile à Damas. Ils s’entretenaient avec les chefs des
services de sécurité syriens. « Ces chefs vont-ils continuer à coopérer avec nous contre le terrorisme qui cible nos civils en France, alors que nous les avons mis sur la liste noire et leur
avons interdit l’entrée de notre territoire ? ! », s’interroge cet ancien officier français qui connaît sur les bouts des doigts ce dossier ? « Les politiciens français
sont-ils raisonnables quand ils croient qu’ils rendent service aux aspirations légitimes du peuple syrien en soutenant des terroristes, ceux-là même
que nous avons combattus côte à côte avec nos homologues syriens ? L’État syrien nous a sauvés des attentats terroristes et nous sommes en train de les remercier en finançant des attentats
terroristes sur leur territoire ! Est-ce une politique raisonnable ? ! »Cette analyse désabusée de cet ancien officier français,
qui a l’aval d’une écrasante majorité des services anti-terroristes fra

mika 20/06/2013 12:54


Journal hebdomadaire de
Voix de la Russie du 17 juin 2013



http://www.prorussia.tv/Journal-hebdomadaire-de-Voix-de-la-Russie-17-juin-2013_v382.html