L'Europe au régime, sauf la France.

Publié le 15 Février 2013

 

Rigueur. Sans même parler de la Grèce, en situation de faillite, un tour d’Europe permet de mieux mesurer les — vrais — efforts consentis par nos voisins.

Italie : six ans de travail en plus avant la retraite. On surnomme tour à tour Mario Monti “monsieur anti-fraude fiscale” ou “père la rigueur” en Italie, pays qui doit faire face à une dette de 2000 milliards d’euros (plus de 120 % du PIB) alors que la fraude fiscale annuelle est estimée à 120 milliards.

À peine trois semaines après son arrivée à la tête du gouvernement italien, en novembre 2011, Mario Monti a présenté un vrai plan de rigueur, baptisé “Sauver l’Italie”. Avec, pour commencer, une réforme des retraites conduisant certains Italiens à travailler six ou sept ans de plus (départ à la retraite à 66 ans à partir de 2018) et des coupes sans concession dans les dépenses publiques.

Il s’est ensuite attaqué à une autre réforme, qualifiée d’historique, sur la flexibilité du travail. Un nouveau contrat de travail a été instauré pour libérer l’embauche, en particulier des jeunes, prévoyant une période d’apprentissage longue, pendant laquelle l’entreprise reste libre de licencier.

« Monti a appliqué à l’Italie le programme de libération de la croissance de la commission Attali, dont il était d’ailleurs vice-président, et qui n’a pas été appliqué en France », note un économiste. Selon l’OCDE, les réformes déjà engagées en Italie pourraient augmenter son PIB de 4 % dans la décennie à venir.

Irlande : baisse de 10 % des salaires de la fonction publique. Le gouvernement irlandais a engagé un plan de rigueur sans précédent depuis 2008. Près de 30 milliards d’économies réalisées aux deux tiers en baissant les dépenses publiques. Les effectifs de la fonction publique ont été réduits de 9 % et les fonctionnaires ont vu leurs salaires baisser de 10 %. Sans compter la réduction de certaines prestations sociales.

Royaume-Uni : suppression de 700 000 fonctionnaires. Le pays s’est engagé dans la rigueur sans états d’âme. Suppression de 700 000 postes de fonctionnaire en cinq ans (au rythme quatre fois plus élevé que le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, en France), gel des salaires de la fonction publique, diminution de près de 20 % des budgets des ministères, allocations familiales sous condition de ressources, baisses massives des transferts de l’État vers les collectivités locales…

On estime que plus de 450 bibliothèques municipales ont été ou vont être fermées, quand il ne s’agit pas d’équipements sportifs, que les villes sont dans l’incapacité de continuer à financer.

Espagne : un plan de rigueur colossal. Face à la pression des marchés, Madrid a adopté un plan de rigueur qualifié d’historique, prévoyant plus de 100 milliards d’économies d’ici à 2014. Dès 2010, les pensions de retraite ont été gelées, les fonctionnaires ont vu leurs salaires baisser de 5 %, le “chèque bébé” (une aide à la natalité de 2 500 euros instaurée en 2007) a été supprimé.

D’autres mesures ont suivi : déremboursement de médicaments, “embauche zéro” dans la fonction publique, non-remplacement des départs en retraite, gel du smic, suppression de la prime de Noël des fonctionnaires (l’équivalent d’un mois de salaire), réduction de leurs jours de congé, du montant des indemnités de chômage, suppression des déductions fiscales pour l’achat d’un logement, augmentation de la TVA de 16 à 21 % en deux ans… Sans compter la réforme du travail qui a introduit un nouveau CDI assorti d’une période d’essai d’un an et permis aux entreprises en difficulté de baisser les salaires.

Allemagne : 86 milliards d’économies, après l’Agenda 2010. Le 14 mars 2003, dans une Allemagne qui compte 4 millions de chômeurs, le chancelier socialiste Gerhard Schröder annonce l’Agenda 2010, dans un discours resté célèbre : « Nous réduirons les prestations distribuées par l’État, nous favoriserons la responsabilité des individus et nous devrons exiger davantage de chacun. »

Les lois Hartz introduisant plus de flexibilité pour les employeurs sont promulguées, les indemnités de chômage sont moins généreuses, la période d’indemnisation maximale passe de trente-deux à douze mois. L’âge de la retraite est repoussé (à 67 ans), les remboursements des dépenses de santé deviennent plus sélectifs.

Au même moment, la France adoptait les 35 heures. L’Allemagne n’en a pas moins annoncé un sévère plan de rigueur en 2010 : 86 milliards d’économies en quatre ans, essentiellement fondé sur la maîtrise des dépenses.

Valeurs Actuelles - José Pochat

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Europe liberticide

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aupied 16/02/2013 02:56


donnez les preuves de se que vous avancez , sur votre commentaire merci

@FRANHENJAC 15/02/2013 20:36


L´évaluation du chomâge en Allemagne est fausse, puisque les Jobs à 1€ de l´heure n´apparaîssent pas dans ces chiffres, ainsi que tout les Hartz 4, entreprenant un séminaire de réinsération. Donc
votre analyse n´est pas réelle !