L'Europe intégrée au milieu du gué - par Gérard Brazon

Publié le 14 Juin 2011

L’Europe au milieu du gué est le titre  d’un article paru en français dans le New York Times du 11 juin par Roger Cohen.

Qu’est-ce que cette Europe au milieu du gué ? Car être "au milieu du gué" signifie forcément qu’il y a deux rives. Pour Roger Cohen (journaliste économique au New York Time) il y a la bonne et la mauvaise rive. La bonne étant pour lui la mondialisation, la technologie étant le moteur d’un monde de plus en plus connecté et l’autre rive, celle que l’on devrait quitter. Celle des états nations dépassés, obsolètes.

Roger Cohen se félicité de la demande de Jean Claude Trichet (Patron de la Banque Européenne) concernant un ministre européen des finances ayant la main sur les différentes politiques économiques des pays de la zone euro. Un super ministre de la finance qui tiendrait les décisions nationales comme, sans importance si celles-ci ne correspondaient pas à sa politique européenne.

En matière d’économie, nous n’avions déjà plus véritablement la main sur l’environnement économique, plus de possibilité d'interférer de la part d'Assemblées nationales ou de s’opposer au tout Europe. Bientôt plus de justice, tant la cour européenne est prégnante, plus du tout de marges de manœuvre sur l’immigration,  et ce ne serait pas encore suffisant, il faudrait que nos politiques économiques, taxes, impôts et décisions soient supervisés par un Ministre des finances européennes.

Nous avons déjà un « ministre des affaires étrangères » que personne ne connait, un Président de l’Europe inconnu et Jean Claude Trichet souhaite un ministre des finances ayant la main sur notre porte monnaie.

C’est beau l’Europe. Nous assistons à un empilement de décisionnaires qui ne sont pas élus par les peuples et ce ne serait pas encore suffisant. Une Assemblée européenne croupion où les élus sont les récupérés des élections nationales (du moins en France type Rachida Dati et autres), une commission européenne non élue, sorte de gouvernement ou les ministres se nomment « commissaires » (qui considère déjà que le SMIC français trop important freine la compétitivité de la France). Un conseil  des 27 représentants européens, en principe élus par les peuples, (Présidents, Chanceliers, 1er Ministre, etc.) véritablement décisionnaire, mais... le plus souvent, représentés par des technocrates coupés de la vie réelle. Ainsi qu'une myriade d’autres instances ou les représentants sont nommés.

L’Europe est une construction technocratique ou les peuples ne sont que des entités abstraits. Le bonheur des peuples sans son avis. De gré ou de force. C’est cette machine à broyer les cultures qui se trouve au milieu du gué. J’ai envie de dire qu’un tsunami serait le bienvenu. Sinon un bel orage qui ferait monter les eaux au point de renverser cette construction malfaisante et si peu européenne.

Au milieu du gué, car d’après Roger Cohen, journaliste économique, dès lors qu’il y a une monnaie unique (elle) ne peut survivre à long terme à des stratégies fiscales et budgétaires nationales différentes.  Cela à au moins le mérite d’être clair même si cette clarté n’a pas été émise lors du référendum instituant la monnaie unique.

L’Euro a toujours été un projet politique dont le but était de faire progresser l’Europe sur la voie de la fédérationnous dit Roger Cohen. En France, l’Europe nous a été vendu comme étant le moyen de la France d’être prégnante dans le monde. Nous nous sommes vite rendu compte que les Giscard, Mitterrand, Chirac et Sarkozy nous ont menti à ce sujet. La France n’a jamais été aussi peu prégnante dans le monde que depuis que celle-ci a abandonné la politique du général Charles de Gaulle d’indépendance. Aucun de ces Présidents nous a dit que la monnaie unique était une pierre de plus à la construction d’une fédération européenne ou les nations ne seraient plus qu’un souvenir, un regret d’attardés mentaux, des nostalgies d’historiens d’un monde « dépassé  et obsolète ».

Les européens se sont cabrés ! Si bien que le continent est au milieu du gué. Les politiques nationales (ou la mauvaise gestion grecque) nuise à la monnaie unique. On pourra remarquer que pour ce journaliste américain, la politique économique nationale est assimilée à de la mauvaise gestion. Que les différents gouvernements grecs de droite comme de gauche ont eu une gestion désastreuse appuyées sur le mensonge économique fait au peuple grec, que ces responsables politiques grecs ont manqué de courage politique  n’est sans doute pas recevable pour lui. C’est de la mauvaise gestion parce que… nationale ! Le parti pris et clair, l’a priori sans appel !

A certains égards, ce problème  est familier. La technologie, par le biais de la communication instantanée, et des médias sociaux a crée un monde globalisé, mais les nations rechignent à renoncer à leur souveraineté.  Suit un comparatif avec les entreprises qui ne sont plus nationales et se développent à côté des nations sans avoir besoin d’elles. L’entreprise comme nouveau territoire ? C’est un peu la démarche intellectuelle de Roger Cohen. Le monde n’a jamais été aussi unifié dit-il ! A quoi bon les nations puisque leurs rôles est de fait, assumé par des entreprises et donc, de facto de leurs conseils d’administrations, des holdings, des marchés industriels et financiers ? A qui peut donc servir une nation avec des frontières, des règles, des lois, des coutumes. Tout ce qui peut freiner le libre échangisme est l’ennemi du bien ? En poussant son raisonnement, a quand le gouvernement mondial des entreprises et avec quelle planète entrer en concurrence demain ? Nous trouvons dans cet article les raisons qui font que l’entreprise n’a pas encore la suprématie sur les états nations.

 

Roger Cohen admet avec beaucoup de regrets que ce sont les états nations qui ont le vent en poupe. Pour lui c’est la logique de la tribu face à la poussée intégrative de la technologie. L’idée que des peuples puissent avoir envie de vivre comme ils le souhaitent ne l’effleure même pas. Pas un mot à ce sujet. De l’économie, de la technologie, mais pas de culture, pas de racines judéo-chrétiennes, ni latines, ni grecques ! Il conclue en affirmant : le moteur à l’origine de cette poussée (à l’intégration) n’a pas de marche arrière et à long terme, il prévaudra !

Nous voilà replonger dans le fantasme, disent-ils, de la World Company, et de l’Eurabia.

Les craintes des peuples européens sont pour le moment non écrites. Pour autant, ils comprennent confusément aujourd’hui, bien mieux demain que ce qu’ils vivent, n’est ni plus ni moins qu’une volonté de noyade de leurs différences, un meurtre prémédité de leurs cultures, un assassinat de leurs racines, un déracinement de leurs origines par un repeuplement massif, une éradication de leurs histoires des peuples afin que rien ne puisse se mettre en travers cette machine intégrationniste. Que rien ne puisse empêcher  une globalisation romantique voire passéiste des cultures à l'extrême rigueur, mais par la mort réelle de la force de ces  cultures vécues par les pilotes de cette machine comme autant de mauvaises herbes à arracher. Manger du pôt au feu sans états d'âme national, des nems sans chinoiserie, du couscous sans la kabylie. Quand vous êtes à l'étarnger et que vous passez devant un Mac-Do, c'est partout la même odeur. Manger du Mac-Do asseptisé et international sera-t-il le devenir des peuples? Non merci...

Prendre conscience que cette machine existe est déjà un plus.

Lutter contre cette machine en mettant en place des gouvernements réellement nationaux est encore mieux. Parce que l'état nation est ce qui est le plus proche de l'homme citoyen responsable.

Prendre langue avec des représentants  de partis politiques ayant la même conscience est important.

Il sera temps par la suite de construire une Europe des nations comme l’envisageait le général Charles de Gaulle. Défendons nos racines et refusons l'occupation! Je serai le 18 juin à 15 heures en haut des Champs Elysées avec Résistance Républicaine.

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Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Francis NERI 14/06/2011 19:45



"Prendre langue avec des représentants  de partis politiques ayant la même
conscience est important"


Oui et ...faisons en le tour...quels sont ils ? Citons les pour voir un peu !!


En France par exemple : L'UMP ? Le PS ? Le Front National ? D'autres encore qui aient une chance
au 2eme tour de 2012?


Lequel nous offre le verre le plus "à moitié plein" ?