L'Eurozone, une poudrière politique et économique.

Publié le 3 Juillet 2012

Ce matin j'ai rencontré un ami votant à gauche! Hé oui, je suis moins sectaire que la gauche en général et les socialistes en particulier et de ce fait, je parle à tous même si je ne partage pas leurs discours. Bref, je faisais remarquer - un brin taquin -  à ce syndicaliste de la CGT, combien il devait être heureux de ces dernières élections. Il n'en avait pas l'air et cherchait des solutions dans le nombre de têtes financières et bancaires à couper à coup de machette! Bigre...

Un rien pesant, je lui fis remarquer que s'il s'attendait à autre chose dans le domaine social et économique, c'est qu'il n'avait pas tout à fait compris que la Présidence de la République relevait plus d'un gouvernorat que d'un véritable pouvoir souverain. N'est-ce pas d'ailleurs François Mitterrand qui se vantait d'avoir été le dernier vrai Président de la République avant d'avoir donné (vendu?) la souveraineté à Bruxelles. Jacques Chirac n'a rien changé et Nicolas Sarkozy a enfoncé le clou avec le traité de Lisbonne. De droite comme de gauche, les cocus peuvent se compter.

Après son élection, le Flamby de service se rendit aux Etats-Unis, puis consulta les édiles européennes pour y recevoir sa feuille de route (formatage-formation?) pour les cinq prochaines années.

Car au fond, hormis la gestion du tout venant que reste-t-il au Président? Nous ne verrons guère de changement hormis sur le terrain politique et immigrationniste ce qui ne dérangent pas les vrais tenants du pouvoir!  Bien au contraire: moins de nation, plus de métissage, plus de multiculturalisme revient à moins de franchouillards et de souchiens en capacité de gêner la marche en avant de l'Eurabia.

Gérard Brazon

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La Chronique Agora

Dan Denning Quelqu'un aurait dû raconter à Angela Merkel l'histoire de Franz Ferdinand. L'archiduc d'Autriche fut assassiné le 28 juin 1914 -- il y a 98 ans presque jour pour jour - à Sarajevo par un Serbe de 19 ans nommé Gavrilo Princip. L'Europe, qui était déjà à l'époque une poudrière politique, a alors été précipitée dans la Grande Guerre. 

Certainement, Merkel connaît cette histoire, comme tout le monde. Mais nous ne pouvons nous empêcher de penser à cet événement lorsque nous lisons sa réponse à un document de sept pages écrit par le président du Conseil européen, Herman von Rompuy. Ce document plaide, entre autres, pour une banque centrale de l'Eurozone qui émettrait de la dette mutualisée. Cette proposition est appuyée par la France, l'Italie et l'Espagne.

La réponse de Merkel : "Il n'y aura pas d'euro-obligations aussi longtemps que je vivrai."'

Seule la chancelière allemande pose à ce jour le pré-requis d'une Europe fiscalement intégrée capable d'emprunter en s'adossant sur la note de crédit de l'Allemagne pour "une union budgétaire à part entière". Une solution simple pour les centristes et les étatistes est de se débarrasser de la chancelière allemande élue démocratiquement comme ils l'ont fait en Grèce et en France. Surveillez vos arrières, Frau Merkel !

 

Au-delà de l'histoire et la politique, les marchés ont frémi la semaine dernière à l'idée du sommet européen. Les marchés, dans leur sagesse naturelle collective exprimée à travers les cours, savent que le désendettement est déflationniste pour le prix des actifs financiers. Le combat d'arrière-garde des banques centrales et des gouvernements nationaux pour abaisser le prix du crédit et prendre la place de la demande du secteur privé peut retarder une contraction, mais ils ne l'empêcheront pas.

C'est là une guerre d'usure rude dans laquelle les banquiers offrent à leurs amis à Wall Street des tirs de couverture pour participer à des rallies sans risque sur des obligations d'Etat tout en débitant au public des foutaises. Ce n'est pas facile de fausser les prix naturels en abaissant le coût de l'argent. Cela brouille les signaux de prix sur lesquels les investisseurs se fient pour prendre leurs décisions de vente ou d'achat.

Ne sous-estimez pas la probabilité qu'apparaissent des événements inattendus. Mais il ne suffit pas de dire que le marché boursier est plus dangereux et volatil. Tout le monde sait cela et tout le monde peut le voir.

Dans un monde normal avec un marché normal, les cours d'aujourd'hui ne sont pas si différents des cours d'hier... et ceux de demain ne seront pas si différents de ceux d'aujourd'hui. On peut exprimer cela statistiquement grâce à l'écart-type. Dans un marché calme et normal, les prix quotidiens ne s'écartent pas radicalement de la tendance générale.

Mais les fluctuations radicales en un jour sur le marché boursier -- les grandes variations par rapport à la tendance des cours moyens -- deviennent de plus en plus fréquentes depuis l'éclatement de la bulle dessubprime américains en 2007. Ce que nous voulons signifier ici -- et pour intégrer l'analyse de trading dans votre réflexion -- est que le désendettement couplé avec un trading à haute fréquence et une instabilité monétaire génèrent de grands mouvements de va-et-vient quotidiens et hebdomadaires avec bien plus de probabilité que par le passé.

 

Si nous ne nous trompons pas sur ce point, vous verrez plus de grandes pointes sur les graphiques. Naturellement, les autorités en Europe et en Amérique veulent empêcher ces pointes. Ces pointes détruisent le niveau des retraites. Ils ébranlent également la confiance dans les marchés.

 

Sans être un chartiste, vous pouvez voir que le marché boursier est devenu moins stable. Peut-être ceci est-il dû à l'instabilité économique. Ou à l'instabilité monétaire. Ou peut-être est-ce le résultat de la croyance erronée que plus d'information, continuellement traitée par des ordinateurs et des cerveaux, conduit à de meilleures prises de décision. Cela nous conduit à tous réagir constamment, ce qui laisse de moins en moins de temps à une véritable réflexion.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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