L'exil fiscal crée de nouveaux flux sur le marché immobilier. Par Catherine Sabbah

Publié le 19 Janvier 2013

Par Catherine Sabbah 

Pas de chiffres, mais le départ d'entrepreneurs français serait une des raisons de l'abondance des stocks.

Depuis quelques mois, l'abondance inhabituelle s'expliquerait par le départ de Français pressés de délocaliser famille et entreprise vers la Belgique ou l'Angleterre pour échapper au fisc. «  L'exil lié à l'ISF existe depuis la création de cet impôt mais il s'est accéléré », pense Charles-Marie Jottras, le patron de Féau. Les vendeurs ne peuvent s'offrir le luxe d'attendre, il doivent témoigner de leur non-résidence quitte à apposer des scellés sur leur appartement vidé de tous ses meubles pour prouver qu'ils sont bien partis. Il est parfois plus simple de baisser ses prétentions.

Même si les deux plus grosses ventes de 2012, l'hôtel de Miramont et l'hôtel de La Salle, ont été signées par des Français, 30 % des acquéreurs des biens de 1 à 4 millions d'euros sont toujours des étrangers non résidents qui s'offrent un pied-à-terre souvent vide dix mois sur douze. Au-delà de cette somme, la proportion passe à 50 %, le tout concernant moins de 5 % des ventes d'immobilier à Paris. « Un appartement de prestige dans la capitale française demeure un placement sûr, ou un objet de collection, qui n'est pas touché par les changements législatifs ou fiscaux », affirme Thibault de Saint Vincent, le patron du réseau Barnes.

Ce n'est pas le cas des résidences secondaires dont le marché a commencé à chuter environ six mois avant la réforme des plus-values et ne devrait pas se relever compte tenu des nouvelles surtaxes votées en loi de Finances. Le haut de gamme est touché de plein fouet sans trop de conséquences pour les propriétaires assez fortunés pour conserver leurs biens. Les autres voient les prix s'effondrer, parfois de 50 %. «  A l'exception de Saint-Tropez ou Courchevel, de quelques autres destinations très cotées dont les marchés sont internationaux et très peu corrélés avec les politiques nationales, les régions françaises ne rencontrent plus aucun succès. Les étrangers souvent vendeurs ne trouvent pas preneurs et retirent leurs biens », analyse Thibault de Saint Vincent.

L'engouement de 2007 alors que les prix montaient partout en France est bien retombé. Les luxueuses maisons de campagne rencontrent les mêmes difficultés que les petites : il faut les mettre aux normes, les entretenir, y aller et y retourner. Au-delà de 400 mètres carrés toute surface supplémentaire est considérée comme un défaut coûteux.

 

 

Catherine SABBAH 
Journaliste 
csabbah@lesechos.fr

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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