L'homme, la femme et quoi d'autres? Par Paul-Marie Coûteaux

Publié le 24 Juillet 2011


Paul Marie Coûteaux - essayiste.

La récurrente controverse du “genre” s’affirme d’année en année comme l’une des plus profondes de notre temps ; sans doute les historiens la retiendront-ils pour ce qu’elle en révèle l’esprit même, au point qu’il faut sans cesse y revenir.

On sait que cette théorie entend gommer la spécificité de l’homme et de la femme, prônant à terme la “liberté” pour chaque individu de choisir son sexe. Venue des États-Unis, elle s’est peu à peu imposée en Europe du Nord (notamment au Parlement européen), ainsi qu’en Espagne, où le gouvernement Zapatero en a fait une affaire d’État, comme elle s’impose désormais en France, au point que, sur Internet et ailleurs, on ne demande plus aux consommateurs leur sexe mais leur “genre”, et que ladite théorie, déjà l’objet d’un enseignement obligatoire aux modernissimes “Sciences Po”, fera son apparition dans les manuels scolaires dès la rentrée prochaine – pour commencer, ceux de SVT en classe de première.

Pour la féministe états-unienne Judith Butler, dont l’ouvrage Trouble dans le genre, le Féminisme et la Subversion de l’identité(1990) est la bible du mouvement, l’affirmation d’une identité sexuelle procède d’une détermination objective par nature aliénante, d’une construction culturelle encombrée d’archaïsmes moraux (comprendre chrétiens), de laquelle la liberté commanderait de se débarrasser au bénéfice d’un « choix de construction individuelle ». Voilà résolues d’un coup la question de l’égalité homme-femme, celle de l’homosexualité et bien entendu celle du “trans-genre” car, dans la nouvelle cosmogonie, le “genre” aussi se transcende, l’homme ou plutôt l’individu du Nouvel Âge étant réputé libre de se choisir en toutes ses caractéristiques et de se changer comme il lui plaît…

Il est curieux que, à l’exception de journaux tels Valeurs actuellesl’Homme nouveau ou la Nef, les médias aient si peu rendu compte d’un mouvement (et désormais d’une décision gouvernementale) qui constitue une véritable rupture dans notre civilisation. Il est vrai que la traduction de gender par genre cache l’étendue de la question : par-delà celle des sexes, aussi fondatrice soit-elle, c’est l’idée même de nature (meilleure traduction, à mon sens, du terme gender) que l’existentialisme de l’âge marchand mine une fois encore par tous les bouts : s’il n’est plus de nature de la femme, plus de nature de l’enfant, plus de nature de l’homme, s’il n’est plus de nature tout court, rien n’est inviolable, et, selon le slogan triomphant de l’époque, “tout est possible”.

La très pédagogique affaire dite de la “vache folle”, qui révéla que la rationalisation économiste commandait de transformer des herbivores en carnivores, fit apercevoir les conséquences de cette dénaturation générale de l’univers et c’est à bon droit que des philosophes comme Alain Finkielkraut, inspiré par un salutaire réflexe platonicien, du moins essentialiste, qui est le ressort de notre civilisation grecque, latine et chrétienne, formèrent à la hâte le concept de “vachité” rappelant, à titre de protection minimale, la nature du malheureux bovidé.

Mais, à bien y regarder, c’est toute référence à “la nature des choses” qu’entend pulvériser la théorie du gender, et que pulvérise peu à peu le monde qu’elle ne fait que profiler, un monde où tout serait contingent, malléable à merci, jusqu’à l’homme lui-même, matière infiniment plastique : de cet existentialisme revisité qui affirme l’existence et finit par nier l’essence, procéderont toutes les “libertés” du monde à venir, celles des manipulations génétiques, depuis les OGM généralisés jusqu’à la reconstruction du génome humain, et finalement celles des identités elles-mêmes – conception de la liberté plus folle que la vache du même nom, où les choses, littéralement, ne sont plus et ne doivent plus être ce qu’elles sont.

Il est significatif que la question de l’identité soit aujourd’hui récurrente, comme celle du genre ou de la nature, et que devraient poser, s’ils l’étaient, les prétendus “écologistes”. Qui osera rappeler la nature de la femme et de la mère, de l’homme et du père, de l’enfant, de l’élève et du professeur – dans ce dérèglement général on entend par exemple des enseignants dire qu’ils “apprennent beaucoup de leurs élèves” alors que l’on aimerait tant l’inverse, qui serait conforme à la nature des choses… – , celle du gouvernant et celle du citoyen, etc. ? Qui rappellera la nature d’un fruit, d’un légume, d’une terre, l’identité d’une nation et de ceux qui en portent l’héritage – laquelle n’est pas affaire de papiers ou de dénomination plaquée pour les besoins de l’anarchie universelle, mais un Être ?

Vieille querelle certes, mais on aimerait que quelqu’un garde cette conscience d’un ordre inviolable du monde où, comme disait de Gaulle, « les choses [sont] ce qu’elles sont » (affirmant aussi : « Ne prétendons pas enfreindre la nature des choses ») – rappelant en somme les êtres à eux-mêmes au risque d’affronter le terrorisme d’une modernité totalitaire et démente. 

Paul-Marie Coûteaux

Valeurs Actuelles

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Epicure 24/07/2011 20:38



la théorie du Genre  (Gender theory)n'est juste et utilisable qu'en matière de psychologie mais pas en matière sociale:


si l'influence du milieu détermine pour partie ou tout certains comportements, un environnement pathologique ne peut recevoir le Label de Non Maladie (OMS-Homùoérotisme 1993) et elle ne saurait
expliquer à elle seule les choix d'objets qui sont déterminés par l'InConscient?.


Sinon, on doit admettre la Liberté de choix de tous les objets érotiques (et non pas Sexuels). Le sexe déterminant une finalité reproductrice.


On peut donc dépénaliser,  toutes affaires cessantes, la pédophilie, hétéro et homo-phile, la zoophilie, la nécrophilie, le sadisme et masochsime pervers, et toutes les déviations qui
seraient supposées être, selon nos thuriféraires de la Liberté de jouir sans entraves! (Sic?)des choix d'objets non pathologiques! Où est donc la frontière?


Cette attitude contemporaine est parfaitement Dénégatrice de la réalité psychique pourtant asez bien décodée depuis James, Piaget, Freud etc....


On est donc dans la démence...


Ce que dans la Bible on nomme l'autogénération (fantasme de n'être né que de soi-même, libre de toute antériorité et contrainte (mégalomanie) et la dénomination du Jour comme Nuit, et de la Nuit
comme Jour. Anciennes formes de tous les Négationnismes d'Inversion des valeurs, d'aujourd'hui!



Johanny 24/07/2011 19:02



Encore une fumeuse théorie intello-gélatineuse issue de cerveaux dignes de l'apprenti sorcier !