L'Iran envisage de poursuivre Hollywood en justice

Publié le 14 Mars 2013

Laurent Brayard // la voix de la Russie


'Операция ’Арго’' Бена Аффлек фильм

 
Photo : EPA

L’Iran se propose de poursuivre Hollywood à propos du film américain Argo de Ben Affleck. Cette nouvelle pourrait faire sourire mais les Iraniens prennent très au sérieux cette affaire. Les autorités iraniennes sont entrées en contact en France avec la célèbre avocate Isabelle Coutant-Peyre dans le but d’examiner les poursuites judiciaires à entamer contre le film américain, son réalisateur et à travers eux les Etats-Unis.

Cette avocate qui est en Iran pour discuter de toutes les éventualités est l’une des figures stars du Barreau français. Elle est une habituée des causes sulfureuses puisqu’elle est aussi l’avocate depuis 1984 du terroriste international vénézuélien Carlos surnommé aussi Le Chacal, de son vrai nom, Ilich Ramirez Sanchez. Cette avocate qui n’en est pas à ses premières armes a été à bonne école puisqu’elle fut l’associée du redouté Jacques Vergès, autre avocat célèbre s’il en est, des causes tendancieuses.

Il est intéressant de noter qu’Isabelle Coutant-Peyre s’est d’ailleurs finalement mariée avec le fameux terroriste en 2001 et selon le rite musulman. Depuis cette date elle a enchaîné la défense de dossiers particulièrement difficiles : Roger Garaudy condamné pour contestation de crimes contre l’Humanité, le militant breton Alain Solé, l’activiste noir Kémi Séba originaire du Bénin et condamné plusieurs fois pour incitation à la haine raciale (contre les blancs), le chef antisémite du gang des barbares Youssouf Fofana (qui l’a récusa) et enfin dernièrement en 2012, le père du terroriste islamiste Mohamed Merah ayant porté une plainte « pour le meurtre de son fils » supprimé par les hommes du RAID… que du beau monde !

Cette fois-ci il s’agirait donc de dénoncer le film Argocomme étant une atteinte à l’image de l’Iran et des Iraniens, considéré par Téhéran comme une basse propagande utilisée à des fins de politique internationale. En février dernier, le film qui a fait un triomphe durant la cérémonie des Oscars est actuellement interdit en Iran et n’a pas été diffusé dans ce pays. Les seuls moyens pour les ressortissants iraniens de le voir ce sont les réseaux de copies de DVD pirates. A l’heure actuelle, les Iraniens sont seulement entrés en contact avec «l’avocate du Diable ». Les formes possibles d’une action en justice ne sont pas vraiment encore très claires et restent à définir. Le film Argorelate un fait historique survenu à Téhéran en 1979, lorsque 52 Américains avaient été pris et gardé en otages durant une période de 444 jours. Six membres de l’ambassade américaine avaient toutefois pu trouver un refuge à l’ambassade du Canada, puis s’échapper du pays sous le couvert d’une fausse équipe de tournage d’Hollywood.

Cette action en justice se placerait dans la montée des tensions entre l’Occident et l’Iran au sujet des activités de ce dernier pays cherchant à développer un programme nucléaire civil. Les Etats-Unis et l’UE craignent que l’Iran ne soit en fait qu’à la recherche de la construction d’une arme atomique dans le contexte difficile qui existe au Proche et au Moyen-Orient. Israël menacé à plusieurs reprises d’extermination par l’Iran, certains milieux israéliens souhaiteraient une intervention militaire préventive, probablement aérienne pour détruire les installations suspectées de participer à l’enrichissement de l’uranium nécessaire et à la réalisation d’une première arme nucléaire. Cette suspicion est attisée par le refus partiel de l’Iran de laisser l’organisation internationale de surveillance du nucléaire, l’AIEA, de procéder à des investigations, des surveillances et des visites dans les sites iraniens.

Une série de mesures d’embargo, à l’encontre de l’Iran, avait été prise à la fois par l’UE et les Etats-Unis, notamment sur l’achat de produits pétroliers iraniens, mais le bras de fer ne cesse de se poursuivre sur d’autres terrains. L’Iran a annoncé au cours de l’année 2012, avoir supprimé plusieurs agents israéliens et que des tentatives d’assassinats étaient projetées contre d’éminents chercheurs iraniens spécialistes du nucléaire. L’Iran a également annoncé à plusieurs reprises avoir capturé des drones américains détournés et une guerre cybernétique entre les deux parties semble être en court via la propagation de virus dévastateurs qui ont déjà paralysé des sites iraniens. La guerre de propagande entre les deux camps se poursuit donc activement, l’annonce de ces éventuelles poursuites contre le film Argoest une réponse parallèle de l’Iran annonçant à nouveau son désir de ne pas se laisser faire.

Le choix d’une avocate française est également un choix tactique intelligent. La France est en effet l’un des membres de l’UE, et non des moindres et un des alliés des Américains parmi les plus proches. De surcroit, elle est revenue également sous Nicolas Sarkozy dans le giron du commandement uni de l’OTAN. C’est pourquoi, en relayant une action judiciaire via la France et une avocate aussi célèbre qu’Isabelle Coutant-Peyre, l’Iran frappera également par le pays des droits de l’Homme, de la déclaration des droits du citoyen, la patrie de la Grande révolution, celle de 1789. L’Iran s’assure ainsi un double effet qui pourrait bien devoir être pris au sérieux à Hollywood et par les producteurs et le réalisateur du film Argo. Si tel était le cas, l’argent ne semble pas manquer pour entretenir, d’un côté comme de l’autre, une longue procédure dont le but est avant tout de créer une plate-forme d’expression afin de montrer du doigt « l’ennemi ».

Au-delà du film, l’Iran pourrait toutefois faire ici une grave erreur en oubliant la liberté d’expression, et la liberté de penser qui dans ce cas sont des armes autrement plus puissantes que la force de frappe nucléaire. En se plaçant résolument et à la face du monde, contre une production cinématographique aussi reconnue, l’Iran pourrait bien se retrouver taxer de lutter non pas contre de la propagande mais contre la liberté d’expression et d’opinion elle-même. Toutefois, le but secondaire pourrait aussi bien être celui de s’attaquer au symbole américain d’Hollywood, afin de désigner dans certaines parties du monde, un instrument « de propagande pernicieuse » et de communiquer sur la nocivité de l’ingérence de la culture américaine, via Hollywood mais aussi McDonald’s ou Coca Cola. Dans ce cas, il ne s’agirait donc que de creuser un peu plus un fossé déjà abyssal entre les deux mondes.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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Aaron 14/03/2013 23:09


Décidemment  la fameuse phrase de Michel Audiard va encore s'appliquer, mais cette fois aux barbus pouilleux de Téhéran et à  leur avocat ..."Les cons ça ose tout, et c'est à  cela
(ou pour cela) qu'on les reconnaît"....Je suis sur que ces pouilleux vont vouloir aussi me faire un procès...

Epicure 14/03/2013 13:49


Bon, cette Fameuse Avocate, elle a gagné combien de procès??????????


Elle vit de quoi au juste????


Elle est commandité par qui ?????


Cela n'intéresse pas la Justice française ni le sdec dcri ou autre foutus sigles qui changent tout le temps pour nous faire croire qu'ils changent de nullité....


Bon ils infiltrent et arrêteznt quand même du monde;..mais on ne nous le dit pas pour ne pas "désespérer Billancourt"?


Que l'iran laisse ses plumes dans un procès qu'il ne gagnera jamais et qui le ridiculisera.  Parfait!