“L’islam est-il une menace pour l’Occident ?” sur Enquêtes et Débats

Publié le 15 Août 2012

Le constat éclairant que non seulement l'islam s'installe dans toutes les têtes mais qu'il interdit de fait les critiques à son encontre et les applaudissements envers les contradicteurs de cette dictature.

 

Si dans une foule vous ne pouvez plus intervenir, applaudir parce que vous êtes minoritaire, c'est la preuve que la démocratie est en panne, que la dictature de la pensée dominante se met en place.

 

Je me souviens lors d'une fête à Grande-Terre en Guadeloupe où un présentateur quasi blanc parlait de ses frères noirs. J'ai levé le doigt pour lui demander ce qu'il en était du sang de ses frères blancs qui coulait également dans ses veines. Des amis antillais qui partageaient mon opinion m'ont demandé de ne pas le faire... tout simplement. L'autocensure était patente! Pas de vagues, pas d'histoires puis un jour il est trop tard!

 

Gérard Brazon

 

Sur Enquête et Débats

Peu après la tragédie d’Utoya, qui vit le massacre par Andreas Breivik de plus de 70 jeunes qu’il accusait d’être de gauche, le Alnor Senter à Tromsø (Norvège) et la United Nations Association organisèrent un débat qui devrait être montré partout, et que nous venons seulement de découvrir. Il eut lieu en novembre 2011. (...) Nous en commentons les temps forts et ce qu’il convient d’en retenir selon nous (vidéo en fin d'article en anglais et en deux partie).

Les participants sont : Fadel Soliman, directeur de la Fondation Bridges ; Hege Storhaug, journaliste, auteur et militante des droits des femmes ; et enfin Jonas Jakobsen, diplômé d’un PhD à l’University deTromsø.

Le thème du débat est : “L’islam est-il une menace pour l’Occident ?”

Comme souvent, les événements de l’actualité ont un effet boomerang bien plus important qu’on ne le pense parfois. Ainsi, le fiasco d’Outreau a rendu la parole des enfants qui se disent victimes de pédophiles quasiment inaudible, comme nous l’avons vu. De même, il semble évident avec ce débat que le drame d’Utoya a complètement libéré la parole islamiste (et serais-je même tenté de dire authentiquement musulmane), du moins en Norvège. Cette distinction islam/islamisme a-t-elle un sens quand les 57 pays membres de l’Organisation de la Conférence Islamique (et non islamiste) sont tous des dictatures, des théocraties ou les deux ?

Ce débat dont nous vous parlons aujourd’hui ne pourrait pas mieux illustrer cette réalité, de plus en plus commune aux pays où l’islam s’installe “paisiblement”. Ainsi, sur trois intervenants, deux vont défendre l’islam, une seule le critiquer, et surtout le public sera aux 9/10ème composé de pro-islam. On peut le jauger au niveau d’applaudissements que reçoit chacun des orateurs, mais aussi au moment des questions, d’où viennent les gens qui en posent. Afghanistan, Palestine, Erythrée, etc. En fait, toutes les questions posées seront critiques, voire haineuses, envers Hege Storhaug. Et l’on se demande dans quelle mesure les personnes islamo-critiques n’ont pas eu peur de poser une question, ou d’applaudir, quand elles ont entendu la teneur des discours à la tribune et les applaudissements qui leur faisaient suite. Ainsi, un simple applaudissement peut devenir un signe de ralliement à la critique de l’islam, donc au mieux de provocation, au pire de guerre, donc de représailles légitimes. Et voilà comment tous les éléments d’une guerre civile sont déjà présents, ici et maintenant en Europe, sans qu’on y ait fait attention.

Propos tenus à la tribune

Hege Storhaug a fait état de ses 20 ans d’expérience de militante féministe dans le monde musulman, où elle a pu constater l’écrasement de la femme et de ses droits sous les coups de boutoir de la charia, au Pakistan notamment, et dans tous les pays musulmans où elle a pu se rendre. Elle est restée factuelle tout au long de son exposé, citant par exemple la déclaration de l’OCI qui explique que les pays musulmans sont supérieurs aux autres tant qu’ils sont musulmans. Elle parla de l’abomination que constitue selon elle la charia pour les femmes, et principalement l’interdiction du divorce tandis que l’homme peut répudier la femme très facilement. Elle parla également des crimes d’honneur, de la perte de liberté d’expression, etc. Elle fut plusieurs fois huée, ne fut quasiment jamais applaudie, bien qu’étant la plus courageuse vu le contexte, et toutes les questions du public lui furent adressées (pour ne pas dire envoyées violemment à la figure), mais on ne lui donna pas le temps de répondre à toutes, même en quelques secondes. La parole fut plutôt et plus largement donnée à Fadel Soliman.

Fadel Soliman commence son discours de manière courtoise, en expliquant qu’il vient du Sri Lanka, et qu’il y a autant d’islam que de pays musulmans. Puis au fur et à mesure que le débat avance il montre son vrai visage : il défend une application stricte de la charia. Son argumentation est hallucinante, fasciste, extrémiste, inhumaine, barbare, ultra-machiste, manipulatrice, et certainement contraires aux lois ayant court en Norvège. Son argumentation est la suivante : la punition prescrite dans la charia de couper la main et le pied opposé du voleur est humaine, car elle permet à la personne ainsi châtiée par le châtiment d’Allah de continuer à être avec sa famille, contrairement au voleur ici en Occident qui sera mis en prison 10 ans ou plus. Vous ne rêvez pas, ce genre d’argument a pu être tenu dans un débat, en Occident, en 2011, sans générer la moindre bousculade, ni la moindre réaction, ni la moindre interdiction. Il fut même applaudi pour ses différentes prises de parole qui furent pour certaines aussi violentes. Il justifia ainsi clairement et sans ambiguïté la polygamie, en prenant l’exemple de sa tante qui a présenté une deuxième femme à son mari, afin qu’il se marie aussi avec elle. Elle sont devenues amies, et sont traitées de façon égalitaire par le mari, comme le Coran et la charia l’indiquent. Ces propos ne l’empêchèrent pas de comparer Hege à Al Qaida, prétendant qu’elle avait la même lecture du Coran qu’eux, à savoir extrémiste.

Enfin Jonas Jakobsen trouva le moyen d’accuser Hege d’être intolérante, fermée d’esprit, ce qui est “contraire à la démocratie”. Tout son discours consista à relativiser la violence de l’islam, et à justifier la légitimité du discours de Fadel Soliman. La seule critique qu’il osa émettre à son encontre fut la suivante, à la fin du débat, et sur la pointe des pieds : justifier que des pays musulmans sont supérieurs aux autres car musulmans, ce n’est pas très bien, et vouloir qu’un droit divin s’applique à nous en Occident n’est pas très bien, ici on préfère les lois faites par des humains, qu’on peut changer. Et si les hommes ont le droit d’avoir plusieurs femmes, pourquoi pas, à condition aussi que les femmes puissent avoir plusieurs hommes ! Rien sur les horreurs que Fadel Soliman avait pu prononcer avec un aplomb considérable et que j’ai décrites plus haut. Surtout, il lut des paroles de haine, en les attribuant d’abord à Mahomet, comme chacun pouvait le penser, puis en expliquant qu’il venait de citer Jésus et St Paul. On attendra longtemps les preuves des crimes d’honneur, du prophète meurtrier et de tant d’autres choses qui n’existent pas dans le christianisme, pas plus que les pays chrétiens ne sont aussi arriérés économiquement et socialement que les pays musulmans (même si le traitement des femmes ne fut pas vraiment enviable jusqu’à récemment en terre chrétienne, faut-il l’oublier). Bref, un bon gauchiste comme on les aime ici, coiffé à la punk, ne voyant même pas que devant lui se tient celui qui voudrait la perte de ses libertés fondamentales s’il était au pouvoir dans son pays (à commencer par le fait de pouvoir se coiffer ainsi).

L’Andalousie et quelques autres moyens d’endormir tout le monde

On retrouve dans ce débat beaucoup d’arguments employés par les plus virulents pour islamiser la terre entière, comme leur religion le leur dicte, l’islam étant prosélyte (comme le christianisme d’ailleurs). J’ai déjà mentionné la comparaison entre l’islamo-critique et le terroriste musulman. L’Andalousie ensuite, comme preuve que l’islam a apporté de la connaissance et de l’élévation au monde. Bizarrement, sur 1400 ans d’histoire, les musulmans n’auraient pas d’autres lieux géographiques, ni d’autres périodes historiques, qui prouveraient que l’islam élève l’humanité. Hege expliqua très clairement que l’Andalousie n’était en rien un modèle, les non-musulmans y ayant été soumis au statut de “dhimmi” (avec des droits inférieurs et spécifiques). Elle se demanda aussi pourquoi il y eut la Reconquista, qui renvoya les musulmans de là où ils venaient. Et ce qu’elle ne dit pas, c’est que l’Andalousie n’était pas que musulmane, mais surtout Berbère, atténuant ainsi considérablement l’effet destructeur de l’islam. Faut-il rappeler que les Berbères n’ont eu de cesse d’être islamisé de force et de résister à cette islamisation, jusqu’à ce jour, que ce soit en Kabylie, ou ailleurs au Maghreb ?

Autre argument pour dédouaner l’islam de ses méfaits : il y a autant d’islam que de pays musulmans, voire que de musulmans, donc critiquer l’islam n’est pas honnête, car on ne dit pas quel islam on critique, et souvent on ne critique pas le “véritable islam” (que personne ne peut définir). Ce genre d’argument est bien connu sous nos latitudes, depuis que le communisme y a fait son nid. En effet, une des grandes querelles intellectuelles du 20ème siècle a eu lieu entre communistes et anti-communistes, et a consisté à vouloir accuser ou dédouaner le communisme de ses méfaits. On sait maintenant qui avait raison… Et pourtant, cela n’empêche pas des musulmans de reprendre à leur compte l’un des arguments principaux des communistes, à savoir que l’islam est en fait incriticable : “C’est l’échappatoire coutumière : les abominations du socialisme réel sont présentées comme des déviations, trahisons, perversions du “vrai” communisme, lequel ne peut qu’émerger encore plus fort du flot des calomnies dont on l’accable.” (1)

Enfin, dernier argument, employé par l’universitaire norvégien cette fois, il ne faudrait pas juger par groupes, ce serait contraire à nos valeurs humanistes. J’attends donc que cet universitaire nous dise s’il convient de ne pas juger par groupes les scientologues, les fascistes ou les nazis, au hasard. Après tout, Heidegger était un des plus grands philosophes de son temps, cela ne dédouane pas pour autant le nazisme dont il a clairement fait parti, de 1933 à 1945, sans discontinuer le moins du monde. Cet exemple règle d’ailleurs un autre faux argument (qui ne fut pas employé dans ce débat), de l’islam qui a produit des grands savants, comme Averroès ou Avicenne. Avérroès fut d’ailleurs brûlé en place publique à cause de ses idées… “Suspecté d’hérésie, il n’aura pas de postérité en terre d’islam. Une part de son œuvre sera sauvée par les traducteurs juifs.” (2)

Comment l’Occident peut-il réagir face à ce genre de “débat” ?

Ici, nous militons pour la liberté d’expression totale, et grâce à elle nous pouvons détecter le genre de taré qui veulent imposer la charia au monde entier. Pour autant, cela ne doit pas nous empêcher de réagir clairement et sans ambiguïté aux horreurs proférées et qui sont clairement contraires aux deux derniers siècles depuis les Lumières, en France et dans le reste de l’Europe. Mon avis, et il n’engage que moi, serait que cette personne soit immédiatement saisie et renvoyée dans son pays, et qu’une interdiction de remettre les pieds sur le sol norvégien lui soit délivrée. Une sorte de fatwa occidentale, si vous voyez ce que je veux dire. Chacun ses armes, chacun sa civilisation. Mais laisser ce genre de propos être non seulement prononcés, mais de plus applaudis, alors que leur contestation est mise en minorité (quel symbole pour notre avenir!) et huée, est intolérable. Et l’on se demande, une fois le débat terminé, pourquoi des musulmans aussi déterminés à voir la charia mise en œuvre en Occident, plutôt que de s’en plaindre, ne vont pas vivre dans un pays où cette charia est déjà en place, puisque les pays où c’est le cas ne manquent pas ! C’est le legal U turn, le retour légal à 180° dont parle Ayaan Hirsi Ali dans ses conférences. Hélas, la réalité est la suivante : tous ces musulmans sont venus en Occident pour y trouver ce qui n’existe pas en islam, à savoir la liberté, d’une part, et la qualité de vie, d’autre part. On ne peut donc pas complètement leur en vouloir, mais on peut en vouloir aux dirigeants européens qui les laissent faire, et qui ne tirent aucune leçon de l’histoire pourtant récente. L’islam n’a pas permis à l’industrie, aux services, au capitalisme, à la liberté d’expression et à la libre entreprise de se développer, et c’est l’argument le plus probant contre l’islam. Tout comme les gens passaient de l’est à l’ouest pendant le temps béni du communisme, les gens vont de l’islam à l’Occident aujourd’hui, et pas l’inverse. L’homme suit son intérêt personnel, c’est un fait inhérent à sa condition.

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 (1) Jean-François Revel, préface de La littérature oubliée du socialisme, de Georges Watson, Nil éditions, 1999

(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Averro%C3%A8s

Partie 1 :

 

Partie 2 :

 

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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