L'islam mal vue à Tahiti ! "La Sharia faut pas charrier..."

Publié le 29 Juillet 2014

Une salle de prière qui ne peut ouvrir, un Imam interdit de sol américain, des réseaux sociaux qui s'emballent, mais qui donc est cet Imam et que veut-il? Quel Islam veut-il promouvoir en Polynésie? Alain Michon et Christian Deso l"ont interviewé pour vous.

L'Imam, Hicham El Berkani © POLYNESIE 1ERE-© POLYNESIE 1ERE L'Imam, Hicham El Berkani

Nouveau défilé contre l'Imam et l'Islam à Tahiti


Lors de la première manifestation, qui était à l'époque contre l'implantation d'une mosquée, la police ne recensait que 400 mobilisés, donc le mouvement né sur Facebook et les réseaux sociaux prend de l'ampleur. 

La revendication officielle de ce nouveau défilé était l'expulsion d’Hicham El-Barkani, l'imam auto-proclamé qui a pour projet de construire une Mosquée à Tahiti. Les manifestants accusent le jeune religieux formé en Egypte d'être partisan d'une ligne extrémiste de l'Islam. Dans le cortège, les slogans préférés concernaient le droit des femmes ou la liberté de boire de l'alcool, avec humour comme cette modification d'une fameuse chanson de bringue en "on descend de la montagne les titis à l'air". 

Au moins deux personnalités politiques étaient présentes dans le cortège, dont Eric Minardi le représentant régional du Front National et Sandra Lévy-Agami. "Ca fait 10 ans que je défend le droit des femmes. Je veux aussi défendre notre culture contre cet Islam salafiste que cet Imam prône chez nous" explique cette dernière. Lorsqu'on lui demande si une autre forme d'Islam serait acceptable, elle insiste sur le fait que "nous sommes une terre chrétienne et nous défendons les valeurs chrétiennes." 

Une autre membre du cortège, elle, pointe l'illégalité du Centre Islamique installé à Papeete. "Ils ne respectent pas nos lois, donc je défile. Je n'étais pas là à la première marche, et si ils nous respectaient peut-être que je ne serais pas là aujourd'hui." Une autre membre du cortège remarque : "nous sommes un peuple tolérant, et c'est eux qui essaient de s'imposer". 

Il faut dire qu'avant le démarrage du défilé, des consignes de modérations dans les attitudes et les propos ont été données. Malgré tout, certains membres du défilé ne cachent pas leur opposition pure et simple à l'islam, comme cet homme portant une pancarte à l'avant du cortège : "je défile pour éviter qu'on construise une Mosquée à Tahiti. Ils peuvent faire leur religion s'ils le veulent mais qu'on les voie le moins possible. Ils peuvent faire leur mosquée à Mururoa là-bas, on leur donne l'autorisation !" Un autre insiste plus directement, devant un micro : "il y a trop d'histoires, il a trop de choses qu'on voit, c'est de la merde cette religion. On n'en veut pas, c'est tout." 

L'organisation reçue par le Haut-Commissaire 

Romain Bonnard, un des organisateurs de cette manifestation et responsable de la page Facebook, a été reçu chez le haut-commissaire avec le responsable de la pétition contre l'Imam : "C'est vrai que beaucoup de gens sont contre les musulmans et contre l'Islam à cause de ce qu'il se passe à travers le monde, mais nous on essaie de calmer les esprits, de leur dire que c'est une religion comme une autre. Mais c'est vrai qu'elle a ses extrêmes et il faut y faire attention. Il ne faut pas confondre, il y a l'Islam extrême d'Hicham El-Barkani et on s'est élevé contre ça, mais il y a aussi un Islam modéré." (Il n'y a pas d'islam modéré. Il n'y a que l'islam et il suffit de regarder pour comprendre ce que produit cet islam. Voir la vidéo de Brigitte Gabriel à ce sujet sur les majorité pacifistes. Ndlr Gérard Brazon)


Quand on lui demande s'il serait ouvert à la construction d'une Mosquée gérée par un Islam modéré, il répond : "ça se discute avec le collectif. Nous, nous sommes d'accord pour parler avec les musulmans de Tahiti. Nous sommes ouverts à toute discussion et nous avons pris contact avec la communauté musulmane de Tahiti, pour savoir ce qu'ils pensent de Hicham El-Barkani." 

Malgré la mobilisation, ce défilé ne fait pas l'unanimité. Des spectateurs voyant défiler le cortège regrettent ainsi que le sens de l'accueil polynésien ne soit plus universel. Et l'influent père Christophe qui officie à la cathédrale de Papeete a cité le Pape François pour dénoncer, sur Internet, la manifestation qui passait juste devant son église : Nous chrétiens, nous devrions accueillir avec affection et respect les immigrés de l'Islam qui arrivent dans nos pays". (Encore un qui ne comprend rien à rien. Qu'il regarde du côté des 56 pays musulmans. Ils ont de la place pour les recevoir mais le but et de conquérir Tahiti. Affligeant. ndlr Gérard Brazon)

Vendredi, à la veille de cette marche sur la page Facebook "Cathédrale de Papeete", la communauté Catholique polynésienne rappelle le message du Pape François qui suggère aux fidèles d'éviter "d'odieuses généralisations" : "À l’heure ou certains polynésiens oublient la mesure dans leur réaction au sujet de l’Islam… il est bon de relire les propos du pape François pour éviter des dérapage dans les propos… ! La peur engendre la peur, la violence engendre la violence… Soyons semeur de paix !". 

(Cette communauté catholique devrait se renseigner sur ce qui se passe à Mossoul et se demander si à terme, elle se convertira à l'islam ou partira de Tahiti. Autant de naïveté confine à la bêtise. Ndlr Gérard Brazon)

> Lire aussi : Papeete ordonne la fermeture du Centre islamique de Tahiti

 

Vidéo de la première manifestation

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire d'Islam

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