l'obsolescence programmée ou comment limiter la durée de vie des produits

Publié le 22 Février 2011

         Si vous avez le temps un jour, voici un documentaire très intéressant sur "l'obsolescence programmée". En gros comment les industriels limitent volontairement la  durée de vie de leurs produits, pour que les objets durent le moins longtemps possible, et que tourne sans fin la grande roue de la consommation et de la croissance... avec tous les effets pervers immaginables.
          Vous y verrez comment on programme la durée de vie d’une imprimante en y insérant une puce qui compte le nombre de feuilles imprimées et, le nombre atteint, met en panne l’imprimante (Epson) ou comment dans l’ancienne Allemagne de l’est, les réfrigérateurs (et leurs ampoules) devaient durer 25 ans ou comment fut fabriquer une ampoule en 1981 de longue durée dans une usine qui fut fermée à la chute du mur de Berlin. Ou comment Apple a conçu des batteries à durée volontairement limitée pour les Ipod sans pouvoir les remplacer. 
Marie-Françoise Heuby

Un produit usé = un produit vendu ! Tourné aux quatre coins du monde, ce film enquête sur l'obsolescence programmée, concept vieux comme l'industrie mais toujours vivace. Une démonstration aussi implacable qu'éclairante.



Dans les pays occidentaux, on peste contre des produits bas de gamme qu'il faut remplacer sans arrêt. Tandis qu'au Ghana, on s'exaspère de ces déchets informatiques qui arrivent par conteneurs. Ce modèle de croissance aberrant qui pousse à produire et à jeter toujours plus ne date pas d'hier. Dès les années 1920, un concept redoutable a été mis au point : l'obsolescence programmée. "Un produit qui ne s'use pas est une tragédie pour les affaires", lisait-on en 1928 dans une revue spécialisée. Peu à peu, on contraint les ingénieurs à créer des produits qui s'usent plus vite pour accroître la demande des consommateurs.


Croissance folle
"À l'époque, le développement durable n'était pas au centre des préoccupations", rappelle Warner Philips, arrière-petit-fils des fondateurs de la marque du même nom. Mais alors que les ressources de la planète s'épuisent, rien n'a changé. "La logique est croître pour croître", note Serge Latouche, professeur émérite d'économie à l'université de Paris 11. Tournée en France, en Allemagne, en Espagne, au Ghana et aux États-Unis, nourrie de nombreuses archives et interviews, avec, pour fil conducteur, le test d'une imprimante récalcitrante, cette démonstration minutieuse débusque les avatars de l'obsolescence programmée et leurs répercussions. Elle esquisse aussi d'autres modèles économiques : de la décroissance, prônée par Serge Latouche, à une industrie qui produirait et recyclerait à l'infini, à l'image de la nature. Une investigation passionnante, qui, l'exaspération une fois passée, amorce la réflexion.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Faits Divers- Sociétés

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