L’UMP : de moins en moins idéologue, de plus en plus carriériste…

Publié le 3 Février 2014

Nicolas Sarkozy, qui affirme que s’il fait son retour en politique, ne passera pas par l’UMP pour se faire élire mais par un nouveau parti.

Par Corentin Balaine -Bd Voltaire

Ce 25 février 2014, lors du Conseil national de l’UMP, Jean-François Copé a déclaré : « Notre parti issu des sensibilités gaulliste, libérale et centriste est profondément européen. » Comment traduire cette phrase, si ce n’est que l’UMP est devenue un vague ramassis idéologique.

Qui pourrait dire à Jean-François Copé que ces termes associés en une même phrase relèvent d’antinomies flagrantes ! Associer le terme gaullisme au libéralisme est déjà économiquement improbable, tant de Gaulle voulait un État fort, social et juste. Associer les termes gaullisme et centrisme, cette frange politique qui ne sait pas se situer et qui fait l’apologie du fédéralisme européen. Et enfin, que traduire par le final de « profondément européen » si ce n’est qu’il cautionne l’Union européenne actuelle qui va vers le fédéralisme libéral.

La vérité est que Jean-François Copé a, comme le dit l’expression populaire, « le cul entre deux chaises ». Il voit petit à petit son aile droite s’en aller vers le FN, attirée par le programme sociétal, à l’image de l’ancien frontiste Guillaume Peltier. Il voit son aile gauche fédéraliste et libérale se faire absorber par l’UDI, attirant tous les euro-béats de son mouvement, certains soutenant même le pacte de responsabilité de François Hollande. Et enfin le peu de gaullistes restant se tourne petit à petit vers la ligne Florian Philippot du FN ou vers DLR, le mouvement de Nicolas Dupont-Aignan.

Si encore il y avait une bonne entente ! Eh bien non, des ténors du parti en ont décidé bien autrement. Alain Juppé ne s’est même pas présenté à ce Conseil national, jugeant que le parti prend un « tournant trop libéral ». Henri Guaino qualifie le mouvement de « Tintin au pays des Soviets » pour critiquer les dirigeants actuels du mouvement, dénonçant la faute irresponsable de l’investiture d’Alain Lamassoure, « partisan d’une Europe fédérale et ardent défenseur de l’Union européenne telle qu’elle se construit », et le soutien de François Bayrou à Pau pour les municipales. Et celui qui est plébiscité par les adhérents, Nicolas Sarkozy, qui affirme que s’il fait son retour en politique, ne passera pas par l’UMP pour se faire élire mais par un nouveau parti. Toutes ces énonciations personnelles traduisent d’elles-mêmes la fracture idéologique.

Alors, Jean-François Copé, que dire ? Si ce n’est que votre parti n’existe plus que pour exacerber le carriérisme, où les personnes sont prêtes à avaler des couleuvres au profit d’un poste… Vous vous dites héritier de la droite française et l’alternative à la politique du PS ? Le même discours à chaque alternance, pour au final faire la même politique. Il ne faudra pas venir se plaindre des conséquences.

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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Roban 05/02/2014 00:54


Alors qui ? Si vous espérez (comme moi) que MLP prenne le pouvoir, vous serez déçus, ni la gauche et pas plus la droite ne voteront pour elle au second tour !

Edomar 03/02/2014 16:35


25 février 2014 : on est pas un peu en avance là ? Bon, on va pas chipoter c'est l'esprit qui compte. On devrait peut-être leur rappeler ce qui s'est dit lors du congès de Villepinte en 1990.

LA GAULOISE 03/02/2014 14:41


CERTES JE PREFERE L UMP AU PS MAIS JE N OUBLIE PAS QUE SI ON EN EST Là C EST QUE QUELQUE PART SARKOSY A MAL FAIT SON JOB .

Walker 03/02/2014 12:06


Sarkosy fonde un nouveau parti ?
C' est un peu comme changer de selle, de roue, de pédales et de guidon sur une bicyclette ça restera toujours un vélo.