L'Union Nationale, doux rêve commode

Publié le 25 Avril 2013

Après François Bayrou et Benoist Apparu, François Fillon plaide pour un gouvernement d'union nationale. Leur constat : Hollande est dans l'impasse.

L'union nationale fait partie de ces éternels rêves français qui surgissent en temps troublés. Ce serait tellement mieux des élus sans arrière-pensées et une politique consensuelle !

La crise persistante et les records d'impopularité de François Hollande ressuscitent depuis peu le concept. Après François Bayrou (président du Modem) et Benoist Apparu (ancien ministre UMP), c'est François Fillon qui a rejoint l'idée hier. « François Hollande devrait réfléchir à une politique qui soit centrale, pouvant être soutenue par une partie de la droite et une partie de la gauche », a-t-il expliqué dans « Les Echos ».

Les modalités sont différentes, mais, dans les trois cas, la proposition vient de l'opposition et part d'un double constat. La politique économique conduite par François Hollande mène le pays au « désastre » ; avec une popularité à 25 %, le président n'a même plus la capacité politique d'imposer le changement de cap réformateur nécessaire. Il lui faut donc « renverser la table », selon Benoist Apparu, trouver les voies d'un choc politique susceptible de lui redonner des marges de manoeuvre. La critique est-elle terriblement lucide ou féroce ? Elle est les deux à la fois, sans doute, et c'est bien l'ambiguïté qui condamne à chaque fois le doux rêve d'union. Les hommes qui le proposent ont raison sur le fond. La violence du pays (telle qu'elle s'est exprimée sur le mariage pour tous notamment) et la défiance des Français pour leurs élites politiques imposent un sursaut national dépassant les jeux politiques. Mais ces mêmes hommes sont acteurs majeurs du jeu politique. François Bayrou a beau s'en défendre, il est difficile de croire qu'il ne se verrait pas en Premier ministre de consensus remettant le pays sur les rails. Dans la partie compliquée qu'il a engagée pour 2017, François Fillon rivalise avec Jean-François Copé de critiques à l'égard de François Hollande. Il dessine aussi subtilement une voie moins à droite que celle de son rival pour l'UMP, plus« centrale », le mot qu'il prête à Hollande s'applique à lui aussi. Le moment est particulièrement choisi : les manifestations anti-mariage pour tous ont conforté ceux qui, au sein de l'UMP, poussent à une droitisation assumée du parti.

ccornudet@lesechos.fr

Cécile Cornudet, Les Echos

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Pivoine 25/04/2013 18:37


Avec de tels zigotos, il n'y a rien à espérer d'une "union nationale" !