La camerounaise Leonora Miano annonce aux Européens leur inévitable disparition.

Publié le 12 Novembre 2013

Tout comme Jean Pavé, j'ai vu cette émission et j'en suis resté consterné. Voilà donc une femme qui a guère parlé de son livre mais nous a annoncé la disparition de notre civilisation.

Elle veut nous mettre en face d'une réalité dit-elle qui est le retour du bâton colonialiste.

En gros elle dit: "Vous êtes venu et vous avez bousculé l'ordre des choses et la culture des peuples subsahariens et ils font avec depuis. Vous allez faire avec également et le peuple français changera, il a déjà changé."

Elle a obtenu le prix Femina français. On se demande ce qu'elle a obtenu ou aurait obtenu au Cameroun. Dans sa déclaration, elle oublie la part que les européens ont pris dans l'arrêt de l'esclavage qui était un fait culturel à l'époque.

Au delà des quatre siècles d'achats d'esclaves par les négriers blancs, il y a quatorze siècles de razzias arabo-musulmane. Il y a des siècles de captures de noirs, hommes, femmes et enfants par des tribus voisines noirs également, et vendus par eux.

Ce sont ces années sombres qu'elle devrait décrire également. Mais il lui faudrait remettre en cause ses propres origines et c'est tellement plus facile de s'attaquer aux blancs culpabilisés.

Gérard Brazon

Jean Pavée  Par Jean Pavée pour Riposte-Laïque

Tous ceux qui ont vu vendredi dernier l’émission de Frédéric Taddéi, Ce soir ou jamais, (1) ont été stupéfaits des propos tenus par la lauréate du dernier prix Fémina, la Camerounaise  Léonora Miano. Cet écrivain nous a asséné, à nous, les citoyens inquiets des conséquences du « grand remplacement » migratoire en cours, que ce processus de substitution culturelle sur un territoire était bien entrepris.

Ceux « qui souffrent de voir le monde changer autour d’eux, de voir leur culture, peut-être disparaître », « [ceux qui ont] peur d’être minoritaires culturellement, [ne doivent pas avoir] peur de quelque chose qui va se passer ; […] ça s’appelle une mutation [...]. Je crois que ça va se passer, que l’Europe va muter, est en train de muter ».

Le tout fut asséné tranquillement, le plus naturellement du monde, mais sur un ton hautain et condescendant avec la morgue de celle qui sait. Elle a trouvé le moyen de faire paraître l’habituellement logorrhéique et agitée Rokhaya Diallo, présente également sur le plateau, pour une intervenante posée et mesurée. C’est tout dire.

L’avantage de Léonarda, pardon Léonora, c’est que justement, comme Léonarda, elle fait preuve de franchise. Elle nous dévoile l’avenir de la France tel qu’elle le perçoit, et elle nous en fait part avec une sincérité brutale. Même si pour les lecteurs de Riposte Laïque, ce n’est pas vraiment un scoop, puisque nous luttons pour ne pas voir ce sinistre présage se réaliser, il est toujours brutal de l’entendre dire, surtout quand c’est de la part de quelqu’un qui s’en félicite.

Sans doute, sachant qu’elle est en contact régulier avec le continent africain, par de réguliers voyages, constate-t-elle parfaitement que la volonté de millions d’Africains d’émigrer vers l’Europe n’est pas près de se tarir. Et observant le peu d’empressement européen de s’y opposer jusque-là, elle peut logiquement pronostiquer l’issue du grand remplacement : la mise en minorité des différentes cultures nationales européennes ; elle s’aventure même à imaginer leur disparition.

Cette Camerounaise, arrivée étudiante en France en 1991, n’est manifestement pas du tout attristée de l’éclipse de la culture française. La cause de ce détachement apparaît vite. Oubliant que nous vivons en 2013, Léonora Miano perçoit toujours la France comme une puissance coloniale.

Le ressentiment contre celle-ci anime toute sa réflexion, et ne lui permet pas de voir la métamorphose idéologique du pays dans lequel elle vit. Sa pensée anachronique se nourrit des quelques illusions que lui procure l’actualité : l’existence résiduelle de quelques milliers de racistes français lui permet d’entretenir un récit d’une réalité d’autrefois, devenue imaginaire, une France marquée par un profond racisme.

Léonora Miano, prix Fémina

Léonora Miano, prix Fémina

« C’est cela la colonisation, la disparition du monde connu et on ne peut pas avoir fait ça à tant de cultures et se dire que jamais une addition ne vous sera présentée. C’est impossible ». « Sur la disparition du monde connu on peut en parler de la disparition du monde connu dans plein d’espaces : les Amérindiens peuvent en parler, les Subsahariens peuvent en parler. » Bref, pour cette immigrée camerounaise, en France depuis 30 ans, si le monde connu des Européens disparaît, ce sera mérité pour eux, na ! A chacun son tour ; de toute façon, l’Afrique et l’Asie ont connu cela, et l’univers a continué à tourner. « [On a] une bonne nouvelle pour vous, on n’en meurt pas de la disparition du monde connu. » Quelle légèreté, et quel manque d’empathie de sa part, pour une culture française, dont une partie des élites l’a honorée. Il est vrai qu’elle semblait plus attirée par la culture américaine ayant opté pour des études de littérature américaine lors de son arrivée en France.

Ce qui est révélateur dans son raisonnement, c’est qu’une des caractéristiques décisives de la colonisation est la disparition du monde connu des autochtones, avant l’arrivée des colonisateurs. En faisant une telle analogie avec notre situation actuelle, elle reconnaît implicitement que la mutation culturelle en cours en Europe est analogue à une colonisation, même si l’objectif poursuivi individuellement par l’émigré, au moment de partir est de « survivre », comme elle le dit, et qu’il n’y a pas à l’origine de plan concerté.

Mais n’était-ce pas non plus, ce qui motivait les millions d’émigrés européens ayant fui leur pays au XIX° siècle : survivre ou vivre mieux. Bien entendu, Léonora Miano n’a pas dévoilé explicitement que la mission des immigrés était de coloniser l’Europe. Mais elle nous indique implicitement que la fonction de l’immigré est analogue à la fonction de l’ancien colonisateur européen. Aboutir à la suppression du monde connu de l’indigène.

Ceux qui refusent de l’admettre rétorqueront que ce mouvement colonisateur ne s’accompagne pas d’une volonté gouvernementale, telle qu’elle fut manifestée par les différentes puissances coloniales durant les siècles passés. Certes, mais il ne s’agit pas d’oublier que parfois certaines contrées furent colonisées par l’intermédiaire d’entreprises commerciales à l’image de la conquête d’une grande partie de l’Inde par la Compagnie française des Indes orientales, à l’initiative de Colbert, ou par son homologue anglaise.

Et à défaut d’initiative directe gouvernementale contemporaine, il est important de constater que les plus grands partisans des flux migratoires mondiaux actuels sont les acteurs d’une gouvernance mondiale comme l’ONU ou d’une autorité supranationale comme l’UE ; les principaux gouvernements occidentaux quant à eux restent complices par leur passivité.

De même, si aucun gouvernement de pays à forte émigration n’organise officiellement de façon planifiée une émigration, il n’en demeure pas moins que celle-ci est souvent encouragée et qu’il est rappelé aux migrants de garder des liens avec le pays d’origine. Ainsi le dirigeant turc Erdogan, devant 6000 Turcs à Paris, avait appelé les Turcs de France à demander la double nationalité pour être les « diplomates » de la Turquie en Europe et pour qu’ « en Europe les prénoms turcs augmentent. » (2)

Rachid Nekkaz, qui vient d’obtenir la suppression de sa nationalité française, et qui souhaite se présenter à l’élection présidentielle algérienne rappelle qu’ « [il n’a] pas de double allégeance. Les Algériens d’Algérie devraient faire confiance aux six millions d’Algériens [souvent binationaux] qui vivent aujourd’hui à l’étranger et qui ont un seul objectif servir l’intérêt de l’Algérie. » (3)

Pour en revenir à la logique de Miano, si un immigré refuse de s’assimiler, voire de s’intégrer, il contribue à l’effacement de la culture du pays d’accueil, agissant donc comme un ancien colonisateur. Par son accord à cette logique , elle rejoint l’extrémiste Houria Bouteldja, des Indigènes de la république : « Cette société, cet Etat, nous souhaitons le transformer, c’est la raison pour laquelle nous ne sommes pas intégrationnistes ». (4)

Revenant sur les propos abjects dont a été victime la ministre Taubira, l’écrivain camerounaise a la paranoïa sélective, insistant depuis la remise de son prix sur le fait qu’il n’y aurait que les personnes noires qui seraient animalisées (5) ; affirmation rééditée lors de l’émission de Taddéï. C’est pourtant oublier rapidement que dans son roman primé, La saison de l’ombreles Européens sont appelés « hommes aux pieds de poule » (6). Il est vrai que ce n’est pas en raison de leur physique, mais en référence au vêtement des premiers Européens, dont les jambes ressemblaient ainsi à des pattes d’oiseaux. Toujours est-il que l’usage récurrent du mot associe dans l’inconscient et la conscience de celui qui l’utilise une association de l’Européen à un animal.

Ce refus de sa part de l’intégration de l’immigré à la culture française est d’autant plus regrettable qu’elle confirme dans son roman que ces tribus africaines, au temps de la traite, étaient totalement étrangères les unes aux autresA l’image de ce qui se passe dans d’autres pays africains, aujourd’hui, « il existe au Cameroun d’importantes inimitiés tribales qui datent de la traite. Les gens de l’ouest savent que les populations côtières sont venues capturer les leurs. Ça explique la férocité surréaliste des rapports entre les Africains » (7).

Léonora Miano

Léonora Miano

Cette dysharmonie interethnique africaine devrait a contrario favoriser l’intégration à la République. Il est donc regrettable que Léonora Miano se prenne pour un démiurge. Elle souhaite créer une identité « afropéenne », regrettant que les Africains subsahariens et les « Afrodescendants » se connaissent mal et ne savent pas se parler, se rapprocher (8). Au lieu d’envisager le rapprochement entre Français d’origine européenne et Français ou immigrés d’origine africaine, l’écrivain camerounaise privilégie un autre choix, communautariste, qui contribue à la disparition du monde connu des Français, pour reprendre son expression.

En favorisant ainsi un communautarisme artificiel, puisque n’ayant aucun antécédent culturel, si ce n’est une couleur de peau commune, Léonora Miara est sur les traces de Calixthe Beyala, également écrivain, Française d’origine camerounaise. Cette dernière est la présidente du Mouvement des Africain-Français, la plus importante organisation des noirs de France avec ses 40 000 membres dont le premier congrès s’est tenu au Palais des congrès de Paris, le 14 avril 2012 en présence des personnalités du monde politique français qui matérialisent ainsi leur reniement de l’assimilation républicaine ; François Hollande, juste moins d’un mois avant son élection, en faisait partie.

Léonora Miano, au lieu d’entretenir son ressentiment, ferait bien d’œuvrer au développement de la culture française, qui, quoi qu’elle puisse en penser, est une des principales causes expliquant que la France contemporaine est ce qu’elle est. Et c’est avant tout cette France réelle qui est attractive aux yeux des nouveaux arrivants.

Que la culture française change profondément, et il est peu sûr que cette nouvelle France reste attractive. Mme Miano devrait s’inspirer d’Africains plus avisés, comme le Sénégalais Hamady Bocoum qui souligne qu’il est « important de construire un discours de prospective et de dépassement [du passé] ». Ou comme le Malien Yambo Ouologuen qui, dès 1968, avait revisité l’histoire africaine, insistant sur les horreurs de l’esclavage qui existaient sur le continent bien avant l’arrivée des Blancs, et qui est repris aujourd’hui par le Français d’origine congolaise Alain Mabanckou. (9)

En tout cas, Mme Miano se trompe si elle croit que les amoureux de la culture française resteront éternellement passifs face à la mise en minorité de leur culture. Il est hors de question pour eux de régler une pseudo « addition du colonialisme ». Elle constatera rapidement une opposition croissante à l’acte de décès qu’elle a bien hâtivement prononcé.

Jean Pavée

Emission Ce soir ou jamais du 08/11/13. Extrait de l’intervention de Léonora Miano :

« Les Français souffrent de voir le monde changer autour d’eux. Leur culture disparaîtra peut-être, moi ça m’intéresse beaucoup cette réflexion-là, si on la mène jusqu’à son terme. On commence par le commencement. On dira que les Subsahariens d’aujourd’hui par exemple ont vu déferler sur eux un monde qu’ils ne connaissaient pas et ils se débattent toujours avec, hein. C’est cela la colonisation, la disparition du monde connu et on ne peut pas avoir fait ça à tant de cultures et se dire que jamais une addition ne vous sera présentée. C’est impossible. Mais c’est l’histoire, c’est la conséquence de l’histoire.  Je pense que c’est un fait. Je pense que les gens ne comprennent pas le monde dans lequel ils doivent vivre dans certains espaces et qu’ils pensent que ce sera mieux ailleurs. Ils n’arrivent pas à quoi savoir en faire de ce monde qu’on leur a laissé et dont ils n’ont toujours pas les clefs. Ils essaient de survivre les gens.

(puis en réponse à Elisabeth Lévy) Peut-être que c’est exagéré, mais je le dis [...] ; sur la disparition du monde connu, on peut en parler de la disparition du monde connu dans plein d’espaces : les Amérindiens peuvent en parler, les Subsahariens peuvent en parler. Qui a fait disparaître le monde connu ? L’être humain cherche l’endroit où il peut survivre. Par exemple un espace comme l’Afrique subsaharienne n’appartient pas aux Subsahariens mais aux multinationales occidentales, et que c’est un droit pour les gens d’aller survivre ailleurs, et cet ailleurs c’est l’Europe pour eux, de manière logique ils vont venir avec leurs bagages identitaires, ce qu’il en reste du moins, parce que ces gens ne sont pas des coquilles vides ».

Elisabeth LEVY : « Il faut s’adapter un peu et faire comme les Romains à Rome.. »

Léonora MIANO : « Ils s’adaptent en restant eux-mêmes parce que c’est tout ce qu’il leur reste, ce petit bout d’identité. Quand on parle de la disparition du monde connu on ne dit jamais que d’autres l’ont connu avant, et ces autres qui l’ont vécu avant ont une bonne nouvelle pour vous, on n’en meurt pas de la disparition du monde connu. On invente autre chose et c’est cela qui est en train de se passer. Donc n’ayez pas peur, nous allons donc tous survivre à tout cela ».

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Aaron 13/11/2013 01:46


Un cauchemar, tant physique qu'intellectuel.....poubelle svp.Marci.

lucie 12/11/2013 16:26


Mme Miano porte en elle cette aigreur anti lancs colonialistes, etc.....on connait la chanson.


oui nous avons commis des erreurs, ni plus ni moins que d'autres peuples (peut-être même un peu moins que certains)


mais il est probable que si l'Afrique n'avait pas reçu un souffle autre des blancs, si imparfait soit-il :


- bien des noirs aujourd'hui encore seraient les esclaves des arabo musulmans à grande échelle,


- les pratiques de magie noire etc...qui font le bonheur du marabout local, seraient encore bien plus vivaces (avec toutes les répugnantes pratiques que cela comporte parfois)


-et je me demande quelle serait l'étendue du cannibalisme, puisqu'il aujourd'hui encore, il en existe de tristes résidus!


Quand à Mme la récompensée du Prix Médicis, elle pilerait le mil, le derrière par terre, serait sans doute analphabète et quatre fois plus grosse, grâce aux nombreuses maternités dont l'aurait
gratifié son auguste époux.


Il y a une Afrique rêvée, tout comme l'Orient.


la réalité est souvent beaucoup plus crue!

marie-plume 12/11/2013 15:53


Vous prêtez, les uns et les autres, beaucoup d'intérêt à cette petite dame qui manifeste un racisme outrecuidant, c'est une lapalissade, et personne n'a eu le courage ou l'honnêteté
intellectuelle de le lui faire remarquer? Il faut la laisser à ses fantasmes revolutionnaires, et pour ma part je boude ses livres ne portant pas dans mon coeur des gens, quels qu'ils soient!,
qui outragent ma patrie et mon pays... Ce sont des ingrats que la France, généreuse, a bien nourris, bien instruits , et qui pour monnaie de retour viennent la conspuer et la salir! Dehors! Prix
littéraire ou pas! Cette dame, bien enveloppée! ne craindra pas, d'ailleurs, la bise et les frimas prochains... Inadmissible!  

mika 12/11/2013 14:18


"Léonora Miano : sur la Colonisation  vous allez payer"


https://www.youtube.com/watch?v=ny5WSJmZJBk


 


"Et elle promet l'invasion migratoire forcée"



https://www.youtube.com/watch?v=_dw0Jz0atVU