La condamnation des Pussy Riot choque l'opinion internationale. Préface Nancy Verdier

Publié le 18 Août 2012

Derrière ce verdict, il y a l’ingérence du Patriarcat orthodoxe aux côtés de Vladimir Poutine, qui pour son troisième mandat renforce le système policier et cherche à recaser un régime nouvellement acquis aux valeurs démocratiques, à son ancienne place de dictature – sans l’aval du « prolétariat », qui lui espére toujours une véritable libéralisation du système. Ce verdict  sanctionne  la liberté d’expression des Pussy Riot, qui avec leurs chansons au style déjanté et leurs couleurs vives ont surtout voulu manifester contre la collusion de l’Eglise et du régime policier de Poutine. Mais ce verdict donne aussi raison aux réactions outragées et outrancières de l’Orthodoxie qui considère que cette manifestation est un « blasphème » contre l’Eglise.  
On est donc à la croisée des chemins : car la liberté d’expression ne peut exclure la liberté de critiquer une hiérarchie ecclesiastique et ses comportements. C’est à ce titre que l’affaire des Pussy Riot nous interpelle.  Il semble qu’en Russie, le régime prenne une option contraire aux valeurs démocratiques…..Mais qu’en est-il en France ? Pour l’heure les réactions politiques sont faibles et celles de l’opinion publique et des médias encore plus.
Des stars comme Madonna et d’autres ont immédiatement manifesté leur solidarité avec les jeunes femmes russes. Des manifestations ont lieu un peu partout dans le monde. En France, on est toujours dans l’attente d’une réaction dont celle de nos BoBos artistes si prompts à pousser la chansonnette  pour des causes plus « politiquement correctes ». Ils sont sans doute sur des plages du Sud à se faire dorer la croupe…ou plutôt, la liberté d’expression n’est pas (ou n’est plus ) leur combat et critiquer une religion leur devient insupportable, puisqu’en France, critiquer l’islam devient impossible.  Et comme nos BoBos ont acquis le langage convenu de la gôche caviar et de la dhimmitude ….on ne risque pas de les entendre sur ce chapitre….

Nancy VERDIER

RUSSIE

  

Les Pussy Riot ont été condamnées à deux ans de camp. Un verdict qui a profondément choqué l'opinion publique.

Les Pussy Riot montrent le jugement officiel les condamnant à deux ans de camp.

Les Pussy Riot montrent le jugement officiel les condamnant à deux ans de camp. 
Image: Keystone


Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, qui avaient chanté en février une «prière punk» dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine» du pouvoir, ont «violé l'ordre public» et «offensé les sentiments des croyants», sans exprimer de repentir, a déclaré la juge Marina Syrova.
Les trois jeunes femmes du groupe de punk rock russe Pussy Riot ont été condamnées vendredi chacune à deux ans de camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse». Le verdict a suscité de vives réactions, tant en Russie que sur le plan international.

Les six mois qu'elles ont passés en détention provisoire seront déduits de leur peine. Le parquet avait requis le 7 août trois ans de prison à leur encontre. Leurs avocats ont annoncé qu'ils allaient faire appel du verdict.

«C'est une honte! C'est une injustice!», ont crié plusieurs personnes dans la salle du tribunal à l'annonce de la sentence. Nadejda Tolokonnikova a souri en entendant sa condamnation.

Dans une interview publiée vendredi par le journal «Novaïa Gazeta», les jeunes femmes avaient indiqué qu'elles ne demanderaient pas au président Vladimir Poutine de les gracier. «C'est à lui de nous demander (...) de le gracier», avait déclaré Nadejda Tolokonnikova.

Aux abords du tribunal, environ 400 manifestants ont crié «Honte!» et «Fascistes!» La police, qui avait déployé un important dispositif autour du bâtiment, a interpellé plus de soixante partisans des Pussy Riot, dont le chef du Front de Gauche Sergueï Oudaltsov et l'ancien champion du monde d'échecs Garry Kasparov, emmenés dans des cars de police.

Résonance internationale

Sur la scène politique internationale également, les réactions ont fusé après l'énoncé de la condamnation, la résonance du procès ayant largement dépassé les frontières de la Russie.

La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne (UE), Catherine Ashton, s'est déclarée «profondément déçue par le verdict». «Cette sentence est disproportionnée», a-t-elle dit dans un communiqué.

Le ministère français des Affaires étrangères, le département d'Etat américain et le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), Jean-Claude Mignon, ont également dénoncé un verdict «disproportionné».

La chancelière allemande Angela Merkel a parlé d'un jugement «démesurément dur», qui n'est «pas en harmonie avec les valeurs européennes d'Etat de droit et de démocratie pour lesquelles la Russie s'est prononcé en tant que membre du Conseil de l'Europe».

Amnesty International a jugé pour sa part dans un communiqué que les trois membres du groupe punk étaient des «prisonnières de conscience, détenues uniquement pour avoir exprimé pacifiquement leurs convictions», appelant les autorités russes à annuler la condamnation et à les libérer.

Cent jours de Poutine

En Russie, plusieurs voix se sont également élevées, à l'annonce du verdict. Le délégué du Kremlin pour les droits de l'Homme Vladimir Loukine a jugé la condamnation «injuste».

Le blogueur anti-corruption Alexeï Navalny, un des chefs de file de l'opposition à Vladimir Poutine, a dénoncé un «anéantissement de la justice» et «un procès digne de l'Inquisition», selon Interfax.

L'Eglise orthodoxe russe a quant à elle prôné «la clémence» envers les trois jeunes femmes «dans l'espoir qu'elles renonceront à toute répétition de ce genre de sacrilège», indique-t-elle dans un communiqué.

Le jugement intervient la semaine même où Vladimir Poutine, ex- agent du KGB, a passé le cap des cent jours depuis son retour au Kremlin pour un troisième mandat présidentiel. Une période marquée par un renforcement du contrôle de la société civile afin de répondre à un mouvement de protestation inédit à son encontre.(ats/afp/Reuters/Newsnet)

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique étrangère

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Aaron 18/08/2012 23:32


Merci Claude Germain pour ce commentaire que je paratge pleinement.


Auraient-eles eu le courage de le faire dans une mosquée?J'en doute.


Pour en terminer il s'agit d'un fait divers relevant de la justice moscovite; la peine est légère.


Alors les Ashton, Madonna( seul le traine "ne lui est pas passé dessus") et autres peuvent continuer leurs piaillements...

Claude Germain V 18/08/2012 18:17


On peut penser ce que l'on veut du verdict .Si la Russie n'avait pasz Poutine en place ce pays serait en pleine deliquescence de tous les cotés .


Ce n'est pas que Poutine soit le sauveur parfait pour la Russie ,mais imaginez une queue-leu-leu de minis dictateurs en train de diriger ce pays a tours de roles .


Que celui qui peut faire mieux par les temps qui courrent aillent se proposer pour sauver la Sainte Russie .......entre le blabla et les actes il y a deux mondes .


Maintenant au sujet des jeunes revolutionnaires ,puisqu'elle avaient tant de G....le pour aller cracher dans une eglise + une de leur complice a coup de tronconneuse qui vient de scier une croix
en public ,elles n'avaient qu' a avoir le courage de faire la meme chose chez les camarades islamistes . Elles n'auraient pas eu le temps de faire le dixieme de ce qu'elle ont fait contre
l'Eglise Russe ,qu'elle auraient été dépecée et saignée  IMMEDIATEMENT COMME DE GROSSES PORCINES ......qu'on se le dise ......................