La Défense, l'EPAD, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, une dimension insoupçonnée, des conséquences.

Publié le 18 Janvier 2010

L’EPAD qu’est-ce que c’est ? Nous les Putéoliens nous ne connaissons de cet organisme que la désapprobation permanente. C’est notre vache à lait nous disent nos opposants.  Pour notre ville c’est en effet une source de revenus qui a permis à la ville d’être ce qu’elle est alors qu’elle était une ville abandonnée. Ancienne ville ouvrière, les usines disparurent peu à peu pour laisser la place à des friches ou des immeubles devenus insalubres. La population ne vivait que du discours habituel des socialistes de l’époque sur la vilainie du capitalisme et l’attente d’un jour nouveau qui verrait l’avènement de la justice sociale. C'est-à-dire plus tard...

C’est Charles Ceccaldi-Raynaud qui en 1969 impulsa une vision différente aidé en cela par le général Charles de Gaulle qui voulu faire de cet espace un grand lieu d’affaire.
La ville se modernisa. Je regrette que l’ancien Maire n’est pas fait, durant ses 35 ans de gestion, des transformations plus profondes et surtout plus rapide. Cette ville les méritait.
C’est son choix, sa volonté de créer une ville particulière qui consistait à garder au vieux Puteaux son caractère de ville de province adossée au modernisme le plus puissant : La Défense. Ce choix fût validé par de nombreuses élections municipales. Vox populi, vox dei.

Le nouveau Maire Joëlle Ceccaldi-Raynaud avance plus vite sur la voie de la modernité mais elle le fait avec l’héritage incontournable. Le bon et le mauvais.
Il est vrai que l’on peut se poser des questions car c'est en seulement deux mandats que le maire de Levallois-Perret a transformé sa ville de font en comble. La ville de Puteaux a pris son temps. Sans doute que la dimension humaine et sociale a fait la différence.

Aujourd’hui l’on reparle de l’EPAD. Jean Sarkozy a déclenché l’ire d’une certaine gauche et provoqué aussi l’incompréhension des français qui savent bien les difficultés de leurs enfants pour trouver un emploi voire un stage pour les étudiants y compris, de haut niveau. L’âge de Jean Sarkozy hormis ses qualités brillantes et le prof exceptionnel qu’il a eu ne pouvait pas laisser indifférent par rapport à la prétention d’être le Président de l’EPAD. Il est tout de même étonnant, même aujourd’hui en Janvier 2010 qu’aucun conseiller n’ait levé le doigt pour émettre cette pensée. Je ne suis pas sûr qu’être conseiller consiste à la fermer dès lors que l’on ne vous demande rien. Sans compter l’image désastreuse du "fait du Prince" dans la culture française.

C’est du passé. C’est Joëlle Ceccaldi-Raynaud que préside l’EPAD maintenant. Quels sont les enjeux ?

L’EPAD et ses responsables ont la haute main sur la forêt de gratte-ciel qui découpe l’horizon entre Neuilly-sur-Seine et la Grande Arche nous dit Olivier Drouin dans Capital.

Voici son article
 :

                   Créé en 1958 par le général de Gaulle, lorsque cette zone n’était qu’un vaste terrain vague ourlé de bidonvilles, l’Epad avait à l’origine pour mission de la transformer en un petit Manhattan parisien et de se dissoudre dans le paysage une fois l’ouvrage réalisé.

Un demi-siècle plus tard, la Défense pointe à la première place des centres d’affaires européens, avec 3 millions de mètres carrés de bureaux et 2 500 sièges d’entreprises.

Mais l’Epad n’a pas disparu pour autant.

Regroupés sur deux étages de la tour Opus 12, ses 72 salariés, en majorité architectes, urbanistes et ingénieurs, continuent inlassablement de tracer des rocades, de planter des espaces verts, de créer des parkings, de tirer des passerelles, bref, d’aménager l’espace urbain entre les buildings existants et à venir. Pas très excitant ?

Que si ! Car, à force de faire pousser les tours, l’Epad est devenue une véritable machine à cash. Certes, l’Etat et les collectivités locales ne lui accordent pas un centime de subvention pour alimenter son budget (115 millions d’euros en 2009). Et il ne reçoit pas non plus un sou de la taxe professionnelle versée par les entreprises présentes : bien qu’elles n’aient aucun pouvoir sur cette portion de leur territoire, classée zone d’Opération d’Intérêt National (O.I.N), ce sont les trois communes de Puteaux, Courbevoie et Nanterre qui encaissent cet impôt.

Mais l’établissement public se rattrape sur le business de l’immobilier : il gagne sa vie en vendant les terrains disponibles aux promoteurs.

Leur prix ? Il dépend du marché, bien sûr, mais aussi de la surface des bâtiments édifiés. Actuellement, ces «droits à construire» se négocient aux alentours de 1 500 euros le mètre carré (beaucoup plus pour les meilleurs emplacements), soit 50% de plus qu’en mars dernier, mais 50% de moins qu’avant la crise. Quand on sait qu’une banale construction dans le secteur atteint couramment 50 000 mètres carrés – la double tour Cœur Défense du défunt Lehman Brothers en représente à elle seule 190 000 – la moindre vente rapporte un bon paquet de millions à nos aménageurs.

Pour sa future salle des marchés, qui accueillera 3 500 traders avec armes et cravates à partir de 2011, la Société générale, par exemple, a dû lâcher cette année la bagatelle de 94 millions d’euros à l’Epad. Certes, une bonne partie de cet argent sera engloutie dans les gigantesques travaux d’aménagement planifiés par l’Epad : l’ humanisation du boulevard circulaire, avec trottoirs et commerces, devrait coûter 150 millions d’euros. Mais on comprend quand même pourquoi cette vache à lait peu ordinaire en fait saliver plus d’un dans les Hauts-de-Seine, et même à Paris…

Le problème, c’est que, pour pouvoir vendre des terrains, il faut en posséder. Or les 160 hectares du périmètre officiel de la Défense commencent à être saturés. Même s’il reste çà et là quelques dents creuses, et que certains immeubles peuvent être agrandis (le promoteur doit alors payer des droits sur les mètres carrés supplémentaires), les tours y sont désormais serrées comme des sardines.

Voilà pourquoi Nicolas Sarkozy a lancé en juillet 2005 un plan d’urgence pour sauver l’Epad. L’actuel hôte de l’Elysée était bien placé pour agir, car il cumulait alors les postes de ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, de président du conseil général des Hauts-de-Seine, et de… patron de l’Epad. En refondant le tracé du boulevard circulaire, qui dessert toute la zone, et en encourageant la destruction de buildings pas très élevés, Nicolas Sarkozy est d’abord parvenu à dégager de la place pour une dizaine de nouvelles tours totalisant 550 000 mètres carrés. Pas mal. A l’origine, leur construction devait s’échelonner jusqu’en 2015.

Mais, avec la crise, le programme a pris un peu de retard. Pour assurer vraiment l’avenir, il a sorti de son chapeau une martingale imparable : il a mis la main sur une fabuleuse réserve foncière de 320 nouveaux hectares (le double du périmètre actuel), située à Nanterre, juste derrière la Grande Arche. Jusqu’à présent, cette zone entrelardée de bretelles d’autoroute et de voies ferrées était gérée par un autre établissement public, baptisé Epasa (Etablissement public d’aménagement Seine-Arche) et présidé par le maire communiste de Nanterre, Patrick Jarry. Il aura suffi d’un décret ministériel pour le faire passer sous la coupe de l’Epad. «C’est une véritable OPA sur notre commune», tempête Jarry, en assurant qu’il défendra sa ville contre les tours inhumaines «rue par rue, s’il le faut».

Nota GB : Les trois maires des villes se sont opposées à cette fusion lors de leurs conseils municipaux réciproques même si cela ne mangeait pas de pain en effet :  il lui faudra beaucoup de courage, car son avis ne sera que consultatif : comme la Défense, la zone concernée a en effet été classée en O.I.N, si bien qu’elle relève de l’autorité de l’Etat.

Au reste, sans même attendre leur réunion officielle, l’Epad et l’Epasa ont depuis octobre 2008 un directeur général commun : Philippe Chaix, ex-conseiller UMP de Paris et ex-secrétaire général de la préfecture des Hauts-de-Seine. Un homme de confiance.
Le président de l’établissement public Joëlle Ceccaldi-Raynaud disposera donc d’un territoire trois fois plus étendu que son prédécesseur.

Une fois la croissance revenue, il n’aura donc guère de difficultés à récolter des milliards d’euros de «droits à construire». En revanche, il ne pourra plus compter sur les 11 millions d’euros de redevances payés chaque année par Vinci, le gestionnaire des seize parkings publics du secteur (24 300 places). Pour clarifier les missions de l’EPAD, l’Etat a en effet exigé l’année dernière qu’il abandonne toute activité d’exploitation pour se concentrer exclusivement sur son rôle d’aménageur.

Moyennant quoi, le 1er janvier 2009, les responsables de l’Epad ont dû transférer gracieusement la propriété de toutes leurs infrastructures (dalles, éclairages, parkings, passerelles, voiries, locaux techniques…) à un nouvel organisme étatique, l’EPGD (Etablissement public de gestion de la Défense), actuellement présidé par Patrick Devedjian, au titre de ses fonctions de patron du conseil général des Hauts-de-Seine.

«Les comptes étaient tellement embrouillés que cette division des tâches était devenue une mesure de salut public», se félicite la socialiste Marie-Laure Meyer, représentante du conseil régional au conseil d’administration de l’Epad.

Embrouillés, c’est le moins qu’on puisse dire : il y a deux ans, la Cour des comptes du regretté Philippe Seguin a fustigé «la permanence de nombreuses et graves anomalies comptables», dans les livres de l’Epad. Et dénoncé «les ambiguïtés et les irrégularités dans le financement des opérations et la conclusion des marchés» menés par l’établissement. Même si, de l’avis de l’intraitable sénateur Jean Arthuis, les choses se sont un peu améliorées depuis, certains dossiers ne brillent toujours pas par leur transparence.

Ainsi, par exemple, celui du faramineux projet Hermitage Plaza, (Voir mon article sur ces Tours jumelles) mené par le groupe de Saint-Pétersbourg Stroïmontage.

En jeu : deux tours jumelles de 323 mètres de haut (un de moins que la tour Eiffel, pour ne pas lui faire de l’ombre !) plantées près du pont de Neuilly, à la place de 250 logements sociaux, dont les occupants seront expulsés. Dessinées par la star de l’architecture britannique Norman Foster, elles abriteront des bureaux, mais aussi des appartements de grand luxe, un hôtel cinq étoiles et des boutiques ultrachics.

Le budget prévisionnel tournerait autour de 2 milliards d’euros. Problème : selon le «Saint Petersburg Times», Stroïmontage – dont le représentant à Paris, Emin Iskanderov, 32 ans, n’a pas souhaité rencontrer Capital – serait actuellement en proie à de graves difficultés financières. Au point d’être menacé par les banques d’être mis en dépôt de bilan. D’où tire-t-il son argent ? «Nous aussi, on se le demande, reconnaît-on à l’Epad. Mais, quand vous vendez un appartement, vous n’exigez pas un certificat de moralité de celui qui l’achète.» Dans ce cas…

Olivier Drouin


Il semble bien que notre Maire, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, soit sur un poste autrement plus important et plus exposé que l’on veut bien nous le dire. Sa responsabilité est forte. Nos petits opposants à Puteaux en ignorent certainement les dimensions.
Pour autant, elle n’a pas les mains libres pour sa ville et elle devra gérer dans l’intérêt général. Sa mission aura certes des conséquences pour celle-ci. Son action suscitera les interrogations diverses et variées des Putéoliens. Les années qui viennent, verront l’émergence d’une femme de poids dans le jeu politique des Hauts de Seine.
Dans tous les cas, elle ne pourra plus dire au sujet des aménagements et autres demandes « ce n’est pas moi c’est l’Epad » sans explications claires de texte.

Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Jean Pierre Joly 18/01/2010 18:46



Cher Gérard, ne soyons pas trop partisans. Les 35 ans du père
ont permis les réalisations de qualité de Joëlle. Toutefois, pour ma part, je ne prendrais jamais la ville de Levallois-Perret pour exemple, sans en connaître les dessous. Bien amicalement.
J-P Joly