La délinquance étrangère est une réalité mais chut, ce n'est pas de l'immigration...

Publié le 18 Décembre 2013

Pourquoi la France, avec l'Allemagne, la Suède, la Belgique et la Suisse, est-elle l'une des cibles privilégiées de la mafia géorgienne ?

 

"Parce que c'est encore un pays riche, avec des voies de communication rapide", explique un spécialiste des groupes criminels des pays de l'Est. Idéal pour des équipes habituées à parcourir des centaines de kilomètres en une journée ou une nuit. "Il nous arrive d'avoir un type signalé au fin fond de la Corrèze et, 24h plus tard, le même gaillard contrôlé en Allemagne !", rapporte un gendarme. 
 

A Morlaix, les enquêteurs avaient noté que les cambriolages se produisaient dans un rayon de 5 km autour de la quatre voies Brest-Rennes. "Cela leur permet de quitter très rapidement les lieux et de se fondre dans la circulation", pointe un autre gendarme. 

 

Portes françaises "plus faciles à ouvrir"

 
En France, encore, "il y a moins d'or qu'en Italie, mais les portes sont plus faciles à ouvrir", confiait récemment une Géorgienne à un enquêteur breton. "Ce n'est pas politiquement correct de le dire, mais la vraie raison qui les pousse à venir, c'est notre très généreux système d'aide médicale et sociale. Et aussi parce que notre système judiciaire est jugé très doux." Régulièrement, dans la bouche de Géorgiens, la France est effectivement présentée comme "le pays du lait et du miel". Au téléphone, les voleurs dans la loi se lâchent : "Viens en France, tu peux avoir 700 €, un logement gratuit et de la nourriture à l'œil", explique l'un d'eux. Un autre se vante de n'avoir "rien acheté" depuis son arrivée en France. 

Tuberculose et hépatites


"Ils connaissent tous les dispositifs d'aide et les procédures pour les demandes d'asile, détaille un enquêteur. En suivant les instructions qu'on leur a laissées, en ayant aussi recours à de nombreux alias (ils peuvent changer d'identité en Géorgie, c'est légal), ils savent qu'ils pourront circuler en France sans problème pendant au moins un an." Certains s'inoculeraient volontairement des maladies (tuberculose, hépatites, etc.) pour tenter de décrocher un visa. "Ces abus se font au détriment des vrais demandeurs. C'est terrible pour eux", gronde un gendarme.

 

 

Vory : icone du monde criminel


En Géorgie, et dans les pays de l'ex-Union soviétique, le vor est une icône du monde criminel, respecté par tous. L'origine de cette fraternité née dans les prisons remonte à l'époque tsariste. Pour être couronné vor, il faut justifier d'un passé judiciaire sanctionné par des passages en prison, et être coopté par au moins sept vory. Leur code d'honneur est très strict (rejet de l'État, obligation de vivre exclusivement d'activités criminelles, d'être régulièrement emprisonné, de ne pas fonder de famille, de ne pas posséder de biens...). Le manquement à ces obligations est en théorie puni de mort. 

Tatouages


Au début, réalisés en prison à partir d’un mélange de talons de bottes fondus, de sang et d’urine, les tatouages représentaient le curriculum vitae du criminel. Aujourd’hui, les codes sont devenus difficilement lisibles : tous les vory ne sont pas tatoués, et certains tatoués ne sont pas vory… Seule l’étoile à huit branches sur les épaules ou les genoux désigne de manière quasi certaine un vor (le code d’honneur fait obligation aux vory de décliner leur fonction si la police leur demande s’ils appartiennent à l’organisation criminelle).

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Faits Divers- Sociétés

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Pivoine 19/12/2013 12:42


Et dire qu'à chaque élection, la majorité vote pour les mêmes !