La démocratie, la Commission Jospin et tout ce qui ne va plus....Par Bruno Bertez

Publié le 25 Novembre 2012

Politique Friction du Samedi 24 Novembre 2012 : Toujours et encore sur la démocratie par Bruno Bertez

 Les deux affaires en cours devraient susciter  de vifs débats sur la vie politique, la démocratie et même le mode de sélection des élites en France.

Les deux affaires en cours, ce sont, bien entendu, l’une la désignation du président de l’UMP, l’autre l’audition de Sarkozy et son statut de témoin assisté.

On devrait même rajouter une troisième actualité, déjà oubliée, celle de la remise du Rapport de la Commission Jospin sur la Rénovation de la Vie Politique et la Déontologie.

En passant vous remarquez que l’on a utilisé le mot, rénovation, chargé de connotation positive, et que l’on escamote l’éthique, la moralisation pour parler crument. Ainsi le travail couteux de la Commission Jospin ressemble plus à celui de Balladur en 2000. Ses objectifs deviennent moins sulfureux, dangereux pour la classe politique, nous allions dire profession politique.

EN LIEN :  Le RAPPORT DE LA COMMISSION JOSPIN

 Puisque l’on escamote la morale, l’éthique, la déontologie, réintroduisons la. Nous rappelons que la moralisation de la vie politique est un problème constant, récurrent, et que bien sur il n’a jamais été traité, comme il se doit. A- t- on déjà vu des médecins réformer le Conseil de l’Ordre? Non bien sur. 

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

D’abord une évidence. Quand un dirigeant nomme une Commission, déjà les dés sont jetés, biaisés. Pourquoi ? Parce que le fait de nommer une Commission c’est déjà dégager en touche, mais surtout par ce que l’on nomme à la tète de la Commission quelqu’un dont on connait les idées. 

On comprend que Jospin ait été choisi, pourquoi ne pas être audacieux dans un autre domaine et nommer sa femme Agacinsky , philosophe qui pense sinon bien, du moins assez juste grâce à son ex- proximité avec Derrida, à la tète d’une commission sur le mariage homo et l’homoparentalité.? Chiche! 

Ensuite, le vrai problème à traiter est un problème d’en bas et non d’en haut; Les Français se détournent de la démocratie on le voit dans les votes, on le voit dans les enquêtes. Ils sont sans illusion et le fameux  »tous pourris », les terribles  »la démocratie c’est cause toujours », toutes ces exclamations se généralisent, gagnent, infectent la vie sociale. 

A un point tel que le soutien à ceux que le peuple désigne ne dure maintenant que quelques semaines. Cela nous fait penser à cette médaille de Jean d’Ormesson, mais on nous corrigera s’il vous plait, les Français aiment tellement le changement qu’ils pratiquent l’alternance simultanée. 

Quand nous regardons les conclusions des uns et des autres, examinons les propositions, nous nous apercevons que rien, absolument rien, ne va dans la bonne direction afin de redonner un sens au système politique. 

Le problème de la démocratie est structurel, c’est un système qui a beaucoup de défauts, déjà dans ses fondements, mais  surtout qui en a acquis de plus en plus au fur et à mesure de l’évolution sociale, des progrès de la communication, de l’influence de la propagande, de l’argent, etc.. . 

Parmi les évidences de tous temps il est de rigueur d’empêcher la professionnalisation de la politique. La politique doit cesser de pouvoir être un métier. 

La question du mensonge, de la tromperie des électeurs doit être examinée. La pratique du mensonge, des promesses dolosives, des omissions volontaires, des escamotages, des mystifications doit être battue en brèche. Elle ne peut l’être réglementairement, elle peut l’être par le développement de certains corps intermédiaires, la montée en puissance de contre-paroles et contre-pouvoirs. Jospin parle d’Autorité, de déontologie de la Vie Publique.

Cela peut être intéressant à condition que l’on dépasse le stade de la forme et que l’on aille au fond, à l’esprit. 

Parmi les musts, nous plaçons, pèle mêle : Le doublement des peines en toute matière de faute et délit financiers pour les élus et fonctionnaires, l’interdiction des pantouflages, tourniquets entre le Public et le Privé, le séquestre des biens de élus à par partir d’un certain niveau de responsabilité, la déclaration solennelle sur l’honneur des biens et des revenus des élus avec sanction en cas de parjure, comme aux états Unis, la limitation des frais de campagne électorales et leur contrôle effectif et non cosmétique? Création d’un vrai compte transparent de campagne, ou toute dépense et tout recette doit être inscrite avec les bénéficiaires et les origines ultimes, l’interdiction de ce que l’on appelle les échanges marchandises, prestations non chiffrées, suppression du scandaleux système des investitures, suppression du système des accréditations politiques pour les journalistes… 

Quand on aura fait la moitié de cela, on se sentira déjà mieux!

BRUNO BERTEZ Le Samedi 24 Novembre 2012

llustrations et mise en page by THE WOLF

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

Commenter cet article