La déontologie des médias français à la dérive. Par Eric Le Gall

Publié le 2 Février 2015

 Si nous faisons un rapide retour de ce qui se dit depuis le 7 janvier dernier, on peut douter de la déontologie de ceux qui nous informent.

 Par Eric Le Gall

Sauf dans les régimes totalitaires, nous n’avons jamais assisté à autant de contorsions chez ceux qui monopolisent la parole publique, pour nous faire prendre leurs fantasmes pour la réalité.

Le premier fantasme est celui d’une France désormais unie derrière son président charismatique et une majorité de gauche requinquée. Or, passé les premiers moments d’extase, la cote de popularité artificiellement regonflée de M. Hollande ne lui serait pas d’un quelconque secours si les élections présidentielles avaient lieu aujourd’hui. Selon deux sondages IFOP et CSA, il ne serait pas présent au second tour.

Le deuxième fantasme consiste à avancer que malgré les attentats islamistes, les Français feraient la part des choses entre l’islam, par nature modéré, et l’islamisme qui n’aurait rien à voir avec le premier. Or, de nombreux faits se sont produits, notamment dans les écoles et sur Internet. Ils montrent que la dichotomie islam/islamisme n’est pas aussi nette qu’on nous le dit. Ainsi, un écolier de huit ans s’est fait remarquer pour avoir répété dans sa classe ce qu’il doit entendre quotidiennement dans son environnement familial, à savoir qu’il était « avec les terroristes ». Passons sur le recours à la théorie du complot pour nier les faits. Le spectre de ce qui se dit dans certaines couches de la population va de la négation des faits à une approbation sans retenue des crimes perpétrés.

Les médias ont pourtant pris la précaution d’inviter systématiquement des membres de la communauté musulmane (Dounia Bouzar, Mohamed Sifaoui ou Malek Chebel, notamment) afin qu’ils exposent une parole présentable. Résultat : ils se font copieusement insulter, les qualificatifs utilisés étant « agent sioniste », « inculte », voire « fils de harki ».

Ce deuxième fantasme est contredit frontalement par un troisième, celui qui laisse accroire que les actes islamophobes connaîtraient une croissance exponentielle, en ce début d’année (sources : Observatoire national contre l’islamophobie).

Le dernier fantasme découle des précédents. C’est dire s’il est bancal. Les événements de janvier auraient affaibli le FN. Cette affirmation qui relève du sophisme nous est récitée par tous les médias. Le 31 janvier encore, sur Europe 1, Catherine Nay, sainte Blandine d’une UMP en flamme, affirmait que les sondages récents devaient être relativisés et que Marine Le Pen, en 2012, avait réalisé un moindre score que celui dont certains sondages l’avaient préalablement créditée. Après cinquante ans de carrière, voilà à quoi se réduisent les analyses d’une journaliste chevronnée.

Le milieu journalistique français verse désormais systématiquement dans l’incantation la plus saugrenue. Y croit-il vraiment ou fait-il semblant ? Toujours est-il que les Français, qui supportent ces analyses biscornues, doivent vraiment s’interroger.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Fascisme-socialiste français

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