La droite espère prendre sa revanche au Sénat

Publié le 9 Mars 2013

Par Jean-Baptiste GaratMis à jour le 08/03/2013 à 16:04 | publié le 07/03/2013 à 18:23 Réactions (25)
L'hémicycle du Sénat au Palais du Luxembourg à Paris.

L'hémicycle du Sénat au Palais du Luxembourg à Paris. Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro


178 sièges de sénateurs sont à renouveler en 2014.

Il est toujours délicat de tirer un enseignement national des élections municipales. Résultats agglomérés un peu artificiellement, victoires ou défaites dans les grandes villes, matchs symboliques viennent souvent fausser la perception globale de la plus locale des élections. Une des grilles de lecture possible est de mesurer l'impact des municipales sur un autre scrutin, celui des sénatoriales. En septembre 2014, six mois après les municipales, la Haute Assemblée sera renouvelée pour moitié. Les grands électeurs, qui choisiront leurs représentants au Palais du Luxembourg, sont pour l'essentiel (95 %) issus des conseils municipaux.

L'UMP ne perd pas cet objectif de vue. En pronostiquant une «grande vague bleue» aux municipales, Jean-François Copé espère renverser la courte majorité de gauche au Sénat. Et donner à la droite sa première victoire nationale depuis les défaites de la présidentielle et des législatives.

La symbolique est forte. En 2011, la gauche, le Parti socialiste en tête, avait fait de la prise du Sénat un signe avant-coureur des victoires à venir. «C'est un jour qui marquera l'histoire», s'était exclamé le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, en soulignant que la droite perdait la majorité pour la première fois depuis le début de la Ve République au Palais du Luxembourg. Encore candidat à la primaire socialiste, François Hollande se réjouissait lui de voir le prochain président de gauche pouvoir travailler avec une majorité au Sénat.

Un an et demi plus tard, le travail avec «la majorité au Sénat» se révèle plus compliqué qu'attendu. À la différence de l'Assemblée, le PS n'y dispose pas de majorité absolue. Avec six sièges seulement d'avance, impossible pour le gouvernement de décrocher la majorité des trois cinquièmes nécessaire à toute révision constitutionnelle sans accord avec une partie de l'opposition. Il doit également au jour le jour composer avec les groupes communiste, verts et radicaux de gauche. Le gouvernement a été plusieurs fois mis en minorité par la droite et les communistes associés.

Courte majorité

Cette courte majorité fait espérer à la droite un basculement en 2014 à la faveur d'un contexte économique et social difficile pour la majorité. À voir. La série soumise au renouvellement comprend les départements allant de l'Ain à l'Indre et ceux du Bas-Rhin au Territoire de Belfort (hors région parisienne), plus six sièges pour les Français de l'étranger. Sur les 178 sénateurs à renouveler, l'opposition prend plus de risques puisqu'elle remet en jeu 96 sièges contre 82 pour la majorité. L'UMP et les centristes craignent également que les modifications du mode de scrutin en cours d'examen ne jouent en leur défaveur. Le gouvernement Ayrault a choisi de rétablir la distribution des sièges à la proportionnelle dans les départements représentés par trois élus, contre quatre auparavant. Au total, 255 des 348 sénateurs seront désormais élus à la proportionnelle et 68 au scrutin uninominal qui a la faveur de la droite. Le projet de loi défendu par Manuel Valls augmente également le nombre de grands électeurs dans les communes de plus de 30.000 habitants «afin de permettre une meilleure représentation démographique des communes urbaines».

Centristes et UMP accusent depuis le gouvernement de «tripatouillages».Jean-Pierre Raffarin y voit cependant une raison d'espérer: «Ceux qui jouent avec les règles électorales sont toujours perdants, c'est pour ça que je peux vous annoncer notre victoire», a expliqué le sénateur de la Vienne sur Public Sénat. Avant d'esquisser un regret: «La gauche a bien compris le rôle du Sénat, peut-être plus que la droite la dernière fois.»

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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Pivoine 09/03/2013 22:13


Même si la "droite" l'emporte, je ne vois pas ce que ça va changer...

aziliz 09/03/2013 21:02


Il faut espérer que les Maires et les Conseils généraux n'aient pas la mémoire courte. Enfin pour ceux qui sont "normaux". Les autres, c'est à désespérer de l'humanité endoctrinée.