La Droite, la Gauche? Les français s'en moquent, ils veulent la Nation!

Publié le 9 Octobre 2011

On sait donc avec certitude depuis l’élection d’un socialiste à la présidence du Sénat que « Sarkozy est foutu » – d’ailleurs, c’est ce que pensent les Français qui, à force de l’entendre toute la journée, le répètent gentiment aux sondeurs.

Elisabeth Lévy

Le retrait de Jean-Louis Borloo – dont seuls les amis et encore pas tous pensaient qu’il irait jusqu’au bout – a suscité des analyses plus contrastées mais tout aussi catégoriques. « Bonne nouvelle pour l’Elysée », affirment les uns qui jurent avoir vu la main du président dans la culotte de leur sœur. « La droite a perdu son râteau à récolter les voix centristes », prétendent les autres – en particulier les centristes. Le forfait du maire de Valenciennes a en tout cas remis au goût du jour une grille de lecture séduisante à défaut d’être pertinente, puisqu’elle permet de détester Nicolas Sarkozy sans rejeter dans l’enfer du conservatisme et de la réaction la grosse moitié des Français qui a voté pour lui.

La droite, c’est comme le cholestérol, il y en a une bonne et une mauvaise, une qui offre des clopes et une qui donne des coups, une qui épouse au grand jour et une qui « flirte » dans les coins sombres – devinez avec qui. Citant Jean-François Copé qui a déclaré que l’UMP devait donner toute sa place à « cette sensibilité », Le Parisien précise entre parenthèses qu’il s’agit de la sensibilité « humaniste ». En clair, à la droite de Jean-Louis Borloo, on n’est pas vraiment humaniste. Il est vrai que la plupart des commentateurs incluent dans cette droite fréquentable tous ceux qui, à l’UMP, sont supposés s’opposer au « candidat naturel », voire être tapis en embuscade comme Alain Juppé qui ne doit pas en revenir de sa nouvelle popularité, dans le peuple médiatique en tout cas.

Logiquement, on dénonce donc régulièrement la « droitisation de la droite » qui serait incarnée par Patrick Buisson – lequel a surtout le tort de croire que l’électorat se saucissonne en parts de marché. La « droitisation », pour faire court, ça consiste à parler d’immigration, de sécurité et de drapeau, thèmes « nauséabonds » car contaminés pour des millénaires par le Front national – dans ces conditions, André Gerin et peut-être même Ségolène Royal devraient rapidement rallier le Président sortant. Et tant pis si ces thèmes intéressent les Français, en particulier ceux qui appartiennent aux classes populaires, y compris les rares dont le PS n’a pas encore réussi à se débarrasser. Tout le monde semble avoir oublié qu’une élection ne se gagne pas au centre, à gauche ou à droite, mais au peuple.

Au lieu de l’accuser de racisme, xénophobie, frilosité, on pourrait donc se demander ce qu’il veut, ce fichu peuple, pas ce qu’il veut qu’on lui dise, mais ce qu’il voudrait qu’on fasse. À moins qu’on n’ait pas très envie de le savoir. On risque en effet de découvrir qu’une grande partie des Français, quelles que soient leurs appartenances politiques et leurs origines géographico-culturelles, veulent rester un peuple, c’est-à-dire une collectivité qui décide de son avenir à l’intérieur de ses frontières.

Si la question de l’immigration est si sensible, ce n’est pas parce que les Français sont racistes, mais parce que depuis 30 ans, les bonnes âmes de droite et de gauche n’ont rien trouvé d’autre à en dire que le fait qu’elle était une « chance pour la France » – comme si un phénomène social d’une telle ampleur pouvait être décrété bon ou mauvais. Or, ce que redoutent beaucoup de citoyens comme vous-et-moi (c’est-à-dire pas seulement d’affreux lepénistes au couteau entre les dents), c’est que la France et les autres nations disparaissent parce que, contrairement aux ravis de la crèche européenne, ils savent qu’après les nations il n’y a rien, rien en tout cas qui puisse servir de cadre à la vie publique et à la démocratie. Autrement dit, la plupart des « gens ordinaires » n’ont pas besoin de lire Michéa pour comprendre que tout changement n’est pas synonyme de progrès et que l’effacement des frontières n’est pas une bonne nouvelle.

L’ennui, c’est que ce clivage qui prend ses racines dans l’anthropologie profonde ne permet nullement de distinguer la droite de la gauche. Une fois de plus, le peuple devra choisir, non pas entre deux familles idéologiques mais entre deux écuries électorales qui, au-delà des différences rhétoriques, finissent par mener peu ou prou la même politique puisqu’il n’y en pas d’autre. N’en déplaise à mon cher confrère, plutôt que de chercher à sauver la droite (ou la gauche), il s’agit peut-être de se délivrer une fois pour toute des ces signifiants dépourvus de référents. Alors, il est fort possible que les électeurs décident de changer d’écurie pour signifier leur déception mais ce sera sans grandes illusions. Le meilleur argument de la gauche reste le rejet de Nicolas Sarkozy. Et voilà pourquoi notre vie politique est muette.

Elisabeth Lévy - Causeur

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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francis Claude 10/10/2011 06:38



petite précision: c'est bien entendu en mon nom  que j'ai rédigé et publié cette réponse pas celui du FN.


j'oublais aussi de vous demandé votre solution c'est prut etre de resté au lit les jours de scrutin?.



francis Claude 10/10/2011 06:33



(c'est a dire pas seulement d'affreux lepénistes au couteau entre les dents), je suis un menbre du FN et si dans l'ensemble votre article vat tout a fait dans la ligne de ce parti républcains(il
semble bien d'ailleurs que vous ayez plaggié certains passage des paroles de MLP) pas grave cela prouve qu'elle a raison.Aussi vous nous critiquez a la limite de l'insulte, mais a part un bel
article quelle propositions de remplacement aux incapables avérés de gauche et de droite?rien a part ce coup de pieds en vache au FN. Alors si vous et beaucoup de citoyens redoutent MLP et le FN
vous iraient soit voter pour le bobo de gauche qui ce déttache ce matin, soit voter pour l'incapable Sarkosy, soit pour un des candidats amuse galerie et diviseurs qui vont ce presenté aux
Présidentielles et tous les maux que vous denoncez si justement vont s'amplifiés en 2012!!!



Gérard de Blotzheim 09/10/2011 20:25



A Elisabeth Lévy,


Ou se trouve la différence pour la ménagère lorsqu’elle se trouve chez le boucher : qu’elle soit de Gauche ou de Droite le prix du kg de
viande est le même !


Y a-t-il une différence pour un chômeur d’être de Droite ou de Gauche puisqu’il n’a pas d’emploi ?


Question identique pour un retraité ! Pour un malade ! Pour un jeune, pour un vieux, pour un très vieux !


Quelle différence marque clairement la manière dont le Pays, notre Nation est gérée par les politiques de Gauche comme de Droite ?
Aucune, un simple passe-passe de pouvoirs le temps d’endetter un peu plus notre Pays, de remplir les poches de ces chers politiciens, jamais responsables et toujours disponibles pour se servir au
passage…


C’est un gouvernement ni de Gauche ni de Droite qui doit venir aux rênes de la destinée de notre Nation. Un gouvernement qui prenne en
compte tous les besoins des Français et des Françaises. Ce petit jeu d’alternance qui coûte très cher à notre trésorerie, ce temps perdu et l’absence voulue de référendum sur les thèmes les plus
« brûlants ». Un gouvernement pour un Pays, tout un Pays, rien qu’un Pays, la France et non la France de ceux qui votent,  ceux de Droite
ceux de gauche, ceux qui ne votent pas et les autres… ce cinéma a fait son temps, les abysses sont à portée de nos finances, la France va bientôt mourir… Notre belle Nation, notre
« belle » Histoire notre culture.


La grand-messe est dite depuis longtemps, les servants sont aux postes, les peuples vont pleurer dans les chaumières…


Satan a fait son œuvre, l’argent le sang du diable inonde le monde. Pour en posséder, les hommes s’entre-tuent gaillardement au rythme
des "chansons" que nos politiques font passer sur les ondes…


Votre « causerie » m’est particulièrement agréable, Madame.


Gérard de Blotzheim