La femme: Dialogue Interculturel et interreligieux au Sénat

Publié le 3 Décembre 2009

                  
A l’invitation de l’Association A.D .I.C.R (Association du Dialogue Interculturel et interreligieux)
dans le cadre de Puteaux-Liban-Amitié, je suis allé au Sénat avec mes amis, Madame Artémis KAIROUS et Monsieur Moussa GHANEM.

Sur place, j’ai pu retrouver avec grand plaisir Patricia Attallah et Tania Kassis deux chanteuses franco-libanaise aux voix d’or et à la gentillese formidable, au coeur grand comme le Liban et la France réunis.


C’est Monsieur Adrien Gouteyron, Sénateur et Président du groupe interparlementaire d’amitié France-Liban qui nous reçut ainsi que Madame Samar Sassine présidente de l’ADICR.


3 sujets seront abordés
 :

1/ Femmes et éducation à la citoyenneté.

2/ Une approche féminine des codes de la famille.

3/ Pratique religieuse : Sphère Publique ou sphère Privé.

 

C’est par des messages de Irina Bokova directrice de l’UNESCO prononcé par la dynamique Samar SASSINE, très attaché à l'idée du dialogue, et un autre message de Xavier Darkos par Elisabeth Tomé que l’on aborda le premier sujet sur la femme et l'éducation à la citoyenneté.

Suivi d’un discours de Mona Safadi (Fondation SAFADI) que la séance s’est ouverte  sous la houlette de l’Ambassadeur de la ligue Arabe Nassif Hitti.

Il fût abordé la place de la femme dans les différentes sociétés des deux rives de la méditerranée ! Madame Bokova dans son message précisait l’importance de l’égalité des sexes, la lutte contre l’illettrisme facteur d’ignorance des lois et des règles, les arts, les médias, etc.

Madame Mona Safadi nous parla de la femme libanaise, de ses droits, des lois, sa citoyenneté tout en regrettant le fait que ce soit l’homme qui est l’autorité parentale et que la nationalité ne soit issu que de l’homme libanais!

Ce que j’ai compris c’est que la société politique libanaise est basé sur des quotas religieux et à, de plus, la singularité d’être composée de 18 communautés attachées à leurs particularismes. En effet, chaque communauté est régie par ses propres lois religieuses avec ses différents juges d’où l’extrême complication de la gestion de la société libanaise; Il me fût confirmé lors du débat que l'athéisme n'existait pas en tant communauté. Pour autant, il existe des partis politiques qui sont athée par définition.  

C’est sur cet équilibre que se construit cette société libanaise étonnante de dynamisme dans cette région du monde. Je crois avoir compris aussi, qu’il y a l’espoir pour la femme et qu’à terme, des lois civiles intercommunautaires, de type loi 1905 Française, puissent voir le jour pour aboutir à une société laïque. Mais ai-je tout compris ?

Monsieur Barrau prit la parole pour noter tout de suite que les sociétés européennes n’étaient pas si égalitaires que cela et qu’il suffisait pour s’en rendre compte de regarder la représentativité des femmes dans les assemblée nationales et au parlement européen ! Au passage, il rappela que la femme représente 52% de la population européenne pour conclure sur un constat: que vaut une démocratie qui ne tient pas compte de la majorité de sa population dans sa représentativité!
         Cette vérité flagrante ne doit pas non plus nous obliger à chaque fois à la repentance devenue trop habituelle, dans nos contrées, du type "excusez-nous d'être des nations démocratiques imparfaites" sachant que bien des citoyens du monde et particulièrement les femmes aimeraient avoir ce type de démocratie en remplacement de leurs dictatures politiques ou/et religieuse. Est-ce de l'arrogance de le dire? En clair, arrêtons de nous flageller en public et faisons des efforts pour que la femme ait sa place dans nos institutions !
 

Madame TOME fit un excellent descriptif de la femme dans le monde, sur les rives de la méditerranée et en Europe ainsi que sur l’UPM.

 

Le deuxième sujet sur l'approche féminine des codes de la famille est abordé par Madame la sénatrice Christiane Kammermann vice présidente de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances. Son discours fût d’une fermeté étonnante. Sans faiblir et sans faux semblant elle dressa un état de la situation de la femme dans les pays musulmans. Elle parla également du poids des us et coutumes des sociétés patriarcales qui prennent souvent le prétexte de l’islam pour imposer aux femmes très souvent illettrées la loi des hommes ! Une loi des hommes qui refuse aux femmes tout ce qui pourrait permettre à celles-ci de s’ouvrir des espaces de liberté ou de choisir, si ce n’est son propre mari. Des espaces qui existent parce qu’ils ne sont pas des impératifs religieux contenus dans le Coran.

Nous touchons là au cœur de ces sociétés qui « ruse » comme le dira plus tard Jacques Attali avec la religion qui sert à ces hommes comme une arme ultime pour dominer la femme !

Pour Madame Kammermann, le salut de ces sociétés passera par la laïcisation même si, l’islam est vécu dans ces sociétés comme un système politique autant que religieux. Elle fît un aparté douloureux sur son voyage en Erythrée avec Madame Rama Yade ou l’horreur de la condition de la femme côtoyé l’abject de la condition de vie des jeunes filles ! Elle cita Voltaire : Affirmer son identité s’est souvent nier celles des autres !

 

Monsieur Salim Jahel ancien Ministre Libanais et professeur à Paris 2, nous décrivit la relation des femmes avec le Coran et confirma que c’est le plus souvent l’ignorance des femmes sur les possibilités que le Coran offre aux femmes d’ouvrir des espaces de liberté ! Il confirma la responsabilité des hommes dans cet état de fait ! Les femmes n’ayant pas investies les écritures et les interprétations possibles, ce sont les hommes, le plus souvent trés conservateurs qui ont au fil des siècles, façonnés une pratique religieuse négative pour les femmes ! Au passage, il a salué la Tunisie pour ses immenses avancées depuis l’indépendance de la Tunisie sur les libertés des femmes et leurs droits reconnus par la législation tunisienne ! (Ce qui est curieux et dénote l'ignorance politique de certains français, c’est que nos « droits-de-l’hommisme » de France font un tapage sur le pouvoir tunisien sans tenir compte de l’ensemble des acquis de ce pays depuis son indépendance. Il fait écouter ceux qui vivent en Orient!) A contrario, nous dit-il, l’Algérie a axé son code de la famille sur une base liberticide pour la femme (minorité à vie, présence d’un tuteur mâle à chaque étape de sa vie, etc 

Madame Ansar-Rachidi (Avocate marocaine) fit un exposé sur les droits de la femme au Maroc et admet que le nouveau Roi Mohamed V propose une évolution forte sans pour autant être satisfaisante pour la femme.

Madame Asma Guénifi fit le même travail d’introspective sur l’Algérie regrettant que la femme depuis l’indépendance est bien plus mal traitée dans ses droits particulièrement depuis l’introduction d’un islam rigoriste des frères musulmans d’Egypte peu de temps après l’indépendance algérienne et ce jusqu’au clash des années noires. (Là, nos droits-de-l'hommisme français ne disent plus rien ou alors, pour de nouveau critiquer la France pour son passé colonialiste au nom de la repentance. Quant aux femmes algériennes, il semble que ce ne soit pas leur problème)!

Ces débats furent menés par Madame Pilhes responsable pour la Présidence de la République de la mission Union pour la Méditerranée (UPM).

 

Le troisième sujet sur la pratique religieuse dans la sphère publique ou religieuse fût abordé par Madame Khiari, sénatrice de Paris, Madame Blandine Kriegel philosophe, Monsieur Alain Wallon qui nous parla de l’accommodement raisonnable des Québécois en oubliant de dire qu’ils en revenaient depuis quelques années, madame Line Pierné présidente de la fédération femme 3000 qui fit un excellent plaidoyer pour la liberté de la femme et le refus du religieux dans la sphère publique. Madame Benarab Attou qui expliqua son parcours de jeune fille immigrés d’Algérie devenue Députée européenne sur les liste écologique !

De nombreuses questions furent posées, sur la place du religieux en France, sur les religions en particulier et sur le nécessaire dialogue interculturel et interreligieux si l’on voulait fonder une société de tolérance mutuelle !

 

J’ai bien entendu posé ma question sous forme d’une remarque! Parce que ce n’était pas possible de faire autrement sur le fait que personne n’avait débattu de la place de l’athéisme et rappeler également que la France, seul pays véritablement laïc et ayant un espace publique laïcisé ne peut accepter les demandes fortes et répétées d’une minorité d’intégriste basées sur le religieux depuis plus de 10 ans comme des horaires aménagés dans les piscines publiques,(ce qui hélas se fait) des repas conforment aux religieux dans les restaurants scolaire d’écoles publiques, (ce qui hélas se fait) le voile islamique qui fît grand bruit, la burqa que même les musulmans condamnent et enfin les minarets.

Notre vision de la laïcité est bousculé il faut bien le dire et je pense très sincèrement que ce n’est pas la laïcité qui doit s’adapter !

J’ai aimé cette phrase de Jacques Attali qui a dit pour conclure son discours :

Les femmes doivent réinventer la religion ! A mon avis, elles ne sont pas sorties de l’auberge du diable qui est masculin comme chacun sait !

Ces quelques heures passées avec des personnes de grandes qualités, d’intelligence fine, de bonne humeur et de bonne volonté m’ont rempli d’une grande joie ! J’ai beaucoup appris aujourd’hui.

Je voudrais encore remercier Moussa Ghanem et Artémis Kairous dans le cadre de Puteaux-Liban-Amitié.

Et puis saluer de nouveau la brune Patricia et la blonde Tania









Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Laurence 04/12/2009 12:10



Bonjour Monsieur


 


J'apprécie vos articles et vos commentaires sur différents sujets et thèmes d'actualités;


J'habite Puteaux depuis bientôt 25 ans, j'aime cette ville et ce qu'elle propose en termes d'opportunités et d'ouverture.


 


Merci à vous et vos articles qui sont passionnants.


 


Laurence