La «filière canadienne», vivier de volontaires pour la cause islamiste

Publié le 23 Avril 2013

La multiplication d'incidents terroristes, en apparence déconnectés, vient étayer un rapport alarmiste rendu public en janvier, qui évoque la montée du péril «islamiste sunnite, dont la radicalisation menant à la violence est une menace sérieuse» pour le pays.

New York - Par Maurin Picard

Le danger n'était pas imminent. Mais les préparatifs étaient assurément en cours. Telle est la conclusion de la Gendarmerie royale canadienne (GRC), qui a annoncé lundi avoir déjoué un projet d'attentat contre la ligne ferroviaire Toronto-New York de la compagnie Via Rail, avec l'aide du FBI.

Lancée en août 2012 sur un renseignement de la communauté musulmane de Toronto, d'après l'imam Yusuf Badat, l'opération de surveillance «Smooth (en douceur)» a permis l'arrestation de deux suspects: Raed Jaser, 35 ans, domicilié à Toronto, et Chiheb Esseghaier, 30 ans, résident de Montréal (Québec). Tous deux étaient visiblement établis au Canada de longue date, y vivaient en toute légalité, mais ne possédaient pas la nationalité canadienne.

Si les forces de l'ordre canadiennes se tenaient prêtes depuis des mois à interpeller les deux hommes, elles auraient été priées par leurs homologues américaines d'y surseoir, afin de remonter le fil du complot pour identifier les commanditaires à l'étranger. C'est ainsi que les enquêteurs auraient décelé la signature d'al-Qaida, opérant en toute discrétion depuis le territoire iranien.

D'origine tunisienne, Chiheb Esseghaier travaillait jusqu'ici en qualité de chercheur doctorant en biologie à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), à Varennes, tout près de Montréal, d'après Radio Canada. Il avait auparavant mené ses études à l'université de Sherbooke, dans les cantons de l'Estrie (Québec).

Pour les autorités fédérales canadiennes, le projet d'attentat contre Via Rail ne présenterait aucun lien avec celui du marathon de Boston le 15 avril, ni avec aucun autre complot islamiste éventé sur le sol canadien.

Un rapport alarmiste en février 2012

La filière islamiste canadienne, évoquée dans nos colonnes par le juge Jean-Louis Bruguière, serait pourtant très active et aurait largement débordé des frontières terrestres nord-américaines, pour essaimer jusque dans la corne de l'Afrique.

En janvier dernier, des anciens lycéens de London (Ontario) faisaient partie du commando islamiste à l'origine de la sanglante prise d'otage le 16 janvier dernier de la raffinerie BP d'In Amenas(Algérie).

Durant l'été 2006, dix-huit personnes avaient été arrêtées en Ontario pour avoir projeté de faire sauter l'imposante tour de la Paix, sur la colline du Parlement à Ottawa, ainsi que la bourse de Toronto, à l'aide de camions bourrés d'explosifs. Le groupe envisageait en outre de s'emparer du premier ministre Stephen Harper et de le décapiter, ainsi que d'autres hommes politiques canadiens en vue. Onze individus ont finalement été condamnés à des peines de prison allant de 30 mois à la perpétuité.

En août 2010, trois citoyens canadiens, deux d'Ottawa et un de London, ont été arrêtés pour complicité en vue de perpétrer des actes terroristes. L'un d'entre eux, Hiva Alizadeh, était en possession de plus de cinquante détonateurs artisanaux pouvant être insérés dans des bombes improvisées activables à distance.

Le 14 avril dernier, enfin, l'attentat contre un tribunal de Mogadiscio en Somalie qui a fait 34 morts, était dirigé par un ressortissant canadien, Mahad Ali Dhore, ancien étudiant à Toronto, tandis qu'un autre Canadien faisait partie du commando. Dhore avait quitté Toronto en 2009 et rejoint les milices islamistes somaliennes shebab.

La multiplication de ces incidents en apparence déconnectés vient étayer un rapport alarmiste publié par le service canadien du renseignement de sécurité (CSIS) en février 2012 et rendu public en janvier. Il y était fait état de la montée du péril «islamiste sunnite, dont la radicalisation menant à la violence est une menace sérieuse» désormais. Y étaient décrits les lieux de propagation de cette idéologie, comme le centre islamique Salaheddin de Toronto, les prisons fédérales et les forums djihadistes sur Internet, ainsi que les trop grandes facilités d'immigration accordées à des individus douteux. En conclusion, le CSIS redoutait que le problème «ne vienne à empirer dans un avenir proche».

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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Claude Germain V 23/04/2013 11:50


Et les centaines de milliers   de cellules dormantes en France schhhuuuutttttt .........bouche cousue ....