La fin de la zone euro fin 2012 ? Par Marc Touati. Préface Gérard Brazon

Publié le 13 Juillet 2011

Marc Touati nous fait part d'un scénario catastrophe concernant l'Europe et la zone euro. Son espérance, en final de l'article, serait plus d'Europe fédérale. Je ne partage pas cet avis.

Pour ma part, ce sont les responsables européens qui nous ont mis dans la panade. Ce sont les responsables européens qui ont décidé de l'élargissement de l'Europe à l'infini sans précaution, ce sont les responsables européens qui ont créé cette zone euro, cette banque européenne, cette réglementation qui interdit la souveraineté monétaire nationale. Alors quoi, il faut confier à ces irresponsables, la fuite en avant vers plus d'Europe.

Dans son "cauchemar", il dit que la Grèce, avec le retour au "nouveau drachme", dévalué de 50% par rapport à l'ancien, retrouve un peu de couleur et la paix sociale. Et si c'était la solution pour sauver les peuples du marasme ?

Cette Europe liberticide, tueuse de souveraineté, anti nationale par essence, n'a jamais été acceptée par les peuples. Toujours par les élites et les prétendus représentants qui se dépêchent d'oublier qu'ils sont des élus d'un peuple.  Car au fond, ils le méprisent.

Cette Europe fût créée en catimini, en douce comme on dit, dans les dos des peuples. Cette Europe n'est pas digne car elle n'est pas l'émanation de la volonté des peuples! Elle est le produit d'une élite financière, d'une aristocratie de chefs d'entreprises qui ne voient dans cette Europe, que le moyen d'augmenter ses profits au détriment des salariés. Un main mise en augmentant la précarité. Il est effrayant de voir des socialistes pousser à la roue de cette machine monstrueuse et technocratique. Mieux encore, puisque le peuple est toujours réticent, et qu'ils ne sont pas à l'abri d'un référendum, ils ont trouvé la parade ces messieurs et leurs supplétifs politiques, ils changent la sociologie des peuples par une immigration de masse. Avec la bénédiction de la gauche, de toute les gauches et de la droite molle.

Il est temps de retrouver nos souverainetés et rebâtir une autre Europe, celle des nations.

Sortir de l'Euro, renégocier les traités aliènants et travailler ensemble en respectant les différents niveaux d'avancées économiques et sociaux. Revoir cette vidéo sur les 10 raisons de sortir de 'Europe.  par Etienne Chouard. Non Monsieur Marc Touati, plus d'Europe n'est pas la solution bien au contraire si vous aimez plus votre pays que la finance.

Gérard Brazon 

 

Le point de vue de Nancy Verdier  

Marc TOUATI, nous présente ici un scénario catastrophe, un scénario qui n’est pas une fiction, mais une réalité probable : l’explosion de la Zone Euro.

Le plus grave c’est que notre système monétaire européen s’est bâti autour du dogme de la convergence des économies européennes, de la maîtrise des déficits intérieurs et de l’inflation jugulée. Le plus grave c’est que l’Europe ne s’est pas dotée d’un outil financier et monétaire capable de réagir aux aléas budgétaires et aux crises économiques.  

Le plus grave c’est que l’Europe rassemble aujourd’hui des économies disparates et que le dogme de la convergence ne tient pas face aux réalités économiques.

Le plus grave c’est que les traités européens qui ont remplacé la Constitution européenne - refusée par les peuples – ont obligé de fait les états à emprunter sur les marchés financiers internationaux.

Le plus grave c’est qu’en face de la dette européenne gigantesque, il n’y a que des budgets déficitaires…

Le plus grave c’est que sur les marchés financiers internationaux, les états sont à la merci des banques et des organismes de notation pour la fixation des taux d’intérêt.

Le plus grave c’est que la Grèce est en faillite (avec la complicité originelle de Goldman Sachs) et que des pays comme le Portugal, l’Irlande, l’Italie, l’Espagne et bientôt la France ont accumulé des dettes qui dépassent largement leur PIB et que plus les jours passent, plus cette dette extérieure creuse son sillon…..

Le plus grave c’est que la Grèce ne pourra jamais rembourser sa dette.

Le plus grave c’est que le système monétaire européen continue de propager sa nuisance quotidiennement.   

Le plus grave, c’est que le scénario évoqué ici par Marc TOUATI, n’est pas « un des scénarii possibles » dans notre schéma économique européen actuel. Au fil des jours, il s’avère que c’est bien le seul scénario possible, si rien n’est fait…...

Le plus grave c’est qu’il n’y a véritablement plus rien à faire…

Le plus grave c’est que la solution qui est prônée aux dernières nouvelles et qui consiste à racheter la dette grecque, va creuser davantage la dette européenne et faire de la Grèce un Protectorat au sein de l’Europe.

Le plus grave, c’est que cela n’empêchera pas d’autres pays de faire faillite.

Le plus grave c’est que l’Allemagne a déjà son propre scénario pour sortir de l’Euro.

La bonne nouvelle est que nous sortirons tous de l’Euro, plus vite que prévu….

mais qu’il n’y aura pas d’autres moyens de relancer nos économies que d’alourdir les impôts et de relancer l’inflation….

Nancy VERDIER

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La fin de la zone euro fin 2012 ? C'est le scénario envisagé par Marc Touati, directeur des études économiques d’Assya Compagnie Financière. Un cauchemar prévisible à moins que...

 

Paris, le 12 novembre 2012. Le sommet franco-allemand, présenté comme celui de la dernière chance, s’est soldé par un nouvel échec. La Chancelière allemande Angela Merkel vient de claquer la porte, refusant les propositions de la Présidente française Martine Aubry. Il faut dire qu’après avoir battu Marine Le Pen au second tour des élections présidentielles en obtenant seulement 58 % des voix, le nouveau Chef de l’Etat français a effectué un fort virage à gauche, pensant par là même apaiser le malaise social qui s’est imposé dans l’Hexagone depuis quinze mois.

Tout a effectivement commencé le 12 septembre 2011 avec la sortie de la Grèce de la zone euro. A l’époque, les Grecs étaient exagérément montrés du doigt par l’ensemble des dirigeants politiques et monétaires eurolandais qui refusaient coûte que coûte toute restructuration de la dette publique hellène. Face à cette obstination tenace et devant la grogne sociale qui commençait à se traduire par des émeutes de plus en plus violentes, le gouvernement Papandréou devait alors démissionner, laissant la place à un gouvernement élu sur un programme radical : « sortons de la zone euro ».

La mise en place de ce plan fut évidemment très douloureuse pour la Grèce et surtout pour ses créanciers. En remplaçant l’euro par la « nouvelle drachme », qui fut dévaluée de 50 % par rapport à son niveau d’entrée dans l’UEM, l’Etat grec décida également d’engager un moratoire sur sa dette publique. Après avoir tant refusé le moindre rééchelonnement de cette dernière, les grandes banques de la zone euro durent alors boire le calice jusqu’à la lie. Comme en 2008, au lendemain de la faillite de Lehman Brothers et de la panique financière qui s’en suivit, les Etats européens durent venir à la rescousse, mais, cette fois-ci, en demandant le soutien d’autres puissances et notamment de la Chine. Bien entendu, face à cette ingérence économique chinoise, les Etats-Unis ne restèrent pas de marbre et décidèrent d’engager des mesures de rétorsion en matières de barrières douanières et de transferts financiers vers et en provenance de la zone euro. D’économique, la crise devint alors politique.

Les dirigeants européens n’étaient cependant pas au bout de leur peine. Et pour cause : le 9 octobre 2011, face à une nouvelle vague d’augmentation des taux d’intérêt de leurs obligations d’Etat, le Portugal et l’Irlande décidèrent d’engager un programme de sortie de la zone euro. Leur incitation à engager une telle politique était d’autant plus forte qu’en dépit de taux d’intérêt obligataires toujours très élevés, les émeutes grecques s’étaient calmées. Mieux, la patrie d’Aristote commençait à sortir la tête de l’eau et à retrouver une certaine dose d’espoir, montrant par là même à ses anciens partenaires que la sortie de la zone euro n’était pas forcément le pire des maux, surtout lorsque la crise sociale était déjà présente.

L’Allemagne encaissait difficilement le coup, mais la contagion ne faisait que commencer. Mis de nouveau en minorité, le gouvernement Berlusconi devait même démissionner et ouvrir la porte à une vague europhobe sans précédent au sein de la Péninsule transalpine. Tous ces désordres donnèrent des ailes au Front National en France, dont la Présidente arriva seconde au premier tour des élections présidentielles, avec 23 % des voix, juste derrière Martine Aubry, avec 24 % et loin devant Nicolas Sarkozy (19 %), Jean-Louis Borloo (10 %) et Dominique de Villepin (7 %).

En dépit de ce cataclysme, Angela Merkel espérait néanmoins que son homologue français mènerait une politique « à l’allemande » de réduction des dépenses et de la dette publiques. Elle fut malheureusement déçue, dans la mesure où, face à la pression de la rue, Martine Aubry dût engager une politique budgétaire laxiste. Pour essayer de réduire la facture, elle décida d’augmenter massivement les impôts, notamment sur le patrimoine, ce qui n’a évidemment pas suffi à compenser l’augmentation des dépenses publiques. Et ce d’autant qu’en annonçant une telle hausse de la pression fiscale, un mouvement de fuite des investisseurs français à l’étranger s’est enclenché. Les agences de notation n’ont alors pas manqué de dégrader la note de la France de AAA à BBB, provoquant une très forte hausse des taux d’intérêt obligataires et replongeant l’Hexagone dans la récession.

En ce lendemain du 94ème anniversaire de l’armistice de la première guerre mondiale, un point de non-retour a donc été franchi, puisque l’Allemagne a décidé de créer une zone euro à cinq, avec, pour seuls partenaires, l’Autriche, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. Quant à la France, si l’on commence seulement à chiffrer les coûts exorbitants du retour au franc, les tensions sociales se font de plus en plus fortes, en particulier depuis les émeutes du 11 septembre 2012 sur les Champs-Elysées qui se sont soldées par une vingtaine de morts et l’incendie de nombreux haut-lieux touristiques de la célèbre avenue, à commencer par le Fouquet’s et la boutique Louis Vuitton...

C’est alors que le réveil se met à sonner. Il est 6h50. Nous sommes le 11 juillet 2011. Ouf ! Tout cela n’était qu’un affreux cauchemar. Mais attention, la réalité dépasse parfois la fiction. Qui aurait cru par exemple il y a encore quatre ans que la note de la dette grecque serait CCC et que la viabilité de la zone euro serait remise en question ? Nous-mêmes, lorsque nous écrivions début 2009 que cette dernière était en danger existentiel, nous étions loin d’imaginer que ce risque se matérialiserait aussi vite. 

Par conséquent, pour éviter que le pire devienne réalité, les dirigeants eurolandais doivent agir vite et bien. Ils doivent notamment accepter un rééchelonnement de la dette grecque avant qu’il ne soit trop tard. Il leur faudra également restaurer une croissance plus forte au sein de l’UEM, principalement grâce à un euro plus faible et à une politique budgétaire eurolandaise efficace. Enfin, ils devront aussi instaurer une zone monétaire optimale, en harmonisant les conditions fiscales et réglementaires, en établissant un marché du travail et en créant un budget fédéral conséquent. S’ils n’y parviennent pas, nous sommes au regret d’annoncer que l’explosion de la zone euro et le scénario catastrophe que nous venons de décrire nous apparaissent inévitables. Avouons que cela serait vraiment dommage...

redaction@boursorama.fr

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Francis NERI 14/07/2011 14:15



Virer au bleu marine est il incompatible avec la liberté d'expression ? Et pour quelles raisons faudrait il faire attention ?



pascalou 14/07/2011 08:00



Salut Gérard


Tu tiens des propos similaires comme une certaine dame!!!!! attention tu vire au bleu marine


Sincère amitié



Claude Germain V 13/07/2011 20:50



N'etant pas un expert dans le domaine économique ,je me pose une question qui peut preter à rire (jaune) : la Chine possédant des milliards de dollars en bon du trésor americain ,nous pouvons
considerer que si dans quelques mois les USA sont en faillite ,cessation de paiement définitive ,insolvabilité totale et définitive  ils seront insolvable chez les chinois ,ce qui voudrait
dire tout simplement que du jour au lendemain la Chine se retrouve PROPRIETAIRE des Etats Unis d'Amerique ???? serait ce possible ????dans la logique pourquoi pas ? au fond ce ne serait qu'une
simple saisie aprés faillite ,il y en a des milliers tous les jours de part le monde ...........drole de question ....



Francis NERI 13/07/2011 18:06



Rassurons nous (si j'ose dire !) Il n'y aura pas d'Europe Fédérale, car cela signifierai que les pays en "bonne santé" et en particulier l'Allemagne devraient payer, longtemps...longtemps...à
fonds perdus pour les pays du sud qui sont tous déjà ruinés et quelques autres de l'Est qui plongent eux aussi.


Non la sortie de l'Euro et une Europe des nations est à reconstruire sur une base réduite et bien sur une Europe des peuples, pas une Europe des marchands.