La fin des Bonus astronomiques

Publié le 1 Mars 2013

Fin de partie pour les derniers marxistes européens. L'Europe s'apprête à plafonner les bonus des traders à l'équivalent d'une année de salaire. Une première mondiale, qui met un terme à un système dans lequel ces « travailleurs » pouvaient capter jusqu'à 50 % de la valeur qu'ils contribuaient à créer au nez et à la barbe des « capitalistes » actionnaires de banques. Sauf coup de théâtre, toujours possible en raison de l'opposition de Londres à cette initiative, l'an prochain, les bonus astronomiques seront de l'histoire ancienne de ce côté-ci de l'Atlantique. Une mesure de salubrité publique tant ces primes aux montants parfois difficilement justifiables peuvent agir comme des pousse-au-crime, incitant leurs bénéficiaires à des prises de risque inconsidérées. Les exemples des « subprime », des affaires Kerviel et Adoboli ou encore du scandale du Libor sont là pour nous le rappeler.

Avec cette réforme, la banque européenne apparaît comme le bon élève de la finance mondiale. Celui qui offre la garantie de sécurité la plus élevée. Car si le processus de reprise en main aura été pour le moins chaotique depuis 2008, le but, lui, est bien atteint. En cinq ans, le profil de risque du secteur bancaire du Vieux Continent a été considérablement réduit. Normes prudentielles renforcées, surveillance améliorée, activités les plus spéculatives cantonnées et désormais bonus plafonnés, tous les curseurs de l'arsenal réglementaire ont été poussés vers le haut. Un véritable bouleversement, dont les banquiers peinent encore à tirer toutes les conséquences, mais qui donne aux contribuables européens le sentiment d'être désormais mieux protégés des turpitudes de la finance.

Le problème, c'est que cette sécurité est largement factice. Pour une raison simple, le champ de cette remise en ordre est trop étroit. Deux acteurs majeurs de la planète financière y échappent encore largement. Les banques américaines, d'abord. Bâle III ne leur est en effet toujours pas appliqué et les bonus y sont toujours aussi généreux. A Wall Street, ils franchiront cette année la barre des 20 milliards de dollars. De quoi maintenir la culture du « greed » au plus haut et créer une distorsion de concurrence avec les Européens. Le « shadow banking », ensuite, et tout particulièrement le Far West que constitue le monde des « hedge funds ». Un univers en pleine expansion où tous les coups sont permis et où les bonus se comptent en centaines de millions, voire en milliards de dollars. Avec de telles zones de non-droit, la finance mondiale est donc loin d'en avoir fini avec le risque systémique. Mais, pour se consoler, on peut toujours se dire que la prochaine crise financière ne devrait pas trouver ses racines en Europe.

 

Écrit par François VIDAL 
Rédacteur en Chef 
fvidal@lesechos.fr

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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Claude Germain V 01/03/2013 12:55


Si ce ne sont pas les traders qui nous volent , DE TOUTES LES FACONS , CE SONT TOUTES LES ORDURES DE POLILOPETTES DE L 'UMP , DU PS et du PC QUI NOUS PILLENT ET NOUS RACQUETTENT AVEC LA
COMPLICITE DU SENAT , DE BERCY ET DU CONSEIL D'ETAT ; ASSEMBLEE NATIONALE BIEN SUR EN TETE .....alors pourquoi s'en faire ???.... il n'y a meme pas une revolution de la rue a attendre ...

Claude Germain V 01/03/2013 12:50


Et allons y encore ,un grand technicien de la finance qui vient par contre nous dire maintenant que la CRISE ce sera pour  ??? ailleurs ......... allons donc ...