La France des invisibles réclame ordre et justice ! Par Etienne Lahyre

Publié le 22 Janvier 2013

famille-francaise

 

Etienne
Lahyre

Haut fonctionnaire.

Ils ne brûlent pas de voitures. Ils ne prétendent pas être « stigmatisés » ou « discriminés ». Ils n’ont pas les moyens, et surtout pas l’envie, de demander un passeport russe. La France, eux, ils l’aiment. Ils l’aiment, mais ils ont le sentiment que la France devient de moins en moins douce, et que ce cher pays de leur enfance n’en pince plus pour eux.

Eux, ce sont les Français ordinaires, les représentants de la France des invisibles, dont la classe politique se remémore l’existence tous les cinq ans, lors des soirs de premier tour de l’élection présidentielle. Les Français invisibles, incorrigibles bons citoyens, ne manifestant leur exaspération et leur défiance vis-à-vis des gouvernants qu’avec un bulletin de vote. Pacifiquement, pour le moment.

Pour le moment car, en ce début d’année 2013, ce sont encore eux qui vont être les premières victimes des traditionnelles augmentations des prix : + 2,3 % pour les billets de train, + 2,4 % pour le gaz, + 2,5 % pour l’électricité ; sans oublier les fortes augmentations du prix du tabac et de la bière, ainsi que de la redevance audiovisuelle. Et dans le même temps, une hausse dérisoire du SMIC, bien inférieure d’ailleurs à celle de certaines allocations.

C’est cela que les invisibles ne supportent plus : être obligés de calculer, parfois à une dizaine d’euros près, le budget mensuel qui leur permettra de passer sous les fourches caudines de banques à l’affut du moindre découvert : survivre plutôt que vivre, alors que leur seul tort est d’avoir toujours respecté les règles et travaillé honnêtement.

Plus de deux Français sur trois ont un salaire mensuel net inférieur à 2 000 euros ; environ 1,9 million de personnes vivent au sein d’un ménage de travailleurs pauvres (c’est-à-dire dont le revenu est inférieur à 50 % du revenu médian). Si ce chiffre est stable depuis une dizaine d’années, il ne doit pas masquer le fort accroissement des inégalités : le revenu annuel moyen des 10 % de Français les plus modestes s’est élevé de 400 euros entre 2000 et 2010 ; celui des 10 % les plus aisés de 8 950 euros. Dans les secteurs bancaires et financiers notamment, le niveau des salaires de certains cadres est totalement découplé de leur valeur professionnelle, ou de leur compétence, souvent fort discutable.

Dans un nombre croissant de quartiers, une économie parallèle fondée sur les trafics en tout genre se met en place. Elle assure un niveau de vie décent à de nombreux maillons de la chaîne criminelle. Et ceci en toute impunité : surtout ne pas faire de vagues pour préserver un semblant de stabilité. Jusqu’ici, tout va bien…

Entre délinquants en col blanc et voyous à capuches, la France des invisibles hésite entre révolte et résignation. Un récent sondage a fait apparaître que les ouvriers et les employés sont les catégories socio-professionnelles chez lesquelles Hollande voit sa popularité chuter le plus fortement. Quoi de plus logique ? La France des invisibles attend ce que le gouvernement, par faiblesse et aveuglement idéologique, est bien incapable de lui offrir : de l’ordre et de la justice.

Etienne Lahyre, le 21 janvier 2013 // Boulevard Voltaire

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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LA GAULOISE 23/01/2013 08:39


Entierement d'accord pour agir . Il est bien evident qu'entre le ministre de l'interieur et la ministre de la justice, les Français ne doient pas s'attendre à etre protégés et défendus : alors ?

ange 22/01/2013 21:17


j espere que nous autres invisibles ont va se MONTRER pour sauver notre pays et nos valeurs

blanche hermine 22/01/2013 20:33


Super article mais qui ressemble fuieusement à celui de Gabrielle Cluzel écrit le 14 janvier dans Boulevard Voltaire