La France trahie par ses "élites" par Evelyne Lior

Publié le 24 Novembre 2011

par Evelyne Lior.

Critiquable ou non, la politique pro-arabe initiée par le Général de Gaulle avait du sens. Il s’agissait d’empêcher le monde arabe, fortement anti-américain, de basculer tout entier dans la sphère d’influence soviétique. Cette stratégie visait à inscrire l’action de la France dans le cadre global de la défense de l’Occident démocratique contre l’hégémonie agressive du bloc communiste. L’anti-américanisme du Général n’était que de façade, ce dernier ayant en réalité constamment entretenu et conservé d’excellentes relations avec les hauts dirigeants américains.
La rhétorique tiers-mondiste dont de Gaulle faisait volontiers usage, ses coups de gueules célèbres (Vive le Québec Libre ! par exemple) avaient pour objectif d’éviter que les peuples composant le camp des non-alignés ne se rangent in fine du côté du communisme. En outre, cette politique avait l’immense avantage aux yeux du Général, de faire jouer la France dans la cour des grands en lui faisant prendre la tête du bloc des pays non-alignés.
De Gaulle  (qui n’avait jamais digéré le monde bipolaire né de la Conférence de Yalta, à laquelle au demeurant il n’avait pas été convié), œuvrait à dépasser cette réalité qui enfermait les peuples dans la sphère d’influence des deux grands blocs opposés. Pour le Général, le monde devait être divisé non en deux mais en trois grands blocs : celui dirigé par les Soviétiques, celui dirigé par les Etats-Unis, et enfin, celui représentant la plus grande partie de la population du globe, le vaste ensemble des pays du tiers-monde ou des non-alignés, dirigé par...  la France.
Hélas ! Ce rêve a non seulement fait long feu mais il à viré au cauchemar. Après la chute du Mur de Berlin (1989), en dehors du contexte de la guerre froide, cette stratégie visant à contenir l’avancée hégémonique du bloc soviétique,  n’avait plus de sens. Il fallait évidemment définir une nouvelle politique internationale. Or, les successeurs de de Gaulle, qu’ils fussent gaulliste (Chirac et consort) ou socialistes, (Mitterrand et consort) n’en firent rien. Ils mythifièrent, momifièrent cette politique « pro- (dictatures) arabe » en en faisant un dogme intangible.

Du Général à ses successeurs de droite ou de gauche, on est passé d’une politique qui visait à instrumentaliser la cause arabo-musulmane pour conforter le camp des démocraties à une politique au service des dictatures arabes et de l’expansion de l’Islam en Occident.
C’est ainsi qu’on assista au spectacle délirant d’un Dominique de Villepin prenant la tête d’une sorte de croisade des pays anti-américains, c’est-à-dire des dictatures de tous bords, lors de son discours à l’ONU le 14 février 2003, où il tenta, sous couvert d’une phraséologie douteuse, de sauver le régime du dictateur de Bagdad.


De dégringolade en dégringolade, qui ne peut évoquer sans rougir de honte la réception du dictateur libyen Mouammar Kadhafi  par le Président Nicolas  Sarkozy en décembre 2007  ou les offres de service de Michèle Alliot- Marie(1) au tyran tunisien pour l’aider à conserver son pouvoir ?
Cette démarche absurde eut de redoutables conséquences tant au plan externe qu’interne. Elle aboutit à faire de la France le fer de lance de la lutte contre les démocraties américaines et israéliennes ;  à accorder un soutien inconditionnel aux régimes arabes corrompus et dictatoriaux et cerise sur le gâteau, elle contribua  à vider notre pays de sa substance économique, en fournissant la base idéologique qui a rendu possible le  transfert, sans réelle opposition, de l’essentiel de l’outil industriel de la France vers les pays émergeants, dictature chinoise en tête.
Sans la diffusion de l’idéologie mortifère de la haine de soi(2), sans cette politique axée sur la dénonciation systématique des démocraties américaines et israéliennes durant les années de plomb des trente dernières années (3) , jamais les Français n’auraient consenti au plus monstrueux des hold-up ; jamais ils n’auraient assisté passivement à la délocalisation de leur outil industriel ; jamais leurs représentants n’auraient pu œuvrer activement à leur propre déclin.
La France a gaspillé l’ultime pouvoir d’influence qu’elle possédait encore, notamment sur le continent européen, à  promouvoir l’expansion de l’Islam, la diabolisation d’Israël et des Etats-Unis et, last but not least, la délocalisation de son outil industriel.

A méditer, pour ceux qui sont encore enfermés dans  la haine de soi et son corolaire, la diabolisation des démocraties, Israël en tête :
Pourquoi  l’Allemagne, qui n’a pas délocalisé son outil industriel, est-il  le pays européen le plus puissant (le différentiel avec la France ne cesse de s’accroitre) et le moins agressif pour ne pas dire le plus proche d’Israël et des Etats-Unis ? (4)

                                                                                         *

 (1) Le mardi 12 janvier 2011 Michèle Alliot-Marie propose à l'Assemblée nationale, le savoir-faire français à la police tunisienne pour "régler les situations sécuritaires". Cette proposition a soulevé un tollé général qui l’a conduite à la démission.

(2) Expression de cette haine de soi formulée par l’écrivain Hermann Hesse « …le plus petit animal s’est montré capable de présenter quelque chose d’agréable et de charmant. En revanche, seul et unique de son espèce, cet homme au visage pâle …n’a rien à offrir que des paroles étranges et orgueilleuses…vous avez beaucoup à pardonner à ces hommes blancs ; ce sont eux qui ont corrompu notre pauvre Terre…Il n’y a qu’un homme qui soit seul, c’est l’Européen…Il ne peut pas se reproduire à moins de se plonger à nouveau dans le courant de l’humanité de couleur. » Dans « Europes » Coll. Bouquins, éd. Robert Laffont, 2000, p.586-587

(3)Activement à l’œuvre aujourd’hui encore dans les dérisoires pamphlets de Stéphane Hessel, infatigable défenseur d’une idéologie passéiste et mortifère.

(4) L’Allemagne est le partenaire européen le plus important d’Israël.


Evelyne lior

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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Loly 24/11/2011 14:35


Je me souviens, qu'à partir de la 6ème on nous apprenais les antiquités grecques, romaines et égyptiennes, histoires qui me passionnaient. Aussi quand, un jour j'ai pû me rendre en Egypte je n'ai
pas compris comment une civilisation aussi merveilleuse, inventive et artistique ait disparue ( voir les merveilles du Musée du Caire). Depuis quelques années, je comprends que nous sommes en
train d'assister à cette même éradication de notre pays LA FRANCE, notre histoire, nos coutumes etc... à l'aide qu'une colonisation massive et voulue. Il faudrait plus qu'un miracle pour que cela
s'arrête puisque  la volonté de ceux qui nous gouvernent, va dans le sens de ce génocide.

Nancy VERDIER 24/11/2011 13:12


Merci pour ce bel article. Il faut rappeler aussi les soins hospitaliers et les honneurs rendus à Yasser Aafat mort en France....Et le dernier vote à l'UNESCO. Pourquoi tant d'égards ?? la France
est complètement décrédibilisée, elle ne s'en rend plus compte. Parallèlement, il faut dire qu'avec Obama, les USA ont changé de politique, - pas réellement vis à vis d'Israël pour le moment -
mais vis à vis des islamistes. Ils sont placés au pouvoir et les militaires français  sont considérés comme MERCENAIRES. On fait appel à notre armée pour les sales coups : exemple la Libye.
Entre des politiciens nuls qui ne comprennent plus ce qu'ils font, un Quai d'Orsay vérolé, des diplomates bêbêtes qui servent de relai aux humanitaires et qui n'ont aucune capacité à analyser
leurs propres actions et encore moins celles des autres, on est très mal barré. Sans parler de Bruxelles.