La France : une adolescente en crise de croissance au coeur de l'Occident désorienté....

Publié le 26 Février 2013

La France adolescente. Et si on la laissait grandir ? La France sur le divan

Par Daniel Fortin  Loin d'être une nation usée, la France présente tous les symptômes d'une crise d'adolescence.

Nous nous serions trompés de diagnostic. A trop considérer la France comme une vieille dame frappée de sénilité, nous l'avons gavée de remèdes comme certains médecins en abreuvent les seniors afin d'apaiser les souffrances de l'âge. Ces potions portent le nom de réglementation, de subventions, de protection. Elles ne font que tuer à petit feu un malade qui n'est pas celui que l'on croyait. Voici la thèse de ce livre malin, écrit par Mathieu Laine, un libéral convaincu et passionné, et par Patrice Huerre, un psychiatre et psychanalyste spécialiste des adolescents. Car loin d'être atteinte de sénescence, la France souffrirait au contraire d'une profonde crise d'adolescence qui appelle d'autres traitements, fondés sur la prise de conscience de ses atouts et l'effacement de ses parents étouffants. Un hymne à l'optimisme à rebours du déclinisme ambiant.

Extraits : L'enfance perdue. « Le développement hypertrophié de l'Etat providence, issu de la situation particulière des lendemains de la Seconde Guerre mondiale, et qui, par ses boursouflures, a fini par engendrer les Trente "Désastreuses" en asséchant les forces économiques, nous paraît désormais la norme. Or il s'agissait d'une exception dans l'histoire humaine, dont nous payons aujourd'hui le prix économique via une dette délirante, et politique, par la focalisation des esprits autour de prétendus modèles depuis longtemps obsolètes. »

Perte de confiance. « La France est aujourd'hui saisie d'une défiance chronique. Défiance à l'égard d'elle-même et du monde. Défiance vis-à-vis de ses projets comme de son avenir. Echaudée par les sempiternels soubresauts d'une crise contre laquelle nos dirigeants se révèlent impuissants, voire l'aggravent. Elle est à l'image de ces adolescents confrontés aux désagréments répétés de leur âge, qui projettent sur la vie entière ce moment de trouble. » Victimisation. « Comme des adolescents s'abritant derrière la protection ou la promesse de leurs parents pour obtenir ce qu'ils ne peuvent atteindre par leurs seuls efforts, les citoyens cherchent la légitimation dans la compassion publique… C'est ainsi que s'explique la propension de nos élites à reconnaître des fautes qui ne sont pas les leurs et à offrir à tout un chacun un statut enviable de victime… Qu'il s'agisse de la colonisation ou de la pollution, du handicap ou de la montée des eaux, il y a des coupables partout et pour tout. »

La guerre culturelle aura bien lieu… L'occidentalisme ou l'idéologie de la crise

Le grand désarroi de l'Occident

La crise n'a pas seulement ébranlé nos économies. Elle a aussi bouleversé nos valeurs et nos systèmes de pensée. A tous ceux qui, principalement à gauche, ont pensé que l'effondrement de Lehman Brothers sonnait le glas du libéralisme ou encore que les soulèvements arabes constitueraient une nouvelle terre de conquête pour la démocratie issue des Lumières, les faits se sont chargés d'apporter un démenti cinglant. En lieu et place de cet avènement d'un monde réputé meilleur, on a assisté à l'émergence du néoconservatisme, au foisonnement des droites populaires, à l'irrationnelle peur de l'islam ou à la montée du tout sécuritaire. Ces multiples tendances, l'auteur, Gaël Brustier, les réunit dans une idéologie unique et à ses yeux triomphante : l'occidentalisme ou l'ardente obligation de défendre « le modèle occidental » De plus en plus dominante, cette nouvelle doctrine, essentiellement gouvernée par la peur, nous aveugle sur les véritables enjeux économiques et politiques.

Daniel Fortin

Écrit par Daniel FORTIN 
Rédacteur en chef 
dfortin@lesechos.fr

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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Pivoine 26/02/2013 14:45


"l'irrationnelle peur de l'islam"... Encore un qui n'a rien compris