La Gauche a perdu le vote ouvrier et elle s'en étonne...

Publié le 11 Mai 2011

Décidément, si on ne peut plus compter sur les ouvriers pour se faire élire, c’est trop injuste ! Nous la gauche, on est les gentils, les autres c'est les salauds, les exploiteurs. Et voilà qu’ils nous rejettent ! Qui eux ? Ben, les ouvriers, les sans grade, les va-nu pieds, ceux qui criaient "misére", les pue la sueur, les piliers de comptoirs, la populace d'en bas, le peuple quoi ! Vous le svez bien, ceux à qui on pouvait promettre et dire n’importe quoi avec le drapeau rouge ou la rose à la main comme par exemple, « on rase gratis », « vous allez travailler moins et gagnez plus », « mort aux riches, morts à ceux qui gagnent plus de 4000€ », etc. Bref, les ouvriers nous lâchent vous dis-je, ils désertent la gauche, ils votent à l'ennemi avec armes et bagages, l'horreur, les ingrats. Ils préfèrent voter comme bon leur semble désormais ! Pire, ils ne votent même plus à gauche au deuxième tour! Misère… 

Voici un extrait de la prose indigeste de Terranova qui explique aux socialistes la déperdition des voix ouvrières en France lors des dernières élections.( http://www.tnova.fr/)

Gérard Brazon

 

LES OUVRI ERS NE VOTENT P LUS A GAUCHE

Non seulement, à partir de 1980, les ouvriers sont de moins en moins nombreux en proportion  de la société française, mais ils votent de moins en moins à gauche. Le tassement est déjà  perceptible à la fin des années 70. S’il est certes difficile de renforcer des divergences déjà  élevées entre groupe sociaux dans le cadre d’une dynamique majoritaire, la spécificité du vote  ouvrier s’atténue : au second tour, le score de la gauche chez les ouvriers était majoré de 22 points par rapport au vote de l’ensemble des Français en 1978, de 20 points en 1981, soit une érosion de deux points.

A partir de cette date, l’érosion s’accélère avant de prendre des allures d’hémorragie électorale ces dernières années, comme le montre le graphique ci-dessous. Au premier tour de la présidentielle, le différentiel de vote au profit la gauche entre les ouvriers et l’ensemble des Français passe de +15 points en 1981 (66% contre 51%), +14 en 1988 (63% contre 49%), seulement +8 en 1995 (49% contre 41%) et tombe à 0 en 2002 (43% contre 43%).

En 2002, le score de la gauche chez les ouvriers est égal au score obtenu dans l’ensemble de l’électorat. Il n’y a plus de spécificité du vote ouvrier. Pire, le candidat socialiste Lionel

Jospin n’a rassemblé que 13% des suffrages ouvriers : ils ont moins voté socialiste que l’ensemble des Français, à 16% (soit -3 pts). Entre 1981 et 2002, c’est chez les ouvriers que le recul du vote à gauche est le plus important : -23 points (de 66% à 43%), contre -8 points en moyenne pour l’ensemble de l’électorat (de 51% à 43%.

L’élection de 2007 confirme la tendance. Au premier tour, les ouvriers  ont  certes voté en faveur de Ségolène Royal dans la moyenne des Français. C’est  un sursaut par rapport à 2002, et il doit beaucoup au positionnement spécifique de Ségolène Royal, qui en appelle directement aux classes populaires. Au second tour, pourtant, les ouvriers partagent leur vote : 50-50 entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Les ouvriers votent plus pour

Ségolène Royal que la moyenne de l’ensemble des Français (+3 points).

Mais pour la première fois de l’histoire contemporaine, les ouvriers, qui  ne votaient déjà plus à gauche au premier tour, ne votent plus à gauche au second tour.

La perte du vote ouvrier met la gauche dans une situation électorale critique. En 2007, dans l’hypothèse d’une participation des ouvriers au scrutin à hauteur de 70%  (contre une participation moyenne de 84%), une même propension des ouvriers à voter à gauche en 2007qu’en 1981 aurait permis une victoire de Ségolène Royal avec 51,5% des voix.

Source: Projet 2012 Contribution n°1

GAUCHE : QUELLE MAJORITE  ELECTORALE POUR 2012 ?

Bruno JEANBART, Olivier FERRAND,

Présidents du groupe de travail

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

Commenter cet article

Nancy VERDIER 12/05/2011 22:41



Quel que soit le candidat socialiste, il n'y a plus de chef de file. Ségolène Royal a résussi une percée en 2007, dont elle gardera un souvenir ému pour le restant de ses jours,
mais l'euphorie est passée. Hollande qui a perdu du poids, essaie de prendre une voix un peu plus rauque, un peu plus dure, un peu plus "mâle" dirons-nous, mais il n'impressionne
pas. C'est drôle d'ailleurs de les voir soigner leur "look", ces deux-là..Tout est dans l'image, le fond sonne creux. Restent les deux autres, Martine et DSK, qui ne soignent pas
leur image et ne cherchent pas à séduire l'électorat français traditionnellement socialiste. Martine compte sur  son nouvel électorat (et s'habille en conséquence : Pouf...Pouf...) et DSK
compte sur la gôche-droite caviar BoBo et roule sans complexe en voiture de luxe. Voilà le parti socialiste d'aujourd'hui. Aucun de ces candidats (potentiels) n'est rassembleur..



aude pilorgé 12/05/2011 10:25



le ps, pour parer, a augmenté le nombre des fonctionnaires (qui, eux, votent à gauche)  ; son allié objectif, l'ump, a délocalisé à tour de bras (plus d'ouvriers, plus de problème) !


on est bien gouverné...



henri 11/05/2011 19:18



logique : la gauche est encore plus pourrie que la droite !


De la droite ,le "bon peuple" se mèfie et en tient compte...


Que dire de la gôche ? >>>des pourris !!!


Gauche caviar disait-on ; elle est passée à la gôche socalo-collabo-momo !


avec Porsche (là ça fait mal)


Sans l'avis du peuple qui travaille et paie ses impôts pour les engraisser et ...


je préfère ne rien dire d'autre...(la rage)


Les ouvriers sont déçus et sont sans soutien .


Le beau temps Marchais/Mitterrand est fini ...