La Grèce confrontée à une immigration clandestine massive.

Publié le 31 Mars 2012

Alors qu'un mur de barbelés est construit à la frontière turque, le gouvernement grec a décidé d'aménager des camps de l'armée pour accueillir les migrants.

Le Point

Les habitants de la ville de Kozani, dans le nord-ouest du pays, sont perplexes. La décision du Conseil des ministres, hier, de transformer un ancien camp de l'armée de la région en centre d'accueil pour les immigrés fait débat. Dans quelques jours, après le feu vert du Parlement, les travaux vont commencer. Mille personnes pourront être accueillies. La surveillance relèvera de la police, mais ce sera une société de sécurité privée qui gérera l'intérieur du camp.

Nombre de Kozaniens refusent de voir arriver des centaines d'immigrés clandestins dans leur ville et craignent, entre autres, une augmentation de la criminalité et la dégradation de l'image de leur région. Il n'empêche, le gouvernement y voit la seule solution pour désengorger les centres d'accueil du nord du pays débordés par l'afflux de migrants. 

Trois cents migrants par jour

Originaires d'Afghanistan, du Pakistan, d'Algérie, du Maroc ou du Soudan, et aidées par des passeurs, près de 300 personnes, enfants, femmes et hommes, arrivent en Grèce, chaque jour, avant d'être entassées dans des centres de rétention, bien loin du "rêve européen" tant convoité.

La grande majorité d'entre eux arrivent par la frontière gréco-turque, sur les bords du fleuve Evros, au nord-est du pays, aux confins de l'espace Schengen. Neuf migrants sur dix entrent ainsi illégalement en Europe, par cette voie terrestre. En 2011, quelque 55 000 arrestations de migrants ont été enregistrées dans la zone, en augmentation de 16,77 % par rapport à 2010, selon les chiffres officiels. Et ces migrants sont prêts à tout pour traverser la Grèce au plus vite. 

Morts

Hier, un homme originaire du continent africain est mort en voulant traverser le fleuve à la nage. Les ONG de défense des migrants et le Haut-Commissariat aux réfugiés craignent à présent de voir de plus en plus de décès dans la région. "Les migrants sont terrorisés, beaucoup arrivent par avion très peu cher jusqu'en Turquie et sont poussés vers la frontière grecque. C'est une frontière terrestre, il n'y a donc que quelques minutes de marche. Mais le renfort des contrôles et le projet de construction d'un mur sur cette frontière vont pousser les migrants à emprunter le fleuve, et donc, il y aura plus de noyades", explique Natacha, bénévole à Médecins du monde dans la région. En effet, depuis quelques mois, le gouvernement greca décidé de construire un mur de barbelés long de 12 kilomètres et hérissé de 25 caméras thermiques, entre la Grèce et la Turquie, pour décourager cet exode de migrants vers l'Europe. Cette barrière coûtera à l'État grec quelque 5,498 millions d'euros et l'Union européenne refuse de participer aux frais, estimant qu'il s'agit d'une mesure inefficace. Pourtant, plusieurs États, notamment la France, ont réclamé sa construction à cor et à cri.

Ce mur comme l'aménagement des camps de l'armée satisfont la classe politique grecque, engluée dans une crise économique sans précédent et incapable de s'accorder sur une politique de migration sans l'aide de l'Europe. Pourtant, ces projets n'apparaissent pas, aux yeux des experts, comme une solution durable à un problème plus global.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Claude Germain V 02/04/2012 15:14


Certains avaient prevu des bateaux de guerre en patrouilles permanentes devant tous nos pays occidentaux ,cela risque de devenir realité ........Si Dieu le veut

DEFINDETOUT 31/03/2012 22:11


Ces immigrations, d'afique du nord, d'afrique noire, de turquie, des pays de l'est et aussi des pays de la corne de l'afrique et du golfe persique vont nous mettre plus qu'à genoux. Elles vont
nous terrasser.

jpb 31/03/2012 14:17


de l'argent il n'y a plus,le coup de pied au cul ,ou des moyens plus persuasive .

LA REINE DE SABA5 31/03/2012 13:53


çà fait vraiment froid dans le dos... Grâce aux accords de SCHENGEN, nous sommes sûrs de voir de plus en plus la population de l'Est nous envahir. Et l'Est, c'est la Turquie, l'Iran, le Pakistan,
l'Indonésie, ouf...après nous avons l'Amérique et nous tombons sur nous...! Heureusement que la Terre est ronde, sinon nous aurions l'envahissement à l'infini de tout ce qui est à l'Est,
vu que nos euros-députés NON ELUS veulent que nous gardions nos frontières grand'ouvertes....


Je rappelle, au passage... que l'intégration dela TURQUIE est prévue par ces mêmes euros-députés pour 2017 au plus tard ! Nous leur avons envoyé suffisamment d'argent (contre
notre gré !! ) pour leur permettre "de se mettre à niveau"...


Merci pour vos infos Cher Gérard !