La Kabylie: Son peuple méconnu qui vaut le détour.

Publié le 12 Septembre 2010

Les Berbères: Un peuple méconnu. Ils sont les premiers habitants du Maghreb et ne sont pas considérés au niveau qu'ils méritent.

            En Algérie, les Kabyles ont été longtemps persécutés. Jamais conquis totalement y compris par les Turcs. Les Kabyles sont fiers même s'ils furent souvent les dindons de la farce et singulièrement ceux des conquérants arabes.

            Bien des français ignorent l'histoire des kabyles contemporains déjà des Romains. Quand l'Europe s'enfonçait dans le moyen-âge, les conquérants arabes finir par vaincre les berbères de Tunisie et poussèrent leur avantage sur l'ensemble du Maghreb y détruisant en partie la culture, les religions et les modes de vie pour y imposer l'islam et sa dictature de la pensée.

             Beaucoup aujourd'hui se convertissent et deviennent Chrétiens. Ils le font en courant tous les risques car l'apostasie, cette loi religieuse scélérate qui punit de mort toute personne qui découvre ou souhaite prendre une autre religion. On est loin de ces "courageux" religieux de France qui ne prennent aucun risque à bafouer nos lois républicaines.

            Je vous livre un article sur la Kabylie à lire avec curiosité pour découvrir un peuple digne d'intérêt qui réussira bien un jour à se libérer du joug arabo-algérien.

Gérard Brazon

 

  De Kacem Madani
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Je voudrais rajouter quelques éléments fondamentaux à cette obsession grotesque de vouloir imposer l’utilisation de l’alphabet arabe pour la langue amazigh : Seul un berbérophone d'origine, celui qui a été nourri à la mamelle de cette langue, vécu les premiers balbutiements de vie avec cet outil phonétique magique et unique au monde, sait que chercher à retranscrire la langue amazigh en caractères Arabes est une façon de "suicider" cette langue et toutes ses composantes.  

Du point de vue phonétique, le berbère est d'une richesse incommensurable, que ni un arabophone, ni un francophone, ni un anglophone ou tout-autre « languo-phone » ne saurai appréhender avec justesse. Exemple : Thevra thepourth guarguazen, vghan agh-ss-neguzzan ar-igenwan nssan, anda yezdhagh ouina tanyebouine arethragoua! Essayez donc de retranscrire cette simple phrase en caractères arabes. Vous vous apercevrez très vite de la distorsion ridicule, de forme et de fond, du texte. Ne serait ce que pour la raison de son extrême richesse phonétique, il est impératif de préserver ce trésor inestimable. Je ne connais pas très bien le Tifinagh pour me prononcer sur son aptitude exacte à prendre en charge l’éventail des sons berbères, mais je sais qu’à ce niveau l'arabe est très pauvre. Même si la langue est belle, elle ne peut rivaliser en termes de phonologie au berbère.            

Petite anecdote à ce propos

Un riche Saoudien se retrouve en voiture sur une place de Londres. Ne sachant où se garer, il s'adresse à un Policier: Le P « marbout » ou « mazbout » n’existant pas en arabe, la question «May I park here? » se transforme en « May I bark here ? (puis-je aboyer ici) Le policier répond poliment "Suit yourself Sir ! Faites comme il vous plaît Monsieur, aboyez donc! ». Une petite lettre qui joue bien des tours aux Saoudiens aux pays de Shakespeare et de Jefferson. Quand nous étions Collégiens à Alger et que l'on nous avait, en lieu et place du virus d’obédience, inoculé celui d’une soif de savoir universel, nous fréquentions de nombreux centres culturels, parmi lesquels le centre culturel Italien de la rue Charras, le centre culturel russe, pas très loin, du côté du marché Clausel, me semble-t-il, le centre culturel Bulgare, en face de la grande poste, etc. Chaque fois que nous nous inscrivions aux cours de langue, c'était toujours la même constatation et le même émerveillement à notre égard, de la part de nos Profs: Les berbérophones ont une aptitude unique à apprendre les langues, non pas parce qu’ils sont plus intelligents que les autres, mais tout simplement parce que le premier rempart de la prononciation est rompu avec aisance. Constatation confirmée par nos profs d’anglais aux USA (même si nous nous faisons agresser par nos compatriotes arabophones quand nous cochions la case « Berber » au lieu de la case « Arab » sur la fiche de renseignements individuelle pour indiquer notre langue maternelle. Que de remontrances du style : Ouach ? Djebtouna el probleme taakoum hata ellahna ya-elkbayal ? (Vous avez ramené votre problème jusqu’ici les Kabyles?)). N'empêche qu'au bout du compte, les notes de TOEFL obtenues par les berbérophones étaient de loin supérieures à celles de toutes les autres composantes ethniques, sud américains, africains, saoudiens, etc....A tel point que la directrice du centre de langues que nous fréquentions nous avait chargé à l’époque de transmettre un message à nos responsables demandant à ce que les étudiants Algériens soient tous envoyés en formation linguistique chez elle. Nous faisions augmenter le GPA (sorte de moyenne à l’américaine) global du centre d’un sacré facteur !

Chercher à retranscrire le berbère en caractères arabes fait partie d’un processus de destruction massif organisé. Le but de tout ce tapage est de trouver le plus court chemin pour l'appauvrir et le rendre conforme à l'inertie dont est victime la langue arabe, via le Coran. Arrêtons de chercher d'autres excuses ! Nous l'avons suffisamment mis en relief ici, le but est dicté par une volonté d'Aliénation à grande échelle. Comme si ce qui est fait à l’école ne suffisait pas, ils veulent s’attaquer à la sève maintenant. Quand j'étais Collégien au collège Sarrouy d’Alger, le Directeur, pour menacer les perturbateurs avait toujours à ses lèvres la même leçon de morale chaque fois qu'il débarquait à l’improviste pour mettre fin au chahut d'élèves rebelles: Vous savez mes enfants, quand dans un panier de poires, il y en une qui est pourrie, il faut se dépêcher de l'enlever, car sinon elle risquerait de pourrir toutes les autres. Les perturbateurs saisissaient très vite le message, croyez-moi ! Le hic maintenant chez nous, c’est que les dégâts se sont si fortement propagés que l’on ne sait plus si le nombre de poires pourries est supérieur ou inférieur à celui des poires saines. Entamer une opération de nettoyage adéquate devient de ce fait bien compliqué. Le Français est un butin de guerre disait Kateb Yacine. Le pouvoir a tout fait pour le noyer dans des abysses sans fond. Mais concernant le berbère, la donne est toute autre, Il ne s’agit plus d’un butin que l’on cherche à nous confisquer, mais de la sève qui coule dans nos veines que l’on veut empoisonner. Autant mourir tout de suite que de vous laisser maculer notre langue. « Zikh oua ihadrits i-wayedh, assa-dhelkaghedh, atsidafan inagoura » Dans ce simple vers de Aït menguellet, il y a 4 lettres impossible à retranscrire en alphabet arabe, et vous voulez faire une retranscription complète de la langue ? Vous êtes malades ma parole ! Allez, vous faire soigner avant de chercher à tout prix à contaminer les autres. Ça suffit ! C’est vraiment lamentable d'ainsi donner un avis sur une langue que l'on ne connait pas, sauf sous un angle qui fait de ses pratiquants des indigènes que l'Islam se doit d'éduquer !

Tout comme les langues de nombreuses autres minorités, le berbère est sous le joug d’un colonialisme aux allures d’ornements pacificateurs. Mais en tant que patrimoine universel, il est du devoir de l’Unesco de le soutenir et d’en protéger les peuples qui le pratiquent encore. Chercher à le retranscrire en lettres arabes, c’est vouloir précipiter son anéantissement pur et simple. 

KACEM MADANI

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Johanny 13/09/2010 14:56



Merci Gérard ..


 


Nous ne connaissons pas assez ces faits, on peut se demander à quoi servent les télévisions et autres médias autoproclamés culturels ?...  A part Arte .....



Gérard Brazon 13/09/2010 18:42



Un grand merci à Hassiba qui m'a fait découvrir la Kabylie du temps des turcs. Avant que la France commette l'erreur de coloniser ces terres, même si c'était à l'époque pour en finir avec les
barbaresques qui pillaient la grande bleue à l'époque.