La kurde Pinar Selek, condamnée à perpétuité on s'en fout.

Publié le 28 Janvier 2013

 

-

   José 

  Ancien grand reporter à France 3 Alsace, il passe son temps entre l’Alsace et la Grèce.

 

    Alors que les médias ont eu, ces jours-ci, les yeux de Rodrigue pour notre Chimène mexicaine, rares ont été les informations sur l’acharnement des autorités turques à poursuivre une jeune femme kurde, Pinar Selek, condamnée par contumace ce jeudi à Istanbul à la prison à perpétuité. La justice turque l’accuse de sympathies pour les auteurs de l’attentat du bazar égyptien d’Istanbul en 1998. En effet, selon certains experts, il ne s’agissait pas d’un attentat mais… d’un accident ! Cela n’empêche pas Ankara de continuer à s’acharner sur cette jeune femme, doctorante à Sciences-Po Strasbourg, où elle termine sa thèse sur les mouvements sociaux turcs. Cette persécution s’explique par le fait qu’elle a refusé de donner à la police turque les noms des militants kurdes qu’elle avait interviewés dans le cadre de ses travaux universitaires. Poursuivie par la justice depuis 14 ans, Pilar Selek a été jugée et acquittée par trois fois, avant d’être condamnée, cette fois, à la perpétuité.

Une délégation composée d’avocats, de chercheurs, d’écrivains, de militants français, allemands ou encore italiens s’est rendue en Turquie pour soutenir ses avocats et protester devant le tribunal. En vain… La mairie de Strasbourg a également dépêché une délégation d’élus, alors que l’Université de Strasbourg se mobilise, estimant que « ce sont aussi les principes fondamentaux de la liberté académique et de l’indépendance de la recherche qui sont bafoués ».

Cet acharnement judiciaire à l’égard de la jeune intellectuelle, même pas« maquée » avec un mafieux kurde, s’inscrit dans la discrimination haineuse que le pouvoir turc ne cesse d’entretenir à l’égard du peuple kurde. L’Organisation de jeunesse arménienne, qui sait de quoi elle parle, manifeste sa solidarité à la cause kurde : « Le nationalisme turc, érigé au rang de doctrine d’État, opprime culturellement, politiquement et militairement le peuple kurde et les minorités de Turquie.(…) Exprimons notre solidarité avec la cause kurde, partageons la douleur de ceux qui ont perdu leurs camarades, revendiquons justice ensemble. »

Encore un mot, pour en revenir à Florence Cassez, devenue l’icône de tous les Français prisonniers à l’étranger et qui clament en vain leur innocence. On leur souhaite d’avoir le même soutien de nos présidents et même du Vatican. Parmi ces prisonniers, je songe en particulier à Loïk Le Floch-Prigent qui, atteint d’un cancer, croupit dans une prison togolaise pour une sombre affaire d’escroquerie. Son épouse a attiré l’attention du président Hollande sur l’état de santé de son mari : « Qu’attend-on ? Que mon mari meure, faute de soins ? »

Pour l’ancien patron de gauche « à succès » d’Elf-Gabon, la présidence socialiste s’est mise aux (G)abonnés absents… « Quand on a passé l’eau, on oublie le passeur. » dit un proverbe wallon. Un oubli généralisé, amnésique, de tous les bénéficiaires — à gauche comme à droite — des largesses de la compagnie pétrolière que distribuait alors Le Floch-Prigent. Ils n’ont même pas levé le petit doigt…

José Meidinger, le 27 janvier 2013 // Boulevard Voltaire

Ça pourrait aussi vous intéresser :

  1. Comment peut-on être kurde ? ...
  2. Mais que fout Marine Le Pen ? ...
  3. Tibet : ils s’immolent, on s’en fout ! ...

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

Commenter cet article

mika 28/01/2013 19:54


Pinar Selek...2012


https://www.youtube.com/watch?v=Ci8yUZ21NIE


 

L'EN SAIGNANT 28/01/2013 19:41


Leur sélectivité est écoeurante et dire que ces bobos sont probablement pour l'entrée de la Turquie dans l'Europe .!