La laïcité au Moyen Orient. Une chance pour les pays musulmans!

Publié le 19 Juin 2010

La «laïcité positive» est-elle applicable au Moyen-Orient ?

Mgr Philippe Brizard: Directeur général de l’Œuvre d’Orient

« Depuis des années, les patriarches des Églises d’Orient réclament deux choses : une seule citoyenneté par État et la liberté religieuse.

Une citoyenneté unique pour tous dans chaque État permettrait aux chrétiens de sortir de leurs statuts qui les mettent hors du droit commun – statut datant de l’empire ottoman, celui de dhimmitude ayant été supprimé par le traité de Lausanne en 1923. Même en Israël, il existe une nationalité juive et une nationalité arabe…

D’autre part, la liberté religieuse est la condition sine qua non pour un minimum de démocratie. Ces pays du Proche et Moyen-Orient s’honoreraient d’appliquer ces deux principes. Et tant qu’ils continueront de les bafouer, ils seront en marge de la communauté internationale et de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

 

Comme les y invite Benoît XVI, les catholiques sont bien placés pour aider à l’application de ces deux principes. Ne serait-ce qu’à travers leurs établissements d’enseignement scolaire, fréquentés à 90% par des élèves musulmans et qui sont des lieux privilégiés de convivialité. Ces institutions devraient pouvoir négocier la liberté de l’enseignement et sortir de leurs statuts juridiques précaires de "permission" – c’est le cas en Syrie. De même, à travers leurs œuvres de santé ou d’action sociale, les catholiques servent le bien commun.

Par ailleurs, pour parvenir à cette laïcité positive, il faut que chacun, monde musulman d’un côté, monde chrétien de l’autre, sorte de ses peurs et de ses visions caricaturales de l’autre. En ce sens, le concept de laïcité qui est souvent entendu comme un refus de Dieu doit être davantage expliqué et éventuellement transformé en "neutralité religieuse de l’État". Dans l’islam, en effet, on utilise l’expression de "chiens" pour parler de ceux qui ne croient en rien…

Cette neutralité religieuse de l’État permettrait ainsi d’expliquer qu’il n’est plus tolérable qu’un chef de l’État soit en même temps chef religieux ou, qu’au nom de la religion, des femmes et des jeunes soient malmenés. Si l’islam ne comprend pas cette interaction avec la réalité internationale et s’il s’enfonce dans l’intégrisme, il mourra

Source :  La «laïcité positive» est-elle applicable au Moyen-Orient ?, par Claire: Lesegretain, La Croix, 7 juin 2010

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Johanny 19/06/2010 09:41



Bonjour Gérard,


 


Oh oui !...  La laïcité bien comprise n'est pas anti-religieuse, c'est le respect de chacun dans ses opinions, ses croyances, ses libertés garanties de penser et c'est tout à l'honneur de la
France d'être arrivéà en codifier les grands principes.


 


Je ne peux m'empêcher de penser à celui qui, il y a une vingtaine de siècles, a déclaré que la foi devrait s'exprimer en esprit et en vérité dans une relation de coeur à coeur avec le divin, ceci
sans chercher à se donner en spectacle devant les autres, il a même ajouté : "rendez à César ce qui appartient à César, et rendez à Dieu ce qui est à Dieu"...


 


Le jour où tous les hommes comprendront ça il fera bon vivre sur la terre !...