La liberté d'expression en danger par Gérard Brazon

Publié le 3 Août 2011

La liberté d’expression est une de ces libertés qui va s’en dire. Une liberté tellement normale, tellement intégrée dans l’esprit de tous et de chacun, qu’elle fait partie de la respiration d’un peuple. Cette liberté est tellement banale dans l’opinion de tous que nul ne s’aperçoit qu’elle est en passe de normalisation. De mise aux normes sans que l’on sache de quelles normes il s’agit. De plus en plus, à gauche et dans les médias, on se demande si l’on peut tout dire voire si on a le droit de tout dire. Les yeux se lèvent au ciel pour certains, d’autres baissent la tête,  et trop peu se récrient en se demandant de quoi l’on parle justement.

Ceux qui lèvent les yeux disent que la liberté totale est nocive, qu’il faut la réglementer, la tenir fortement si ce n’est la dompter, afin d’en faire une liberté civilisée, policée, propre sur elle. Une liberté qui dit bonjour monsieur, bonjour madame, qui mouche son nez et qui ne soit pas tentée de vous sauter à la gorge. Ces tenants se méfient de la liberté. Ils la veulent contrôlable et surtout sans surprise. Bref, une liberté identifiable et maîtrisée. Nous retrouvons parmi ces adeptes de la liberté maîtrisée des "Joffrin" et autres bonimenteurs de la gauche bien pensante et de la droite au caramel mou, qui se trouvent dans ces associations dites injustement « droits-de-l’hommistes ».

Ceux qui baissent la tête sont les honteux, les conscients. Ceux qui autrefois militaient pour les libertés, celle de la cigarette à l’école, de regarder les petites culottes des filles aux lycées, puis de manifester dans la rue au nom d’un tas de choses qui ne présentaient pas vraiment de risques, car il ne faut tout de même pas exagérer. La manifestation oui, mais pas sans le goûter, le petit quatre heures habituel. Pour autant, ceux là sont conscients qu’il y a une volonté de nier  la liberté d’expression, son libre exercice par les citoyens. Toutefois, ils se rangent volontiers, comme autrefois « les pacifistes », du côté des chiens de garde de la bien pensance parce qu’en fait ils ont peur. Peur de ce qu’ils pourraient subir, les conséquences, les retours de manivelles ou de bâtons. Et puis, il y a l’habitude. Platon disait : Par appétit de pouvoir, de gloire ou de richesse, ces gens voient plus d’avantages à sacrifier leur Liberté qu’à la défendre. Une fois l’habitude établie, l’état de servitude ne se perçoit même plus.  Alors ils baissent les yeux lorsqu’ils entendent les cris de la liberté que l’on tente de faire taire en y mettant soit des colliers, soit des menottes, pour son bien, uniquement pour son bien. Ils baissent les yeux en se disant que tout cela passera car tout passe n’est-ce pas ? Ils baissent les yeux car pourquoi se gâcher l’esprit avec des idéaux auxquels plus personne ne croit plus ?Ils baissent les yeux car le claquement des mâchoires des bestiaux de la bien pensance résonne dans leur esprit comme autant de claquements de bottes et ils ne souhaitent vraiment pas se retrouver dans un quelconque collimateur qui dérangerait leur bien être matériel et, in fine, leur confort. Mourir pour des idées d’accord mais de mort lente chantait Brassens.

Et puis il y a ceux qui se récrient, qui hurlent, qui protestent, la minorité qui fait savoir à tous que la Liberté d’expression  c’est essentiel. Ils manifestent  leur colère et le disent le plus souvent haut et fort, feignant d’ignorer les chiens de garde. Ils sont un peu comme ces manifestants du siècle dernier qui se retrouvaient devant la garde républicaine dont le premier rang avait déjà un genou à terre, prêt à tirer.  Il y a ceux qui sont en tête de la manifestation qui savent qu’ils prendront la première salve et ceux derrière, qui savent qu’ils vont se retrouver éclaboussée du sang de leur compagnons de souffrance.

Le pouvoir connait ceux qui sont à la tête de la manifestation. Ils peuvent bien mourir tout de suite, ce n’est pas grave, il les connaît et saura les retrouver. C’est moins évident pour le reste des manifestants. C’est pourquoi au fond, il fait semer la terreur tout de suite. Tirer la salve meurtrière, suivit d’une autre immédiatement après. La panique venant, il sera facile aux chiens de recueillir les survivants. Les époques changent, la technique est la même ! Ceux qui émettent des opinions contraires à la bien pensance ne risquent plus d’être fusillés mais tout simplement d’être asphyxiés.

Les nouveaux tyrans de la bien pensance ont compris que la mort physique était contreproductive. Qu’elle ne servait en rien leur cause: leur prison mentale, leur monde nouveau ou l’homme libre est un homme cadré, formaté et nourri au biberon  de la téléréalité et de l’information lessivée.

Ainsi, nous revoyons de nouveau, de nos jours, réapparaître une France soi disant moderne aux trois tendances qui firent notre République.

- Les dictateurs de la pensée aseptisée, persuadés de détenir la vérité et que celle-ci ne peut être, en aucun cas, diffusée auprès de français dit "citoyens" uniquement pour la bonne formule. Le peuple est immature par définition et ne peut comprendre les grands objectifs  de ses dirigeants.

- Les suiveurs, qui suivent sans trop se poser de questions, qui sont persuadés qu’ils sont trop bêtes, ou que c’est trop compliqué et surtout que toutes ces choses ennuient au plus haut point. Ils trouvent plus commode de suivre le troupeau  et de ne pas donner leur avis sur des sujets qui, par définition, sont « trop compliqués ». Car c’est fou ce que c’est compliqué la politique et les prises de décisions. Tous les hommes et femmes politiques vous le disent quand, par hasard, un journaliste s’oublie et pose une question gênante. La réponse : « c’est compliqué »!  En général le journaliste comprend qu’il est allé trop loin et le suiveur se dit que c’est vraiment trop compliqué pour lui. C’est ainsi qu’il félicita autrefois Daladier d’avoir pu régler un problème compliqué à Munich.

- Les râleurs, les emmerdeurs, les hurleurs, les protestataires n’ont le plus souvent d’autre solution que  de râler, protester et dire sur leurs différents sites et blogs  qu’ils ne sont pas dupes. Ils ont cette fâcheuse habitude aux yeux des bien pensants de toujours vouloir alerter les suiveurs. Car ce qu’ils craignent par dessus tout, c’est l’abolition des barrières de la pensée unique.  Autrefois, c’était plus facile, on disait feu et le problème était réglé pour dix ans. Aujourd’hui, ces emmerdeurs bénéficient d’une arme encore impossible à contrôler : l’Internet. Ce n’est pas qu’ils ne finiront pas par contrôler un jour cette arme nouvelle pointée contre eux mais pour le moment, elle contrarie les plans et la mise en place de la société idéale, multiculturaliste et métissée. C’est intolérable pour eux.

D’autant que de plus en plus de suiveurs, se mettent à râler, à devenir des emmerdeurs à leur tour, à poser des questions. Les troupes des empêcheurs se mobilisent et provoquent des réactions difficilement contrôlables. Insupportable, vous dis-je. Alors, la manière judiciaire sera la manière forte. Des sites, des blogs seront recensés et mis sous la surveillance attentive des maîtres de la bien pensance. On censure et on attaque en justice. Des messages médiatiques sont déjà lancés car l’on sait que bien des suiveurs vont retrouver rapidement le chemin de la raison formatée.

Nous sommes au début d’un combat qui ne devrait pas faire de quartiers. Les juges seront les officiers qui donneront ou non l’ordre de tirer sur la manifestation des emmerdeurs. J’espère qu’ils donneront l’ordre de baisser les fusils. Au nom de la France éternelle, au nom de la Liberté d’expression qui est l’acquis essentiel de notre civilisation.

Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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island girl 06/08/2011 01:03



Tout à fait d'accord avec Isabelle....j'ajoute que internet est un moyen de pression très fort at qu'il suffira d'une étincelle pour mettre le feu aux poudres le moment venu...Là... reside la
crainte majeure de la clique politicienne !



isabelle 04/08/2011 01:17



Curieux, quand même, que ceux qui ont tant encensé le rôle d'internet dans les révolutions arabes trouvent que chez eux internet est nuisible.


Pourquoi la mobilisation du peuple via internet est-elle bonne ailleurs et mauvaise ici ?



Francis CLAUDE 03/08/2011 16:08



votre article sur la liberté d'expréssion est pour le moins interpellant , je ne pensait pas que nous pouvions, nous Français apres les siécles de splendeurs que nous avons montrer au monde
entier en arrivé a re devenir des animaux manipulés par des montreurs d'ours qui nous ménent par la baguette au doigt et a l'oeil!!!mais ou est le bout du tunel, car tous les procés faits a ce
jour pour museler les enmerdeurs,il ne semble pas que ces procés aient été plus haut dans la hierarchie avoir dépassé le profil du français moyen si l'on exepte celui fait a Zemmour.pour
prendre un eemple au hazard, le procé qui vat etre intanté a Francis Néri par une pretendante a la Présidence de la république, ce procé bizarement n'est pas multiplié a tous les  hauts
personnages qui ont peu ou plus dénoncé les memes travers ou disfonctionements que ceux de notre ami Francis Néri qui lui hélas n'a que peu de chance de pouvoir faire bouger les masses pour
l'assisté!ce n'est pas aux petites gens qu'il faut s'en prendre lorsque l'on a des intentions a représenté notre pays mais a ces pairs, mais la peut etre qu'il y a un certain manque de courage
sachant que les retours de batons vont fuser de tous cotés, enfin Jean de la FOntaine etait un visionaire en fai de justice...mais il doit bien y avoir en france quelques Juges honétes qui en
accord avec les lois de la républque pourraien relaxé notre ami F.Néri...dans tous les cas je ne pense pas que cette "publicité" portera chance a sa genitrice ses amis socialistes s'en frottent
déja les mains ce disant et peut etre de deux...vous m'avez compris!!!