La liberté d’expression n’est pas à sens unique Par Frédéric Pichon

Publié le 24 Décembre 2014

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 Par Frédéric Pichon Avocat Pour Bd Voltaire

« Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes », proclamait, en son temps, Bossuet

Alors qu’Éric Zemmour fait l’objet d’une chasse aux sorcières orchestrée par la Propagandastaffel des habituelles ligues de vertu qui prétendent définir les limites admissibles de la liberté d’expression, la cour d’appel de Besançon vient de relaxer Christine Tasin.

Cette petite victoire ne doit, certes, pas occulter les tentatives liberticides de la bien-pensance, mais elle démontre, malgré tout, que le bon sens et l’esprit du droit n’ont pas totalement disparu des cours et des tribunaux. Certes, le deux poids deux mesures est une réalité ; et l’intolérable impunité dont bénéficient les Femen l’illustre parfaitement.

Dans cette affaire, Christine Tasin s’était rendue à Belfort pour y réaliser un reportage sur l’abattage rituel. Suite à un vif échange filmé avec personnes de confession musulmane, elle fut poursuivie ultérieurement pour avoir vertement critiqué l’islam. Or, la jurisprudence est constante : si l’on peut critiquer une religion, on ne peut critiquer les croyants à raison de leur religion. Sauf que la pratique a démontré que les attaques contre les chrétiens en général ne sont que très rarement poursuivies. En relaxant Mme Tasin, la cour d’appel de Besançon n’a fait qu’appliquer le droit et respecter l’équité.

Il reste qu’au-delà de cette affaire, c’est bien la pertinence des lois dites antiracistes qui est en jeu. Car il y a quelque chose de cocasse, voire carrément indécent, à voir la droite libérale monter au créneau pour défendre Éric Zemmour, dans un but de récupération évidente. Car ces lois liberticides, qui permettent au juge de sonder les reins et les cœurs du prévenu et qui rétablissent, de facto , le procès d’intention, ont quasiment toutes été votées sous des gouvernements dits de droite comme la loi Pleven de 1972 ou encore la loi Lellouche de 2004 instituant la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) et créant le prétendu délit d’homophobie. Cette dernière loi a été, rappelons-le, votée par une majorité UMP.

Ce sont ces mêmes gouvernements de droite qui, pendant des années, ont financé les associations dites antiracistes dans le cadre d’accords passés avec les ministères et ont donné des instructions aux procureurs pour pourfendre les esprits libres. En la matière, nous ne sommes pas passés de la lumière aux ténèbres, et de l’âge d’or sarkozyste à la dictature socialiste de Hollande.

Enfin, s’il est légitime et impératif de défendre Éric Zemmour, peu sont montés au créneau pour s’opposer à l’interdiction préalable des spectacles de l’humoriste Dieudonné. Au contraire, c’est en accord avec Jean-François Copé que Valls le Matamore a pu engager une parodie de procès devant le Conseil d’État pour faire interdire le spectacle de l’humoriste en revenant sur la jurisprudence séculaire et libérale de l’arrêt Benjamin (datant de 1933 et relatif à la liberté de réunion, NDLR).

S’il faut se féliciter des nombreux soutiens apportés à Éric Zemmour, ne soyons pas dupes des tentatives de récupération de la droite affairiste et invitons tous les défenseurs de la liberté d’expression à aller jusqu’au bout de leur logique.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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