La Liberté, le choix, être libre, pour faire quoi? Proposé par Loly.

Publié le 30 Juin 2011


Proposé par Loly.
Très beau texte de Projet Apache
(à méditer - très approprié pour la circonstance)

Assis, sur un banc public, à contempler le bal des voitures. Le rythme est cadencé, la tonalité bien ajustée, tout semblerait presque parfait. Feu rouge. Tout le monde s’arrête. Crissement de pneu. Et de nouveau, le calme.

Pour quelques ampoules colorées, on avance ou on s’arrête. Impressionnante démonstration d’obéissance. Mais si j’avais envi, moi, de ne pas respecter ce schéma ? C’est tout un ordre établi qui s’effondrerait. En tout cas, c’est ce que je pense. Pourtant, je sais qu’il faudrait avancer, mais la machine me dit d’arrêter. Où est ma liberté ?

Liberté. Un mot bien lourd de sens, parfois idéologique, souvent démagogique, toujours idéal.

Je m’appelle Toutlemonde. Jérome Toutlemonde. Et je suis assis sur ce banc depuis une heure. Sans but précis. Je pense. Je pense à la femme que je n’ai pas épousé. J’aurais du, à coup sur. Mais le sexe ?! Rester toute ma vie à embrasser la même bouche, jamais je ne le pourrai. Et pourtant, depuis, je n’ai jamais retrouvé une personne aussi formidable que cette femme. Oh, des filles, il y en a eu : des blondes, des intellos, des maniaques, des étrangères. Mais rien de comparable.

Je pense à ces études qui ont fait de moi un brillant diplômé qui vaut aujourd’hui 5000 euros sur le marché de l’emploi. Un diplôme qui m’offre une protection sociale formidable et des journées qui se terminent après le journal télévisé. Un diplôme qui m’offre des congés payés que j’utilise en travaillant. Un diplôme qui me permet de lire deux heures par jour dans les transports. Un diplôme qui me rend heureux, en quelque sorte.

Je pense à cette énième clope que je vais griller. Une bonne vieille cigarette ! Une clope au bec, une cartouche à la maison et un cancer en gestation. Mais j’suis comme ca, j’ai jamais pu m’arrêter. Trop difficile. Pas vraiment envie. Mais je sais que je peux arrêter quand je veux. J’ai le choix.

Le choix. Voilà ma liberté. Le choix de passer au rouge ou de m’arrêter. Le choix dans les rayons de mon supermarché. Le choix de me caser avec qui je veux, quand je veux, jusqu’où je veux. Le choix de ne pas avoir un enfant trisomique. Le choix de mes opinions politiques. Le choix de mon identité- j’ai trois nationalités. Le choix de disposer de mon corps. Le choix du lieu de vacances. Le choix de mon hypermarché.Voilà ma liberté.

Est-ce cela, la liberté ?

Au fond de moi, je ricane. De qui, je ne sais pas. De moi, vous dites ?

Il y a cette femme qui a choisi de consacrer sa vie à son Dieu.
Il y a ce berger qui a préféré l’immensité de son pâturage plus qu’une carrière en ville.
Il y a ce père de famille qui refuse une promotion pour continuer à voir grandir ses gamins.
Il y a ce militant politique qui n’a pas fait le choix de la conformité et qui se retrouve injustement emprisonné.
Il y a cette vieille femme qui se force à tous les jours se laver. Question de dignité.
Il y a ce drogué qui a décidé de tout arrêter.
Il y a ce jeune qui s’engage à retrouver son identité.
Il y a ce routier qui refuse « le dernier pour la route » parce qu’il sait qu’au prochain virage, il pourrait y avoir cette fillette.

Et si c’était cela la liberté ? Ne pas avoir le choix. Mais faire le choix.

Que ton oui soit oui et que ton non soit non. Et ainsi, même enfermé, même contrôlé, même oublié, tu seras libre. D’une liberté sans limite.D’aucune limite à ta liberté.

Pierre-On soit non. Et ainsi, même enfermé, même contrôlé, même oublié, tu seras libre. D’une liberté sans limite.D’aucune limite à ta liberté.

Pierre-O

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

Commenter cet article

francis CLAUDE 30/06/2011 17:12



hélas claude germain votre message est un écran noir!!!!!?



Gérard Brazon 30/06/2011 17:41



Je viens de le retirer. C'était une image qui n'avait pas d'adresse.



francis CLAUDE 30/06/2011 11:07



conclusion : vous n'aurez pas ma liberté de pensée!!!!